Mark Guiliana fait partie des musiciens auxquels je suis très attentif, plus d’une fois il m’a subjugué et j’ai aimé suivre son parcours, qui file au gré du temps, vers différentes sortes de musique. Sa dernière sortie musicale avant cet opus, « Beat Music! Beat Music! Beat Music! », très moderne, dans le coup et dans le sens du vent qui passe, était une belle réalisation, c’est normal, Mark est un surdoué de l’instrument et tout ce qu’il touche est magnifié, y’a des gars comme ça !
Mais ici, il y a un truc en plus, et sans doute même davantage, l’album vous touche profond, porté par une grâce un peu spéciale. Ça tient à plusieurs choses, d’abord les musiciens, mais on y reviendra. On pourrait parler du sens mélodique car il y a de ça, mais un peu plus encore, un sentiment de dépassement dans le travail bien fait, il se dégage une certaine idée du beau, de l’idée poussée au bout, qui vous emmène, encore et encore, et quand ça semble fini, et bien non ! Il faudra attendre encore, jusqu’au bout de l’effet, d’un certain dépassement…
Mark est bien entendu à la batterie, c’est l’un des tout meilleurs au monde, il joue également sur certaines pièces des synthés, des percus et il utilise le « drum programming ». Un vieux complice de retour, Shai Maestro au piano, au mellotron, au Fender Rhodes et à « l’Ampli Céleste ». Chris Morrissey est à la basse et Jason Rigby au sax ténor, à la basse clarinette, à la clarinette et à la flûte.
Il n’y a que des pointures, ici l’excellence est le minimum, partout où on se tourne il n’y a que merveilles. C’est comme ça, il faut juste s’y habituer, Shai est sans doute celui qui prend le plus de place parmi les musiciens invités, il n’hésite pas à prendre de l’espace, il faut dire qu’il a du talent à revendre, sur la dernière pièce « Continuation » il signe définitivement la pièce de son empreinte, et ce, malgré la brièveté de son solo.
Ce qui arrive ici est bien au-delà des mots, c’est à chacun d’écouter et de vivre l’expérience avec sa subjectivité et ses critères propres, pour ma part j’étais déjà préparé et ce fut facile de plonger dans cet univers avant de m’y pâmer, par ailleurs l’album est facile d’accès et ne demande qu’à livrer ses beautés…