S'il est toujours un plaisir de voir un bon film, il est encore plus grisant de voir un grand film qui bouscule ses convictions les plus profondes.
BLACK DOG fait partie de ses films à même de renverser les conceptions cinématographiques que les gens se sont forgé. En l'occurrence, j'ai pu avec ce film découvrir à quel point George Miller était un plagieur bien plus grossier que les Darren Aronofsky ou Christopher Nolan ne l'ont été envers Satoshi Kon - pour vous situer le niveau.
L'histoire nous plonge dans une course-poursuite sans relâche dans laquelle des personnes qui ne se connaissent pas vont devoir apprendre à se faire confiance mutuellement afin d'affronter les dangers. Si cela vous parait bien trop maigre comme pitch pour crier au plagiat, sachez que le héros est un-e bête sans espoir enfermé dans son instinct de survie et le méchant est une figure paternaliste récitant des psaumes apocalyptique, dont l'un de ses sbires se rallie à la cause des justes après avoir été transformé à leur contact (au prix de sa vie).
A ceci près que George Miller, bien loin du talent de hillbilly de Kevin Hooks dont la direction artistique country (musicalement, dans les fringues et les paysages) tutoie le bon goût avec une familiarité limite impolie, se trouve obliger d'insérer un personnage féminin fort pour protéger une cargaison trop lourde de sens et de symbole (alors que les cuvettes de toilettes de l'original brillaient par leur simplicité diégétique) et de développer une métaphore filée pendant 2 h sur la condition humaine bien facile (oubliant par la même l'évidence du message de BLACK DOG : Swayze c'est quand même un chic type, même quand il a fait de la taule pour trafic, alors laissez le tranquille avec sa femme et sa gosse). Las, nous savons qui des deux a proposé en premier des camions qui se rentrent dedans avec une fureur sans retenue.