En décembre 2015 est sorti l’épisode VII d’une des sagas les plus célèbres de l’histoire du cinéma : Star Wars. A la réalisation, nous retrouvons J.J. Abrams qui succède à Goerge Lucas (épisodes I à IV), Irvin Kershner (épisode V) et Richard Marquand (épisode VI). Forcé de constaté que le réalisateur de la série Lost : Les Disparus qui est bien évidemment connue pour être une des meilleures séries qui soient (et ça très chers lecteurs, c’est ce qu’on appelle du sarcasme) a pour une fois réalisé une œuvre qui n’est pas à enterrer au fond d’un jardin. L’histoire prend place environ 30 ans après les évènements du sixième opus et nous suivons principalement Rey (interprétée par Daisy Ridley), une jeune pilleuse d’épaves et Finn (John Boyega), un Stormtrooper déserteur du Premier Ordre, sorte de renaissance de l’Empire avec des membres comme Kylo Ren (Adam Driver), un guerrier du côté obscur. L’élément central du départ de l’intrigue se concentre sur un fragment de carte menant au Jedi Luke Skywalker, exilé depuis plusieurs années. Dans ce film, nous retrouvons également des personnages centraux à la première trilogie comme Han Solo (Harrison Ford), Chewbacca et Leia (Carrie Fisher).
Avant de parler du film en lui-même, je vais commencer par évacuer le point le plus épineux lié au film selon moi : la réception par le public. Bien avant la sortie du film, nous avons pu voir se dessiner une sorte de séparation en deux clans, qui concernent majoritairement les fans que l’on pourrait qualifier hardcore de la franchise. D’une part, les fans qui depuis la sortie de La Revanche des Sith en 2005 n’ont rien eu d’autre à se mettre sous la dent que des films et séries d’animation de qualité moyenne. Pour eux, la sortie imminente d’un septième épisode (et à terme, d’une nouvelle trilogie) était l’événement de la décennie : l’un des meilleurs films de tous les temps, dirons-nous. D’autre part, nous avons la catégorie du « c’était mieux avant » et qui rassemble les fans absolus de la première trilogie qui, déjà, avaient vu d’un mauvais œil la seconde trilogie. Selon eux (et en y ajoutant une part des fans de la saga en général), le simple fait d’imaginer une nouvelle trilogie au cinéma est quasiment une hérésie. Nous nous retrouvons dons avec deux extrêmes : ceux qui, avant même de voir le film, le considéraient comme LE film et ceux qui, au contraire, ont appris à le détester au point d’aller le voir simplement pour le critiquer, sans même n’avoir que la volonté de laisser une chance au film. Personnellement, je me rangerai au milieu : un fan moyen qui n’a pas pris le film comme un échec ou une réussite avant de le voir de ses yeux pour pouvoir se faire une opinion certes subjective, mais personnelle. Pour conclure ce paragraphe un peu hors-film, j'aimerai dire à tous les gens qui trouvent que « c’était mieux avant » de ne plus voir de film si ce n’est que pour se plaindre à chaque fois et d’aller regarder la trilogie originale chez eux en VHS, car ils n’ont sans doute pas besoin de lecteur DVD ou Blu-ray, puisque c’était mieux avant.
Parlons maintenant de ce fameux film. Globalement, on y retrouve la plupart des éléments d’un Star Wars : batailles spatiales, sabres laser, droïdes, quelques pointes d’humour, … La même chose que pour les six épisodes précédents en somme. Critiquer ce film sur le fait qu’il paraisse identique à l’épisode IV (qui est en fait le premier épisode sorti en salle, pour les éventuels novices ou petits jeunes) revient à critiquer tous les épisodes sortis après lui, puisque mises à part le scénario en lui-même qui diffère à chaque fois, le reste est plus ou moins semblable.
Pour ce qui est des bons points du film, la qualité graphique de l’image est magnifique, il n’y a rien à dire du point de vue purement esthétique. Le jeu des acteurs est bon sans être non plus exceptionnel (mention spéciale à Harrison Ford qui est toujours capable de courir à 73 ans). On retrouve des thèmes musicaux et personnages clefs de la saga, ce qui est plutôt une bonne chose, sans quoi certains spectateurs auraient été capables de mettre le feu à la salle. Ensuite, le sabre laser de Kylo Ren qui me fait penser à une sorte d’Excalibur : preuve que même dans l’armement Jedi/Sith, il y a toujours moyen d’innover. Les relations entre certains personnages (dont je ne dirai rien pour ne pas spoiler) rendent également l’histoire plus intense et intéressante à suivre. Le fait de mettre une femme et un afro-américain dans les rôles principaux est également un point fort, surtout vis-à-vis d'une saga où il est difficile de citer un personnage féminin autre que Leila ou Padmé et un personnage noir autre que Mace Windu. Enfin, on retrouve globalement la même construction au niveau des plans et mouvements de caméra que dans les films précédents, ce qui permet au spectateur de ne pas se retrouver devant un film qui n’a rien à voir avec les autres.
Mention spéciale à la scène où la Résistance vient secourir Rey et les autres sur la planète Takodana qui sort de l’ordinaire du point de vue de la saga et qui a été pour moi la meilleure expérience visuelle du film.
Passons maintenant aux éléments négatifs du film. On a tout d’abord l’impression de voir le même film pour la septième fois si on ne s’attarde pas aux détails, mais cela n’est pas dramatique en soit : j’aurai seulement espéré un peu plus que seulement une scène qui sort de l’ordinaire. Ensuite, l'aspect violent est un peu mis à l’écart. Nous voilà bien loin de la mort de Darth Maul dans La Menace Fantôme ou du Comte Dooku dans La Revanche des Sith. Défaut à mettre sur le compte de Disney qui a racheté la franchise Lucasfilm et qui adapte donc celle-ci à un public plus jeune. J’aurai également aimé en apprendre un peu plus sur l’histoire de Rey et de Finn qui sont quand même, ne l’oublions pas, les deux principaux héros de cette nouvelle trilogies. J’ai également trouvé le personnage de Kylo Ren un peu fade, bien qu’il aurait dû être plus intéressant au regard du dilemme qui le ronge. A la place, nous nous retrouvons face à un mélange entre Darth Vador et un jeune homme en pleine crise d’adolescence. Enfin, il y a un gros problème au niveau des droïdes. Je trouve qu’il y a dans le film une tentative de donner aux machines de véritables sentiments et émotions, ce qui est davantage illogique qu’une mauvaise idée en soit. Mon petit défaut personnel étant le retour de C-3PO, ou l’incarnation de la lourdeur : quand ce personnage va-t-il mourir ? Va-t-il devenir un cosplay de Snake de Metal Gear, comme le laisse à penser son nouveau bras rouge ? La réponse dans l’épisode VIII !
Star Wars : Le Réveil de la Force est donc un film qui s’ancre dans la saga, quoi que l’on puisse en dire. Je ne dis bien évidemment pas qu'il s'agit du meilleur film Star Wars, mais qu'il n'est pas non plus le moins bon à mes yeux. En effet, ce début de trilogie n’a pas été aussi long à démarrer que La Menace Fantôme ou Un Nouvel Espoir, le fait que celle-ci commence directement par une scène d’action sans doute. Ce film est donc bon en lui-même en étant tout de même bien loin d’être le film du siècle, mais attendons de voir les deux prochains épisodes pour voir si la tendance se confirme, si cette trilogie va s’élever vers la postérité ou bien sombrer dans le côté obscur des mauvaises suites.