Taking on for the team !
Avant dernier album de Simple Plan a aujourd'hui, sorti 3 ans aprés le précédent, ce disque n'apporte une fois de plus rien de nouveau. Contrairement à beaucoup de groupe, Simple Plan semble avoir du...
le 5 nov. 2023
Voilà déjà quelques années que Simple Plan se cherche, inlassablement. À l’origine groupe de punk-pop (comme les années 2000 ont su nous en donner pléthore), les jeunes montréalais n’ont eu de cesse de faire évoluer leur son. Parfois pour le pire… Sur une pente descendante assez dangereuse depuis leur précédent album qui était une purge musicale assez étonnante (surtout après un album éponyme au son lisse mais qui montrait un certain potentiel ambitieux pour la suite), les canadiens n’ont réussi qu’à moitié à redresser la barre.
Avec Taking One For The Team, le groupe oscille en effet entre le bon punk-pop, certes générique (du vu et revu), et des errances musicales qui font saigner les tympans. Simple Plan nous gratifie donc d’anthems bien rocks, comme le prouvent Nostalgic, I Refuse, P.S. I Hate You, ou encore Boom. Le temps d’un morceau, on nous offre même du ska-rock assez amusant (Everything Sucks). Sans être innovant, on se dit que Simple Plan a retrouvé le chemin de la raison, en faisant ce qu’ils savent faire de mieux, sans plus.
Et puis on jette une oreille distraite au reste de l’album. Kiss Me Like Nobody’s Watching écorche mon oreille gauche, Singing In The Rain s’occupe de la droite. Le coup de grâce m’est porté par I Don’t Wanna Go To Bed. Entre ces horreurs sonores se faufilent des titres passables qui font le job de remplissage, comme ces éternelles ballades typico-simpleplaniennes, à l’image de Perfectly Perfect et de Problem Child. I Dream About You est une sortie de piste assez contrôlée, dommage que les expérimentations du reste du CD ne suivent pas cette voie.
Reste que Simple Plan possède des paroles intéressantes. Sans métaphores, le groupe manie les formules chocs avec aisance, dans leurs thèmes de prédilections : amour, rejet, le fait de se sentir mal dans sa peau et de chercher sa place au milieu des autres etc. Opinion Overload est vraiment intéressante, car je la trouve excellente alors même qu’elle me fait un gros doigt d’honneur : Simple Plan a lu les critiques assassines qui leur sont adressées depuis quelques années, et ils répondent de la plus belle des manières en nous assénant quelque de chose de paradoxal : regardez, on sait faire ça, on sait que c’est ce que vous aimez, mais on s’en fout de ce que vous dites et on continuera à faire autre chose parce que c’est ce qu’on veut. C’est beau, c’est courageux, mais quand on court après le succès passé, attention à ne pas être trop détaché de son public original, sous peine de retomber rapidement dans l’anonymat (et croyez-moi, je ne leur souhaite pas ça).
Si l’on pouvait tenter un parallèle avec Batman, TOFTM est donc similaire à Double-Face, sans cesse sur la brèche : à peine il nous découvre un visage plaisant qu’il nous surprend par sa laideur. Sans être un succédané de l’album précédent, ce dernier opus manque de réelle créativité. Il est louable de chercher à sortir des sentiers battus et d’explorer de nouveaux horizons, encore faut-il avoir le talent et l’audace pour suivre derrière.
Simple Plan a un capital sympathie énorme qui fonctionne sur moi car j’ai grandi avec Welcome To My Life, et je me reconnais dans beaucoup de leurs paroles (je suis la preuve vivant que l’effet Barnum marche), ça me fait donc un peu de peine de voir ces errances, mais bon, je salue leur effort pour essayer de revenir à leurs premières inspirations bien rock, même si la tendance musicale d'aujourd’hui a bien changé.
Créée
le 25 févr. 2016
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