Pour éviter les habituels problèmes de droits liés aux rares idées originales de Hollywood (jurisprudence Underworld) et piéger les gens qui croyaient en l’aura du génial bouquin de Richard Matheson, le nouveau Will Smith s’appelle Je Suis Une Légende. On ne peut même pas dire que l’adaptation est un ratage tant l’équipe entière du film a pris le partie d’une systématique trahison du roman pour de très sombres raisons. On passera donc bien vite sur les non qualités d’un film bien médiocre en lui-même, porté sur une interprétation sans âme de Will Smith et des quelques autres membres du casting. Ce serait trop lui faire d’honneur. Place plutôt à un réquisitoire en bonne et due forme contre un scénariste qui aurait dû être en grève et ses collaborateurs. Franchement, pour oser nous balancer cette honteuse trahison de ce si puissant roman, il faut être soit inconscient et inculte, soit un monstre de cynisme financier à l’idéologie douteuse. C’est le second camp qui semble avoir été très clairement choisi tout au long d‘un métrage qui évite avec science tous les éléments forts du roman pour les affadir au possible (personnage principal moins fou et moins humain, vampires sans intérêt, relation avec le passé qui n‘est plus qu‘un drama de plus). Et que dire de la fin ? Jadis si nihiliste et tétanisante, elle est proprement supprimée pour laisser place à une propagande nauséabonde des valeurs militaro-religieuses de l’Amérique, parfaitement résumée par une dernière image où une porte métallique s’ouvre sur une église encadrée par deux militaires fortement armés. Le titre perd alors sa signification originelle, noire et monumentale, au profit d’une déification de Will et à la renaissance de l'humanité dans une secte amish du Vermont... Issu des amours monstrueuses d’une fourbe tactique juridique et d’une idéologie nauséabonde de temps de guerre, Je Suis une Légende aurait donc dû s’appeler Je Suis Une Erreur et rester à jamais au cimetière des adaptations foirées.
Clin D'œil :
Dans la famille « Piston » on demande le père ! En effet, après avoir mis le pied à l’étrier à son fils Jaden Smith (À la recherche du bonheur 2008 - After Earth 2013), C’est au tour de la petite Willow de jouer aux côtés de son papa d’acteur, on l’aperçoit au début du film jouant le rôle de Marley Neville, la fille de Robert Neville incarné par Will Smith.