Il est difficile de passer après Alan Rickman. Surtout quand on s'appelle William Sadler et qu'on finit par faire du Tai Chi tout nu devant la télé. Plus largement, il est difficile de passer après le carton du premier Die Hard.
Maîtrisé de bout en bout, le film de McTiernan était une révolution dans le cinéma d'action. Mais quand les sirènes de l'argent facile sonnent, il faut répondre présent. Et ils répondent tous! Bruce Willis, Bonnie Bedelia, William Atherton et même Regi! Le fameux flic de Los Angeles tueur de gosses! Seulement, il manque une chose : le talent. Celui du réalisateur pour être plus précis. John McTiernan ne répond pas présent et laisse les rênes de ce second film a un pur inconnu : Renny Harlin. Si aujourd'hui encore ce nom ne parle à personne, ce n'est pas un hasard. Yes-Man complètement oubliable, ce dernier va nous pondre une pâle copie du premier Die Hard, sans humour, sans réflexion et finalement sans saveur.
Le speech est simple, John MacClane qui coule enfin des jours heureux avec sa femme doit retrouver cette dernière à l'aéroport. Alors que celle-ci se trouve dans un des avions prêts à atterrir, l'aéroport est envahi par une milice armée qui va plonger les pistes dans le noir pour intercepter l'avion qui ramène sur le sol américain un prisonnier politique. Devenu le grand héros de l'Amérique, et ayant aussi développé des pouvoirs de perception surhumains, John va découvrir avant tout le monde ce qui se trame et s'attaquer aux preneurs d'otage.
Les raisons pour lesquelles ce film rate totalement son objectif sont multiples. Tout d'abord, le traitement du personnage de John MacClane va poser problème. Le flic entraîné malgré lui dans une prise d'otage et qui frôle la mort à chaque instant devient ici une sorte de surhomme omnipotent et immortel s'imposant dans une situation sans qu'on le lui ai demandé. Plus important encore, son sens de la répartie et de l'ironie passe totalement à la trappe. Chaque tentative de punchline ne donnera lieu qu'à des moments gênants.
La réalisation est en pilotage automatique. Harlin déroule scène après scène un film aux enjeux assez basiques, sans prises de risque ni précision particulière. Exit le réalisation millimétrée de McTiernan. Les antagonistes sont très peu travaillés et n'ont finalement aucune profondeur. Les scènes d'action ne sont pas particulièrement impressionnantes hormis peut-être les 20 dernières minutes.
Ce film ne convainc pas, si l'on passe une bonne soirée c'est davantage car on finit par se moquer de ses scènes les plus gênantes ou de ses dialogues les plus creux. N'en attendez rien ou vous serez déçus!