La famille Kennedy a toujours enflammé les passions. Qui n'a jamais entendu parler de la malédiction Kennedy ? John Fitzgerald assassiné en 1963 à Dallas alors qu'il briguait un nouveau mandat de président. Son frère assassiné cinq ans plus tard après un meeting alors qu'il se portait candidat à la présidence. Jackie Kennedy qui décèdera au milieu des années 90 d'un cancer. Et enfin, le fils de John et Jackie qui mourra fin des années 90 dans un accident d'avion. Forcément, c'est bel et bien l'histoire de l'ancien président américain qui a le plus touché le monde entier. Des centaines de livres sont sortis sur le monsieur, sur d'éventuels complots, etc. Un film a également été réalisé par Oliver Stone, intitulé tout simplement JFK, surnom du monsieur. Mais il est vrai que Robert Kennedy est quelque peu oublié dans tout ça et son histoire évolue plutôt dans l'ombre de son frère. Emilio Estevez a voulu réparer cette injustice et réalise un film se concentrant uniquement sur le jour de l'assassinat de Robert. Le film s'intitule Bobby (surnom du monsieur) et on peut probablement y voir une sorte d'hommage à l'oeuvre de Stone.
L'oeuvre s'intéresse donc qu'à ce triste jour du 5 juin 1968. On va donc suivre pas moins de 22 (!!!) personnages qui vivront de près ou de loin l'assassinat et qui seront tous à leur manière touché par cet événement. Mais le problème, c'est qu'on a du mal à s'attacher aux personnages. Ils sont bien trop nombreux. De plus, on peut dire qu'on se fout pour la plupart éperdûment de leur destin vu que c'est celui de Robert Kennedy qui nous intéresse. Et puis étant donné qu'on ne réussit pas à s'attacher à eux, il est normal de ne pas non plus parvenir à s'émouvoir face à eux. Pourtant, quelques-uns parviennent néanmoins à ressortir du lot grâce essentiellement aux acteurs qui les incarnent: Hopkins, Moore, Fishburne, Hunt ou encore Rodriguez font partie de ceux-là. Ce sont d'ailleurs des excellentes interprétations que pour ces personnages. Même Demi Moore se surpasse pour une fois sans à avoir à montrer sa plantureuse plastique.
L'oeuvre mêle ensuite images de fiction et images de documentaire. Procédé déjà utilisé par Stone sur JFK. Le problème se situe que dans une grosse partie du film, on trouve les images du documentaire nettement plus réussies que l'oeuvre en elle-même. Jusqu'à la dernière demi-heure tout de même où la tension s'accroît. C'est probablement la partie la plus réussie de Bobby, en matière de fiction toutefois car dans l'ensemble, si la mise en scène n'est pas mauvaise, elle reste assez académique et ne porte pas vraiment le film aux nues. On ne voit également pas trop non plus où veut en venir Estevez. Quel est le but de son film ? Si dans JFK, Stone voulait démontrer que la thèse du complot était plus que plausible, qu'en est-il pour Bobby?
Si ce n'est simplement retracer que la dernière journée de Robert Kennedy, quel est le réel intérêt de l'oeuvre? C'est dommage, on sent clairement que dans le dernier discours du film utilisé par Estevez et de Kennedy, bien sûr, il veut rendre hommage au bonhomme. On peut dire que la chose n'est faite qu'à moitié, et encore, grâce essentiellement aux parties documentaires de l'oeuvre. Ne jetons tout de même pas la dernière partie de fiction qui se situe lors de l'arrivée de Kennedy à l'hôtel Ambassador (seul moment où l'on voit furtivement Kennedy joué par un autre personnage. Sinon, les apparitions du candidat à la Maison-Blanche était toujours celle des documentaires. C'est probablement l'un des aspects les plus réussis du film d'Estevez).
Au final, Bobby est une oeuvre plutôt décevante. Pas vraiment ratée mais pas forcément bien faite non plus. Assez inégal au final, on en arrive à la conclusion que de voir l'oeuvre d'Estevez ou un documentaire est équivalent. Par chance, quelques acteurs et une dernière demi-heure sauvent la fiction.
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