Soft and Hard par FrankyFockers
Ce film pourrait presque un reportage de strip-tease. On y suit Jean-Luc & Anne-Marie dans leur quotidien, à la maison, sur le banc de montage privé, au bureau, en train de faire le repassage ou de mimer du air-tennis dans le salon, en promenade le long du Lac Léman. Evidemment, c'est entrecoupé de citations, de titres vidéo en capitales, et de photos de peintures classiques ou de films muets, histoire de bien avoir la marque Godard. Bref, c'est un peu vain, pas très intéressant. Un peu la limite d'un système, ou alors, au contraire, un nouveau qui est en train de prendre forme mais qui n'est pas encore trouvé. Et puis environ au bout de 20 minutes (le film en dure 50), nous sommes confrontés à un seul plan séquence (Godard est de dos) ou les deux parlent ensemble de cinéma, de leur rapport au cinéma, aussi bien en tant qu'art qu'industrie, et à leur place au milieu de ce monde, et donc au milieu du monde. ça patine un peu pour se mettre en place, pour sortir du Strip-Tease, et puis il y a un moment où ça marche, où ça bascule, et où le film réussit son objectif : nous faire entrer dans l'intimité de ce couple de créateurs, et nous faire partager leur doute face au geste créatif.