Énième adaptation du roman de Bram Stoker, le Dracula de Tod Browning est avant tout une énorme déception… Que tous ceux qui ont aimé cette œuvre unique de l’histoire du cinéma qu’est Freaks ne s’attendent pas ici à retrouver quoi que ce soit (en dehors de quelques plans fugaces) de la patte de son auteur. Browning est empêtré dans une œuvre médiocre qu’il doit adapter avec des moyens très limités - crise de 1929 oblige - et réduite à un format ridicule de 70 minutes… Les acteurs surjouent, le personnage de Mirna et celui de son amoureux sont particulièrement légers et même le grand Bela Lugosi dont le nom est intimement lié à celui du personnage qui fit sa gloire, est un vampire peu crédible, réduit à une caricature sans épaisseur psychologique, comme la plupart des autres, mis à part peut-être Van Hessling, seul être pensant dans ce monde de pantins. De plus, les ressorts du film d’horreur ne sont jamais utilisés : tout se passe en dehors de la caméra, ce qui est un parti pris possible, mais il n’y a aucune force d’évocation de quelque chose du côté de l’angoisse, ce qui ôte toute crédibilité au film, dont la fin est de surcroît totalement ratée, comme si Browning n’avait pas eu un sou de plus pour finir sa pellicule. Pour voir de bonnes adaptations de Dracula, on peut toujours se reporter à l’éternel Nosferatu de Murnau et surtout au somptueux film de Coppola qui magnifie le mythe en le renouvelant.