Quel ne fut pas la surprise collective lorsque le premier trailer de Détective Pikachu est apparut. Rappelez-vous, nous découvrions pour la première fois un long-métrage avec de vrais acteurs, et non plus de l'animation japonaise. Notre souris jaune électrique préféré se dotait d'un coup de la parole, et faisait même des blagues. Ce qui est sur c'est qu'il m'aura fallu voir plusieurs fois cette bande-annonce pour finir par déceler un potentiel à ce mystérieux projet, qui aux premiers abords paraissait comme un délire bizarre prêt à se faire défoncer par les fans enragé de Pokémon. Après avoir loupé son passage au cinéma et avoir patiemment attendu sa sortie blu-ray, me voici aujourd'hui pour rendre un avis sur ce film qui m'aura intéressé de plus en plus au fur et a mesure du temps.
Pour commencer, il me paraît assez important de parler de la plus grande qualité de cette œuvre, qui est de très loin le rendu visuel des créatures que l'on aime tant. En parlant d'une ville où humain et pokémon vivent en harmonie, le long-métrage prend le risque de devoir faire un rendu 3D sur les petits animaux imaginaires afin les rendre «réaliste». Car oui, au côté de l'acteur que j'avais découvert dans The Get Down, les effets spéciaux vont faire de leur mieux pour mettre du fan service dans tout les coins de l'écran pour vendre du rêve à tout les enfants, des années 90 ou non, qui ont rêvé d'avoir des Pikachu, des Evoli ou des Dracaufeu comme fidèle compagnon. Ce petit plaisir coupable s'est donc naturellement vite fait ressentir chez moi en voyant la qualité visuel du titre. Il y a vraiment un soin tout particulier qui est mis sur l'image, pour que rien ne viennent casser l'immersion et que tout paraissent fluide et réel. Pour donner un exemple, je ne suis pas prêt d'oublier la scène des Bulbizarre dans la forêt, qui est d'une beauté et d'une magie que j'ai énormément apprécié.
En plus des designs et du fan-service, Détective Pikachu va en plus se permettre quelques fulgurances de réalisation lors par exemple du passage avec les Torterra, qui vont permettre toutes sortes de cascades et de retournement de l'image. J'aimerai vraiment voir le making-off pour me rendre compte de la direction d'acteur lors du tournage de ces scènes car je trouve que l'on ne perçoit à aucun moment où sont les fonds vert ou les doublures de cascade. Étonnant donc qu'une œuvre que l'on percevaient comme un objet que le bulldozer Hollywood allait écraser quitte à ne pas respecter la licence, ait donc ce genre de qualité.
Mais parlons maintenant des points moins plaisant, et comment ne pas évoquer ici le scénario. Clairement, il ne faudra pas lancer ce film en ayant des attentes à ce niveau-là. Nous avons ici une histoire des plus banales et pour illustrer cela, j'ai par exemple deviné qui serait le méchant lors des quelques petites secondes d'apparition du dit-personnage au début. Rien n'est vraiment passionnant, et le délire avec Mewtwo est d'ailleurs assez limite, cassant presque un peu l'image «stylé» que l'on peut avoir de lui. Pour le coup, je préfère largement le Mewtwo des films japonais de mon enfance. En revanche, je dois avouer que certaines révélations de la fin de l’œuvre m'ont agréablement surpris. La plupart m'auront échappé, et j'ai ainsi eu le plaisir de ne pas tout avoir deviné. Je trouve d'ailleurs vraiment agréable que le long-métrage arrive à expliquer pourquoi ce chère Pikachu parle notre langue.
Enfin, et cela va de paire avec le scénario, je vais évoquer les personnages. Là encore, nous avons ici une écriture des plus classiques, et peu des protagonistes auront réussi à me convaincre. La journaliste qui va former une équipe avec le héros est le meilleur exemple, car elle vraiment d'une platitude certaine et peu intéressante car ce type de personnages, nous l'avons déjà vu des centaines et des centaines de fois. Par contre, je dois avouer que son Psychokwak est vraiment très réussi et permet d'apporter de très bon gag dans l'intrigue.
Pour conclure, Détéctive Pikachu est un film qui ne se cache pas d'être exclusivement destiné aux fans de la licence, il n'y a pour moi aucun doute là-dessus. Il faudra se détourner du scénario et des personnages classiques qui ne sont que des prétextes pour amener le plaisir de découvrir un monde qui ressemble aux nôtres peuplé des créatures que l'on aime tant et qui ont bercé mon enfance. Une bonne surprise.