Concerts vus en 2024
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24 personnalités
créée il y a 10 mois · modifiée il y a 9 joursGwendoline
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Gwendoline festival Inrocuptible le 104 le 1er mars 2024
C’est Gwendoline, dont le deuxième album « C’est à moi çà » sortait le même jour, qui était la tête d’affiche au 104 de cette soirée du 1er mars du festival des Inrockuptibles.
Gwendoline est un duo breton qui propose un post-punk nihiliste et désenchanté. Leurs textes évoquent le spleen d’une jeunesse qui s’emmerde en périphérie des villes moyennes de province, perdue entre le centre commercial, les fast food bas de gamme, les PMU pas cher et l’absence d’avenir dans une époque grise sans ascenseur social ou tout fout le camp.
Par certains aspects on pourrait trouver un cousinage avec les textes d’Orelsan, mais ceux de Gwendoline sont objectivement meilleurs. Un cynisme sans concession se mêle à un humour noir trempé dans la cigüe pour décrire le quotidien et les états d’âmes de la loose périphérique. Si on y critique tout, rien n’y est revendiqué
Musicalement ça sonne comme un mélange de ColdWave, de post punk et d’Indochine. Certains refrains claquent comme deux boules de pétanques qui s’entrechoquent ou des invitations à reprendre une bière pression lors d’une tournée générale dans la chaleur d’un bar qui vient de baisser le store ou les cigarettes s’allument alors que la nuit est partie pour se prolonger. Les couplets sont des constats froids d’une amertume poétique glaçante.
Sur scène le Duo des jeunes Bretons manque d’un charisme fédérateur mais l’ensemble tient bien la route malgré tout. Gwendoline est un groupe de petites salles, de MJC auxquelles ils doivent mettre le feu quand ils sont face à un public qui leur ressemble. Les voir au 104 devant le public condescendant et detestable100% boboïsé des Inrockuptibles et des piques assiettes qui gravitent autour révèle un contraste anachronique au regard des textes et de l’identité de Gwendoline.
Si l’on déplorera ce contraste et un set un peu trop court en mode festival, on reste séduit par ce que nous a proposé Gwendoline que l’on ira clairement revoir dans une configuration plus adaptée
Erik Truffaz
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Erik Truffaz , 8 fevrier 2024 carré bellefeuille Boulogne-billancourt
Erik truffaz venait défendre sur scène ses deux derniers albums hommages aux grands thèmes du cinéma des années 60 et 70.
Ces hommages se traduisent par des relectures inspirées, déviantes, jazzy et élégantes mettant en valeur le son de trompette « davisien » du trompettiste Suisse.
A quasi-totalité du concert sera donc consacré à ces thèmes cinématographiques même su des extraits de son répertoire solo comme lune rouge furent aussi mis à l’honneur.
C’est devant un public boulonnais extrêmement sage et attentif que Truffaz pénétra sur scène Trompette au bec sur le thème de la Strada.
S’en suivit une relecture du thème de Fantômas de Michel Magne assez réussie porté par une rythmique et un groove inspiré.
Puis ce fut tour à tour Gainsbourg et le « requiem pour un con », Ennio Morricone avec « le casse », Georges Delerue avec le Mépris, Eric Demarsan avec l’armée des ombres d’etre reprises et qui ravirent l’amateur hardcore de musique de film que je suis.
Si certaines d’entre elles étaient assez proches des thèmes originaux, certaines s’en éloignent volontairement pour emmener l’auditeur dans une autre dimension pour son plus grand plaisir.
Si la musique de truffaz est inspirée, intense et pénétrante, il n’y a aucun décorum dans sa représentation scénique. Pas de films illustrant les films abordés, les éclairages sont réduits à leur plus simple expression. Le groupe n’occupent qu’une toute petite partie de la grande scène qui lui était offerte et ne se met jamais en avant autrement que par la musique.
Si celle-ci se suffit à elle-même lorsqu’elle s’attaque à une relecture de « Amicalement Vôtre » de John Barry ou du thème de « Belle et Sebastien », on se prend à imaginer le plus qu’aurait amené une illustration Vidéo quand Truffaz s’attaque au thème de « l’alpagueur »de Michel colombier dans une version dantesque ou au thème des Tontons flingueurs.
