Aussi étonnant que ça puisse paraitre ma copine n'a jamais vu les Aventures de Rabbi Jacob et je me suis dit que j'allais pas attendre sa n-ième rediffusion avant qu'on ne le mate.
Il faut dire ce que je retenais surtout enfant de ce film c'était la drôle de danse de Louis de Funes et le passage où tout le monde tombait dans une cuve à chewing gum. Évidemment, en le re-regardant, je m'aperçois qu'il y a tout un sous-texte que j'avais absolument pas vu, notamment rapport à la question israelo palestinienne. Il y a même des vannes qui restent d'actualité, comme le fait qu'à peine devenu président de son pays, les ministres essayent déjà de vendre à Slimane des contrats d'aviation.
Et surtout, j'ai lu la génèse du film sur wikipédia : déjà à l'époque faire un film avec des juifs et des arabes devenant ami et d'un raciste français était un sujet ultra-ultra casse gueule. (Et c'est De Funès qui a demandé à Oury d'avoir un personnage de connard.) Le film fut même à l'origine d'un DÉTOURNEMENT D'AVION dont la terroriste estimait qu'il ne fallait pas le montrer. (C'est pas de pot : d'une part, elle est morte, d'autre part, le film est l'un des plus REDIFFUSÉ de la télévision française..)
Alors, certes, y a du gags périmé s(perso, on a trouvé que la fille rousse que rejette Slimane dans le film est en fait super jolie... elle ressemble presque à Marion Cotillard avec un peu plus de joues) des trucs qui font un peu téléphoné ("Slimane, Salomon, ça sonne un peu pareil") mais dans l'ensemble ça reste encore très drole, il y a des gags de quiproquo, du slapstick et ça se moque bien du racisme à la française. De Funès y est dans ses rôles habituels : le personnage est méchant mais il fait des mimiques à tout bout de champs, du gag visuel sans arrêt. Le pire, est qu'il est suivit par d'autres personnages, comme l'inspecteur joué par Claude Pieplu qui utilise aussi des onomatopés dans sa manière de s'exprimer.
L'autre jour, mon camarade Meaaa disait sur Twitter que les films de Gerard Oury étaient quand même vraiment bien filmés et qu'on oubliait qu'il avait un grand sens de la composition. C'est assez peu visible dans Rabbi Jacob, alors qu'il s'agit d'un de ses projets ayant demandé le plus de plans à filmer et qu'il a mis du pognon pour le tournage de l'intro aux USA. Il y a aussi un plan qui me fait hurler de rire où Louis de Funes, tout en vert, se met à se marrer comme un fou au bout d'un couloir pendant que des boules de gommes se colle à sa peau. C'est absurde raconté comme ça, mais en contexte ça marche très bien.
Et surtout, j'étais assez surpris de voir des têtes connues dans des rôles secondaires : oh, Gerard Darmon jeune en homme de main, tiens Frederic Zardi, tiens mais c'est Popeck (ce type était le comique préféré de mes grands parents... et il fait encore des spectacles à 85 ans. Merci wikipédia.) Le pire, étant Miou Miou, en coiffe de mariée, je ne l'ai absolument pas reconnue.
Il faut dire que son rôle est ultra ultra secondaire et bâclé de fou, tout comme la fin du film qui se résout par un improbable coup de foudre aussi soudain que bien pratique. Un peu comme les méchants, qui passent très vite de "terroristes assez menaçant" (référence à l'affaire Ben Barka) a des méchants de pacotilles.
Bref, on a tendance à l'oublier parce que ce film a été mult-multi multi rediffusé, mais il est bon.