Si je devais matérialiser ce film par un objet commun, je verrais une poubelle pleine à raz-bord.
Soit Snyder est un des otaku les plus atteints du monde, soit c'est un otaku refoulé. En tout cas ce qui est sûr, c'est que c'est un otaku, d'une manière ou d'une autre.
C'est le bordel. Entre asile et Moulin Rouge douteux, le spectateur est trainé sans ménagement au travers de tableaux tous plus bidonnesques les uns que les autres.
En Otaku qu'il est, Snyder a gavé son film de pouffiasses sapées en escort girls et armées jusqu'aux dents (délire d'Otaku oblige) ; il part sur l'autoroute du délire... en nous laissant sur le trottoir de l'incompréhension.
Et là, une longue marche pour trouver l'intérêt du film s'annonce...
Poussant la métaphore à l'excès sur la base de l'imaginaire pour habiller son intrigue, Snyder s'engage sur un terrain bien difficile à pratiquer... Glisse, à droite, puis à gauche, titube... Et enfin se rattrape d'extrême justesse à la fin.
Difficile de suivre l'otaku frustré au travers de ses choix de montage. De l'asile au Moulin Rouge douteux, du Moulin Rouge douteux à la dimension des pouffiasses guerrières...
"Youhou, j'ai fait un jeu vidéo dans un film, avec plein de nanas sexy ; le côté guerrière inébranlable, c'est pour la trique. Heu, et pour pas que mon délire d'otaku refoulé soit démasqué, une petite morale au début, un rappel à la fin. ". Dinnnng. C'est prêt.
Ça et ses distractions personnelles au niveau visuel et technique.
C'est bon, il a acquis un tapis d'otaku en chaleurs.
Ça me fait pas bander de voir une blondasse et ses copines escort girls courir en marinière au raz de la salle de jeu et faire des choses improbables avec des objets qui n'entretiennent aucun rapport entre eux (duo trop facile d'un flingue et d'un katana, vu et revu, survu, overvu, réchauffé, un peu cramé même)...
Whaaaaat...? J'ai pas compris l'intérêt du film, là.
Je cherche... Oh, wait! ... Ah, non. Même le soi-disant message qu'est censé transmettre le film (vous avez toutes les armes, alors battez-vous pour votre liberté, toussa toussa) est littéralement noyé dans les délires fantasmagoriques du réalisateur.
La fin, seul et unique sous-intérêt de ce film, a pour avantage de mettre fin à mes souffrances lorsque, au bout de plus d'une heure et demi de points d'interrogations dans les yeux, je me demande pourquoi j'ai allumé ma PS3 pour le regarder...
On croit comprendre un soupçon d'un début d'une bribe d'un semblant d'explications à tout le bordel qui vient de se dérouler sous nos yeux.
Soulagement : on retourne à des choses primaires, bien plus accessibles à un cerveau rendu malade par les hallus d'un otaku névrosé. Des morts, des gens qui se sauvent, une fuite, un sacrifice, quelques phrases bien placées et ça s'arrête là.
C'est con à dire, mais c'est la première fois que je suis aussi heureuse qu'un film ait une fin.
4 : pour le soulagement procuré par la fin.
2 tout au plus : pour le reste.
Sans ce délire permanent d'otaku frustré, ce film aurait très probablement pu susciter beaucoup plus d'intérêt. L'idée d'origine n'est pas mauvaise mais le mec qui l'a réalisé doit se soulager. C'est URGENT.
Le côté otaku de ce film l'a tué, je suis catégorique sur ce point.
Je préfère regarder séparément Shutter Island, Sin City et Kill Bill plutôt que de subir ce film-là une seconde fois en entier.