Si cette masterclass consacrée au cinéma se conclura avec une relecture de Quel temps fait-il à paris (jour de fête de jacques Tati) sous des applaudissements plus que mérités, On regrettera qu’elle ne fût pas plus théâtrale et qu’il y ait un grand absent parmi les nombreux compositeurs mis à l’honneur durant ce concert : Francois de Roubaix. Mais je l’admet , je ne suis peut-être pas pleinement objectif …
Cotonete
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Cotonete la bellevilloise le 8 fevrier 2024
C'est à la bellevilloise que Cotonete venait présenter son nouvel album : victoire de la musique
Cotonete est un groupe parisien qui est souvent qualifié d'etre le meilleur groupe live des années 70 des années 2000.
Leur répertoire et leur style s'articule autour d'un Jazz funk enlevé sous haute influences des brésiliens Deodato, Azymuth et Jorge ben Jor et de groupes américains comme les Headhunters .
Composé de musiciens chevronnés et virtuoses qui ont fait leur gamme auprès d'artistes aussi variés que Tiken Jah fakoly, Iggy Pop, Akale Wube, Manu Dibango, Offenbach, Joe Battan, Guts, Chico buarque, inna de Yard ou lucky Peterson Cotonete a aussi officié derrière Deodato et Di melo lors de leurs dernières visites en France.
Bref c'est solide et ça envoie du lourd en live !
S'ils sont actifs depuis une vingtaine d'années, Victoire de la musique n'est pourtant que leur troisième album.
En effet, compte tenu de leurs engagements respectifs, il n'est pas facile de réunir tous les membres en même temps...
Mais en ce 2 novembre, ils sont bien là sur la scène de la bellevilloise pour un set de 3H.
D'emblée ils attaquent fort avec la reprise de la version de Deodato de "also sprasch zaratustra".
Rien qu'avec cette attaque la couleur de la soirée est donnée !
Ca groove sévèrement , les cuivres s'envolent pour laisser la place à des solos de guitare ou d'orgue hammond du meilleur effet.
Plus la soirée avance, plus le beat s'accélère et plus la musique devient hypnotique et dansante.
On finit par être emporté dans un voyage virevoltant et ensoleillé plein de saveurs brésiliennes jusqu' à en perdre toute notion du temps, d'autant que les caipirinas , qui s'accordent si bien avec leur musique, se succèdent et font-elles aussi leur effet .
Le groupe ne se prend pas au sérieux et leur leader, l'organiste surnommé la loutre, balance une série de vannes aussi drôle que foireuses entre les morceaux .
Le concert hors sol et hors du temps que nous offre Cotonete est un moment assez rare qui aurait peut-être mérité d'être plus compact et plus intense plutôt que le long crescendo offert lors de cette prestation.
Mais ne boudons pas notre plaisir car il était bien réel au regard de notre sourire et des étoiles que nous avions dans les yeux et dans la tête au moment où nous quittâmes la salle à l'issue du concert.
The Kills
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Olympia 3 mai
Honte sur moi !
Je dois admettre que je ne m’étais pas trop intéressé à The Kills avant ce concert du 3 mai 2024 à L’olympia.
Bien sur leur existence et leur notoriété ne m’étaient pas inconnus, mais je n’avais pas vraiment écouté leurs albums et aucun titre ne m’avait clairement marqué.
Je les avais assimilés à des suiveurs dans la catégorie des White stripes et Black keys, qui, je dois l’admettre aussi, ne m’avaient pas bouleversé non plus.
Cela ne m’avait pas empêché d’apprécier, en 2010, un concert des Dead Weather au Bataclan au cours duquel le charisme d’Alison Mosshart avait éclaboussé le public dans une atmosphère brulante.
Près de 15 ans après, j’étais pourtant parmi le public de l’Olympia pour le grand retour aux affaires des Kills après des années de silence.
Et Clairement j’ai pris une bonne claque !
