Horreur et angoisse au rendez-vous, gore et dégueulasse au garde-à-vous.
Dans ce huis clos insulaire, on est vite transporté dans une ambiance qui mêle exorcisme et ésotérisme, au cœur d’une course-poursuite haletante contre des forces démoniaques. Une fuite en avant menée avec brio et portée par une mise en scène solide, aussi bien du côté du scénario que du dessin.
Le dessin, justement, est signé Jakub Rebelka, dessinateur polonais au style immédiatement reconnaissable et qu’on avait déjà découvert sur Le dernier jour de H.P Lovecraft. À l’écriture, nous avons Gus Moreno, qui s’était fait remarquer l’année dernière avec son premier roman Après toi, les ténèbres, publié à l’Atalante et déjà orienté horreur.
Notre présent comics, Et lorsque ma vengeance s'abattra sur vous, est publié chez 404 Graphic. Ce n’est pas une création originale, mais le titre a été signé très rapidement, en amont même de sa sortie américaine. Cela s’explique par les liens entre Nicolas Beaujouan, directeur de collection chez 404, et Jakub Rebelka. On rappelle que Les Derniers Jours de H. P. Lovecraft était déjà sorti chez 404 (leur première et seule créa originale à ce jour) et que Rebelka est assurément l’une de leurs figures de proue.
D’ailleurs on peut dire qu’il s’est fait plaisir sur ce comics, en partant vraiment dans l’horreur et le gore, pas à un niveau extrême, mais déjà suffisamment pour marquer. Son trait est immédiatement reconnaissable et J’imagine que tout le monde ne sera pas fan, mais pour moi, c’est carton plein. Il y a des super planches, et le dessin contribue pleinement à l’atmosphère angoissante du comics.
C’est marrant, parce que je n’avais jamais lu un comics deux fois de suite, et bien c’est chose faite ! La première lecture s’est faite en plusieurs fois, pas toujours dans les conditions appropriées pour en profiter, et j’avais un avis du style “bien mais pas plus”.
Puis la seconde lecture m’a vraiment pris : je me suis immergé dans l’ambiance, et c’était une expérience complètement différente. Le fait que le livre soit assez court (168 pages) y participe aussi. Tout s’enchaîne très vite, que ce soit dans l’action ou dans le temps, ce qui donne un effet de précipitation. Je ne dis pas que le récit est précipité, mais il y a cette sensation d’une course vers quelque chose d’inéluctable. Et ça renforce habilement le côté haletant du récit. C’est quelque chose que j’ai vraiment ressenti à la seconde lecture, et je suis bien content de l’avoir fait pour profiter pleinement de ce trip démoniaque.
Réussite donc pour la première sortie de l'année chez 404 et bien content que le festival d’Angoulême soit annulé, pour toutes les raisons qui font qu’il est annulé, mais aussi parce que ça donne l’occasion à Rebelka de venir en terre Strasbourgeoise à la place !