Real Steel par Pierrick Boully
Real Steel, comme la plupart des films, n’est pas original mais inspiré par une nouvelle de Richard Matheson, L’Indéracinable, (l’écrivain de Je suis une légende ou encore L’Homme qui Rétrécit) qui avait déjà était adaptée dans l’épisode 2 de la saison 5 de la Quatrième Dimension (Sam Kelly).
Il narre l’histoire d’un ancien boxeur mis à la retraite à cause d’une loi interdisant aux humains de faire de la boxe : désormais ce sont des robots qui se battent, télécommandés par des humains. L’action est dans un futur proche, donc réaliste ce qui est plutôt un bon point, les robots sont bien travaillés et rappellent des jouets, des jouets pour adultes. On sent un gros travail sur les effets pour les robots afin de les faire ressembler à des jouets humains, assez pour qu’un homme soit prêt à miser son compte bancaire, le sang remplacé par des étincelles lors des combats doit être la meilleure idée du film. Le peu de personnages permet normalement de mieux les développer, mais ici on se contente du minimum, le gros point vraiment développé est la relation père/fils (et encore). La bande originale du film douce et intimiste cherche à renforcer l’amitié ce sentiment, nous rappelant parfois les road-movie. Mais attention ! Quand la musique devient fantastique, elle annonce une scène d’envergure ! La trouvaille d’Atome en est gâchée car on sait déjà que c’est à ce moment qu’il va être trouvé…
Comme à peu près les ¾ des films de notre époque tout ou presque est prévisible : (ATTENTION SPOILER, si s’en est encore…) un homme au bout du rouleau, qui n’a pas le moindre sentiment pour quiconque, rencontre son fils et là tout lui réussi, le fils s’en va et donc le père devient triste car maintenant il éprouve des sentiments humains, il va rechercher son fils et là il y a le combat final contre le plus grand robot boxeur ! Prenez cette équation, changez les facteurs et la vous aurez la recette la plus commune des histoires de films. Sérieusement, le baiser entre Hugh Jackman et Evangeline Lilly se sentait déjà rien que dans la bande annonce !
Hugh Jackman lui reste dans son rôle de Wolverine mais joue et colle bien au personnage du film, Evangeline Lilly elle donne quelques mauvaises performances, certainement trop habitué à série tv de Lost, les séries ayant des lapses de temps trop courts ne permettent pas aux acteurs de bien travailler leurs rôles (Suis-je en train de donner une excuse à Plus Belle la Vie ?!) et donc tomber dans les stéréotypes. Par exemple elle va trop exagérer quand elle voit Atome gagner pour la première fois à la télévision.
Pareil pour la scène où l’on voit Tak Mashido se faire sauter dessus par les journalistes : tous jouent très mal (pour Tak Mashido et son acolyte pas que dans cette scène), mais ce n’est pas que la faute des acteurs car la mise en scène y est pourrie est beaucoup trop mécanique : huée de journalistes, silence pendant que l’acteur parle, huée de journalistes, silence pendant que l’acteur parlent etc. jusqu’à ce que l’acteur parte sous une huée de journaliste (tout comme la recette la plus commune pour faire un film cette scène est très largement reprise dans les films, et n’est pas du tout réaliste). La plus grande surprise c’est l’enfant, Dakota Goyo, qui s’en tire admirablement bien face à ces grandes personnes.
Il y a quelques beaux mouvements de caméra mais on se rappellera surtout le surplus de coupes avec raccords mouvements, voir même des raccords mouvements avec deux plans inversés : le père sert son fils sur un plan de dos, plan sur la tête du père, plan sur la tête du fils, ça aurait pu passer s’il n’y en avait pas eu toutes les 10 minutes... Il n’y a donc pas assez de variété de plans, et toutes ces coupes entrainent des faux raccords comme quand le gosse prend les clés du camion et nargue son père. Un autre exemple avec plan coupe sur le regard interloqué de Tak Mashido après le premier coup d’Atome sur Zeus totalement inutile, pas autant que dans Star Wars 3 avec la multitude de plans sur la tête de Yoda et de l’Empereur durant leur combat mais quand même !
En parlant de combat ceux de Real Steel sont ratés : trop rapides, voir même ridicules (je parle du combat avec Metro qui finit par… se battre lui-même). Les robots manquent cruellement de vie (ce qui est assez logique quand on y réfléchi), je pensais que ça changerai avec l’arrivée d’Atome qui a l’air un peu plus « humain »…mais non. On y voit un contraste avec le combat entre humains où Hugh Jackman rend des comptes, qui est plus vivant (mais toujours aussi rapide). Le combat final est un peu plus développé, mais raccourcis avec des ellipses. Les lumières et les décors rattrapent de justesse le film, mais ne sortent pas le film d’un film déjà vu.
En résumé Real Steel est un film commercial, populaire, qui aurait pu être bien mais ne l’est pas car il n’a aucune intention particulière, si ce n’est rapporter de l’argent.
Pierrick Boully