Dès leur entrée sur scène sur « Kissy Kissy », il parait évident que le Duo possède un Son qui leur est propre, une présence charismatique, un savoir-faire bien rôdé et un supplément d’âme, bref tout ce qui fait la différence entre de « bons faiseurs » et un vrai grand groupe de Rock.
Car clairement, malgré leur rythmique synthétique que n’aurait pas renié « Suicide », les Kills sont un groupe de rock au sens noble du terme.
Avec un son brut et minimaliste qui doit probablement autant aux riffs du Blues du delta qu’aux solos de guitare de Daniel Ash de Bauhaus et à la furie du revival fifties des Cramps, on sent que rien n’ait laissé au hasard et que tout est extrêmement travaillé et précis afin d’envoyer des riffs poisseux, crasseux, séminaux et percutants mais diablement efficaces vers un public qui en redemande.
Au-delà du son vient s’ajouter le chant à la fois sauvage et sucré d’Alyson Mosshart, qui apporte parfois une saveur de pop eighties à un ensemble finalement assez unique et personnel. Tout cela est magnifié par le jeu de scène habité, sauvage, sensuel et sexy d’une chanteuse qui captive et hypnotise le public de la première à la dernière minute d’un concert sans le moindre temps mort.
Car clairement l’ensemble des titres joués sont homogènes et compacts et maintiennent une tension assez jouissive qui ne descendra jamais. C’est d’ailleurs assez fort car les chansons des Kills ne sont pas des hymnes avec des mélodies et des refrains à prendre en chœur, mais des brulots à l’énergie envoutante, percutante et hypnotique.
C’est donc un vrai groupe de Rock, singulier, habité, dépositaire de son propre son et vraiment efficace
The Congos
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The Congos + The gladiators 24 mai 2024 Elysée Montmartre
Comme au bon vieux temps, c’est un Elysée Montmartre bourré à craquer accueillait une affiche reggae Roots XXL avec la venue des Gladiators et des légendaires Congos.
Depuis le passage à témoin d’Albert Griffith le leader à son fils Al Griffith les gladiators sont devenus une franchise d’où ne subsiste aucun membre originel du groupe fondé en 1967 . Garants de l’esprit, du savoir-faire et du répertoire historique, ces vrais faux Gladiators livrent sur scène un reggae roots de qualité qui sait chauffer un public venu très nombreux et très motivés
Mais ne nous y trompons pas, Le public est surtout là pour les Congos.
Groupe légendaire et historique du courant reggae roots, il tourne toujours en 2024 dans sa formation originale de 1975.
Les 4 rastas septuagénaires aux longues dread blanches font leur entrée sur scène dans une ambiance de feu et impose d’emblée leur harmonies vocales avec une énergie et un charisme évident .
Le leader Cedric Myton bouge comme un ado et prend un peu plus de place que les autres mais c’est surtout la cohésion du groupe et son alchimie évidente qui nous emporte pour nous placer sur orbite. Que ce soient les chansons de leur dernier album ou les mythiques extraits du cultissime « Heart of Congos », tout est au diapason et extrêmement efficace.
On est sur du reggae de grande qualité, celui qui vous emporte, vous hypnotise, vous donne le sourire et vous fait danser dans une ambiance de feu.
On regrettera cependant l’absence d’une section cuivre qui aurait pu donner encore plus de corps à un groupe qui envoyait pourtant des riddims bien pointus et diablement efficaces.
Le légendaire Fisherman , dans une très belle version oscillante entre reggae roots et Ragga dub Style sonna le début de la fin d’un set qui nous redéposera gentiment sur terre léger avec un sourire béat après une grosse heure de ce concert sans faille de ces vétérans jamaïcains que l'on aura, compte tenu de leur âge, probablement plus l'occasion de revoir dans de si bonnes conditions .
JAH etait là et bien Là dans ce très bon concert !!!!
Duo Gwendoline
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11 juin Maroquinerie
3 mois après les avoir vus pour la première fois dans le cadre du festival des inrockuptibles, c'est désormais à la maroquinerie archi comble d' un public bien à eux que nous retrouvons le duo Breton.
