Dans la petite communauté des fans de chambara, Samurai Fiction divise quelque peu. Samurai Fiction est un film de Hiroyuki Nakano, un réalisateur qui a d'abord fait ses armes dans le clip pour ensuite réaliser cette parodie/hommage de film de sabre. Le fait qu'Hiroyuki Nakano vienne du monde du clip est en soi un détail qui n'a que peu d'importance, mais ses détracteurs utilisent souvent cette argument pour justifier leur désamour vis à vis de ce film, petite explication :
Parce qu'il s'agit d'une parodie autant que d'un hommage, le film s'inspire de ses illustres ancêtres, en imposant un visuel en noir & blanc (par ailleurs magnifique), mais pour marquer une rupture de ton et accentué le décalage des époques H. Nakano, n'hésite pas à utiliser des effets de filtres rouges sur l'image lors des scènes de duels ou des effets de ralentis et/ou accélérés. Là, les détracteurs hurlent au scandale, au visuel clipesque, et se plaignent de la bande son Rock n Roll.
Les personnages du film, ainsi que le scénario emprunte encore une fois au cinéma classique : le bon Chambellan fidèle à son maitre, le Ronin traitre qui vole un sabre (interprété par Hotei Tomoyasu !!!), le vieux maître du sabre, le jeune Samurai et ses deux copains d'enfance (qui vont mourir tué par le ronin traitre). Le jeune Samurai sera (bien entendu) recueilli par le vieux maitre, qui le formera pour affronter le ronin et qui élève, (comme par hasard) une fille superbe qui ne laisse pas notre jeune samurai indifférent etc.
Tout cela est d'un classique et d'un convenu, qui donne envie de bailler, mais évidemment Nakano, ne se contente pas de laisser tout ce petit monde rentrer dans des cases toutes faites, non monsieur ! Il faut bien un peu taper dans tout ça pour rigoler un peu. Alors la fidélité du jeune samurai et de ces deux copains est traité comme de l'orgueil qui confine à la crétinerie. La rencontre entre nos trois jeunes et le ronin se finit en duel qui est tout sauf respectueux : Hotei nous fait une pause pipi qui dure des plombe, avant de trancher deux guignols. Les ninjas sont confondant d'imbécilité et d'amateurisme etc. Ici les détracteurs vous expliqueront que Nakano ne maitrisent ni son sujet si ses personnages et qu'il a beau emprunté la forme des vieux Chambara pour le fond il serait à côté de la plaque.
Oui il est à côté, et alors ? Je suppose que tout comme Tarantino, auquel se film fait beaucoup pensé, le réalisateur n'essaye pas de glorifier ses personnages. Le spectateur est surtout témoin du décalage entre leurs propos : honneurs, bravoure, respect... et leurs actes plus proches de la lâcheté, orgueil, bêtise, condescendance...
A mon sens ce film n'est surement pas le Chambara du siècle, mais il propose un détournement agréable des codes de son genre. Malgré ce que peuvent dire les détracteurs, les effets de mises en scènes d'Hiroyuki Nakano restent léger et se justifient assez bien.
Enfin l'une des plus grande qualité du film réside dans la présence du rocker Hotei Tomoyasu dans le rôle du Ronin traitre, Kazamatsuri, le méchant de service. La performance à l'écran du rocker, bien que surjouer, à le don de captiver l'attention du spectateur, d'autant qu'il signe une bande son incroyable qui occile entre Surf Music et Funk, pour finir sur la magnifique chanson Save Me ou ses talent de guitariste virtuose explose. Samurai Fiction c'est tout ça, un film en noir & blanc qui ne se prends pas au sérieux, des acteurs parodique et une bande son qui tue !
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PS : Je peut me tromper, mais, il me semble que Nakano a caché dans le noms des personnages du films des hommages au grands noms des cinéastes japonais de jadis, Kurosawa, Mizoguchi, Suzuki, des grands noms qui ne me semblent pas voir été placé par hasard...