Cela change la donne du tout au tout puisque l'atmosphère est chaude , énergique.
Les refrains qui illustrent les complaintes de cette jeunesse désœuvrée sont repris en coeur comme s'ils étaient des tubes absolus.
Ca pogote devant et le groupe semble clairement prendre du plaisir sur scène .
Coté Setlist , c'est assez proche de ce que nous avions eu la première fois mais avec des chansons en plus et une final en mode crescendo avec start up nationale et l'inénarrable audi RTT qui nous invite au PMU dès 8h du matin dans une ambiance bouillante.
On regrettera un son un peu approximatif que ne npous permet pas d'entendre toutes les paroles , mais en terme d'ambiance et d'intensité , ce fut un très bon concert.
L'ascension de Gwendoline continue puisqu'il passeront au stade supérieure à l'automne en se produisant à la Cigale
Tom Morello
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Accor arena 16 juin 2024
C’est à un revival 90’S qui nous était proposé à l’accor Arena de Bercy en ce mois de juin 2024
En tête d’affiche les légendes du grunge, les Smashing Pumpkins faisaient leur retour à Paris après des années d’absence.
En guise de cerise sur le gâteau, ils avaient convié, Tom Morello, le guitariste des non moins légendaires Rage the Against the machine, pour ouvrir la soirée.
C’est devant une foule enthousiaste que Tom Morello et ses musiciens investirent la grande scène de Bercy. Il ne fallut pas plus de 10 secondes pour que la guitare de Morello éclabousse tout sur son passage.
Ce surdoué total, qui est aussi diplômé de sciences sociales à Harvard, nous rappelle qu’il est le plus grand « guitar hero » des années 90. Avec un style qui lui est propre qui oscille entre Punk, Heavy metal, funk, Fusion, grunge et rock plus classique, il remua le public avec des reprises du MC5 ( Kick out the jam ), Springsteen et John Lennon tout en faisant des incursion dans son répertoire de Rage against the machine et d’audioslave.
Bien sur , quand les riffs de Killing in the name, bombtrack, bullet in the head ou guerilla radio sont joués , cela réveille le public d’un bloc et nous rappelle à quel point RATM était un groupe unique et incroyable sur scène.
Mais sans ses compères et sans vrai chanteur, et malgré une Energie et un talent de tous les instants , Morello ne peut pas faire le job seul et ne peut nous offrir au final qu’un très bon concert de guitariste .Mais amputé d’un chanteur charismatique, on ne peut pas toucher les sommets des souvenirs qui nous restent des passages parisiens de RATM et de Prophets of rage .
Cela sera cependant suffisant pour chauffer à blanc le public pour Les Smasing Pumpkins de Billy Corgan.
The Smashing Pumpkins
Annotation :
Accor arena 16 juin 2024
C’est à un revival 90’S qui nous était proposé à l’accor Arena de Bercy en ce mois de juin 2024
En tête d’affiche les légendes du grunge, les Smashing Pumpkins faisaient leur retour à Paris après des années d’absence.
Malheureusement, le concert des têtes d’affiches sera catastrophique.
Nous subirons une bouillie sonore infâme écrasée sous le son d’une batterie dégueulasse et omniprésente qui couvrira tout le reste des musiciens. On ne distinguera à peine le son de guitare de Corgan et James Hiha . La Voix de corgan ne s’est malheureusement pas arrangée avec les années et reste plus que décevante.
Les pumpkins jouent en mode en pilote automatique, sans envie et sans charisme, une setlist discutable, devant un public qui s’est sérieusement refroidi.
Plus les minutes passent et plus le son est immonde et en devient insupportable. De ce magma sonore infecte , on distinguera « Tonight tonight », dans une version ravagée par la batterie et exempte de toute finesse qui portera l’estocade sur les attentes que nous avions de ce concert. Et après quelques autres titres sans relief avec un son toujours plus infecte , nous décidâmes d’abréger nos souffrances et de quitter la salle sans regrets bien avant la moitié du concert…
A plus de 80 euros la place, on ne nous y reprendra plus ….
Rod Stewart
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ZEnith 30 juin 2024!
C’est le dernier jour de juin 2024 que Rod Stewart avait choisi pour faire ses adieux lors de l’escale parisienne de son ultime tournée
C’est un public de senior qui avait investi le Zenith puisque ,du haut de mes cinq décennies, j’avais l’impression d’être l’un des juniors de l’assistance. Il faut dire que les heures glorieuses de l’écossais se concentrent surtout sur les seventies.
En effet s’il gravitait autour des cadors du brit blues ( fleetwood mac, Brian Auger, Jeff beck, john paul Jones) dans les années 60, c’est avec les Faces puis en solo qu’il explosa durant les années 70, en se constituant un formidable répertoire peuplé de tubes mondiaux intemporels (Do Tou think I’m sexy, Maggie May…)
Les décennies qui suivirent furent consacrées à faire fructifier ce formidable répertoire seventies par de longues tournées émaillés de quelques albums de plus en plus confidentiels et de quelques Best of qui lui permettait de remettre une pièce dans la machine.
Les lumières s’éteignirent, alors que l’hymne Ecossais Scotland The Brave , annonçait l’entrée sur scène du Maitre de cérémonie .
Il apparut entouré d’une escouade de musiciennes et de choristes blondes en mini robes à paillettes, probablement recrutées sur un casting ne se limitant pas à leurs compétences musicales. Vêtu, tel une rock star des 70’s, d’une veste en python et arborant sa légendaire coiffure ébouriffée, sa dégaine n’était pas sans rappeler celle de Billy Mac, la rock star sur le retour interprétée par Billy Nighy dans le film Love Actually.
Mais grâce, il faut le noter, à une formidable sonorisation, on comprit assez vite que l’on allait assister à un show ultra professionnel.
Dès les premières secondes d’un « addicted to love » repris à Robert Palmer, la voix si caractéristique, à la fois éraillée et étouffée, de Rod Stewart sans qu’aucune épreuve du temps ne se fassent ressentir.
Accompagné d’un groupe rôdé et réglé comme du papier à musique, la voix de Stewart se promène aisément et avec le même talent du Blues de I’d rather go Blind , au rock de Hot legs, à la pop de Young turks, au Folk de maggie May , à la disco de Do you think i’m sexy et fait des merceilles sur Downtown train, baby Jane , You’re in my heart ou , it’s a heartache.
Vous l’aurez compris c’est une avalanche de tubes qui fut offert à un public très et probablement trop sage, tapant gentiment des mains comme s’il était assis à proximité du canapé rouge de Michel Drucker.
Bref un grand Pro !
Nick Mason’s Saucerful of Secrets
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Olympia, 4 juillet
Depuis 2018, Nick Mason, le batteur du Floyd, tourne avec son groupe pour faire revivre sur scène le répertoire des premières années du Floyd
Il nous offre donc des set list composées de morceaux issus de The Piper at the Gates of Dawn , sacerfull of secrets, Obscured by clouds, More, meedle et atom heart mother. C’est une chance car à de très rares exceptions ce répertoire n’est pas abordé lors des tournées solos de Roger Waters et de David Gilmour
C’est l’Olympia qui accueillait, en ce jour de l’indépendance day 2024.
Etant un fidèle parmi les fidèles, je savais à quelle sauce j’allais être mangé … et je n’ai pas été déçu…
C’est un public de connaisseurs qui fit une ovation à l’octogénaire floydien dès son entrée sur scène.
Contrairement à Waters et Gilmour, l’homme fait preuve d’une humilité absolue tant dans son show que dans sa communication . Il ressemble à un paisible retraité anglais maniant le flegme et l’humour avec une tranquillité apaisée.
Mais derrière sa batterie, on réalise combien son jeu est personnel, doux, subtil et parfois même en léger contre-temps, à l’opposé des bucherons métronomesenvahissants, que l’on nous inflige dans 95% des concerts actuels. Il est assurément l’un des points cardinaux du son historique du floyd !
Si les guitaristes sont excellents, ils ne parviennent pas à approcher pleinement la finesse et la subtilité du jeu de Gilmour. Néanmoins, le groupe fait le job et nous emportera avec lui, loin et très longtemps dans des voyages musicaux et cérébraux comme il en existe peu.
Si le répertoire des années « Barrett » fut mis à l’honneur au début du concert avec des versions convaincantes de « Astronomy domine », « Arnold layne », « see emily play », c’est surtout lorsque le groupe se frottera à l’album « meedle » que le concert atteindra son climax.
« Fearless » précéda des versions pharaoniques de « one of these days » et une retranscription du légendaire « echoes » qui nous emporta dans le saint des Saints des très grands !
La clôture de chacun des sets avec « Set the control for the heart ofd the sun” et “ saucerfull of secrets” furent du même acabit et nous rappellera combien la musique du floyd est complexe, mêlée d’une exigence et d’un génie diamétralement opposée à ce que nous propose le XXIeme siècle depuis presque 25 ans.
Une fois encore ce fut un moment historique, et probablement la dernière chance d’entendre une telle musique jouée en live par l’un de ses créateurs
Les Ramoneurs de menhirs
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Le 11 aout dernier c’était la fête de ma moisson, “le Gouel An Eost”dans le petit village nord-finistérien de Plougoulm.
En bretagne, les fest noz et les micros festivals pullulent.
En clôture d’une journée consacrée au mode de vie du paysan breton du début du XXeme siècle, une grande soirée multigénérationnelle avec galettes saucisses, kig ar farz et buvettes généreuses allait se terminer au son des bombardes et de la guitare électrique punk des Ramoneurs de Menhirs.
Depuis 18 ans, Les ramoneurs de Menhirs, le groupe de Loran l’ancien co-leader et guitariste des berruriers noirs, écument toutes les scènes associatives, les festivals indépendants, les MJC et autres lieux pour distiller un Punk folk breton militant et ultra efficace à qui veut bien l’entendre et l’apprécier.
Le concert des ramoneurs propose un savant mélange d’air traditionnels bretons, de Punk, de chansons révolutionnaires, de reprises des beruriers Noir, et de revendications anarchistes. Il y est question de la “bretagne libre”, du soutien à la Palestine et aux Touaregs du Sahara occidental, de la légalisation du cannabis, de la libéralisation du féminisme, de la dénonciation des violences policières et des abus administratifs, de la lutte contre le racisme, le RN, Le pen, Zemmour , Darmanin, le fascisme et le nazisme et d’une solidarité qui prendrait tout à ceux qui ont tout pour le donner à ceux qui n’ont rien ...
Bref tout un programme qui n’étonne guerre quand on connait les convictions, l’engagement et l’idéologie Berurière de Loran. Mais au-delà de ces considérations militantes, les ramoneurs sont avant tout une formidable machine de guerre en concert.
Les riffs Foudroyant de Loran sont ultra efficaces, les refrains sont scandés à l’unisson. Il y a une générosité de tous les instants qui emporte autant le public en lui faisant chanter “ la blanche hermine” que “vive le feu “, “porcherie”, “bella ciao”. Les bombardes sonnent elles aussi comme des guitares punks. Les gigues et le Kan Ah Diskan (Chant traditionnel breton) abattent toutes les frontières et font danser paysans, Punks, touristes, estivants, petits et grands dans une même ferveur et une énergie assez unique
C’est ce savoir-faire et cette énergie, qui étaient aussi la marque des beruriers noirs, qui rendent les Ramoneurs de menhirs si indispensables au paysage musical breton et qui font qu’ils sont une vraie valeur sure en concert, que l’on parle breton ou pas, et que l’on soit de gauche ou pas .
Gwendoline
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festival soirées transats Carantec 13 aout
Le micro festival estivant hebdomadaire des “soirées transats” de Carantec nous faisait l’improbable surprise d’accueillir Gwendoline en ce 13 aout 2024.
En effet, au-delà de leur confidentialité, les soirées transats programmait l’un des groupes de Rock les plus en vue du moment à 19 h, en plein jour sous une pagoda qui aurait pu se trouver au fond de mon jardin, devant une petite affluence d’avantage concernée par le diner et les bières que leur proposaient le food truck et la buvette installés pour l’occasion.
En dehors d’une microscopique poignée de fans, c’est un public familial qui ignorait tout du duo breton qui fut exposé, parfois à leur plus grand étonnement, à leurs textes nihilistes et désenchantés qui témoignent d’une jeunesse qui s’emmerdent dans les villes périphériques de provinces
Qu’à cela ne tienne, Gwendoline a joué le jeu de bout en bout en donnant un concert généreux et efficace.
Il faut dire que, même dans cette configuration improbable, la pop néo new wave de Gwendoline reste diablement percutante et homogène. Il n’y a aucune mauvaise chanson dans leur setlist. Il y en a même de très bonnes (merci la ville, Chevalier ricard, Heros national, Cheque vacances, Audi RTTT) qui finiront par séduire et intéresser le public et à témoigner d’une ferveur inattendue au regard de l’accueil des premières chansons.
Gwendoline clôturera ce concert improbable par une improbable reprise du “ macumba “ de jean pierre Mader qui, au-delà de faire danser une bonne partie de l’assistance, témoignera de l’anachronisme de cette sympathique avant soirée dans cette micro station balnéaire nord-finistérienne
Air
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La route du rock Saint Malo 17 aout
Je ne suis probablement pas d’une objectivité infaillible mais Air est à mes yeux l’un des groupes les plus importants de ces 25 dernières années.
Le duo versaillais a su créer un pont improbable et incroyable entre le psychédélisme planant du Pink Floyd des grandes années, les sonorités avant-gardistes de François de Roubaix et la modernité de la french touch du début des années 2000.
Leurs 3 premiers albums sont indispensables à toute collection de vinyles et discothèques dignes de ce nom.
Leur retour en 2024 pour le 25 -ème anniversaire de leur Album “Moon Safari” était une très bonne nouvelle.
Alors bien sûr, il faut le reconnaitre, Air n’a jusqu’alors jamais été un grand groupe de scène. Ce n’est clairement pas l’AdN de ces chercheurs en architectures sonores et sensitives.
Néanmoins le show 2024 consacré à “Moon Safari”, qui sera joué dans l’ordre du début à la fin, était plus pensé que par le passé. Avec une mise en scène minimaliste mais réussie, ou le duo et leur batteur apparaissaient tels des hommes miniatures enfermés dans une boite lumineuse pleine de néons vintages, leur manque de charisme fut assez habilement comblé au gré d’un jeu de lumière assez inventif.
Mais au-delà de la scénographie, c’est surtout le voyage musical psychédélique doux, apaisant et cotonneux qui leur ait propre que l’on attendait. Dès le premier morceau, la barre fit mise très haute en termes de qualité audiophile et de fidélité à des enregistrements datant de plus d’un quart de siècle. Jamais cette exigence et cette qualité ne baisseront pendant la globalité du show.
Les grands moments du concerts furent les hits “sexy boy”, “kelly watchs the stars”, et “la femme d’argent ”dans très bonnes interprétations qui allaient parfois plus loin que les versions studio. Le rappel avec un “Don’t be light” et un “electronic performers” anthologiques concluait un show carré en atteignant des sommets que seuls les très grands sont en mesure de gravir.
Pour autant, malgré toute cette qualité indiscutable, on reste malgré tout un peu sur notre faim avec l’impression que le groupe en avait encore sous le pied.
Certaines chansons auraient gagné à s’étirer encore d’avantage en nous emmenant encore plus loin et plus haut. C’était clairement à leur portée, mais il semble qu'Air n’ai pas envie de sortir de cadre et se soit contenté de respecter sagement le code de la route plutôt que d’appuyer sur le champignon et c'est dommage
Cotonete Records
Annotation :
13 septembre Studio de l'ermitage
8 mois après la sortie de leur 2éme album (en 20 ans …) la reprise de leurs activités scénique, Cotonete retrouvait le chemin du Studio de l’ermitage pour distiller le groove de leur Fusion de Funk mêlée de latin jazz et de disco explosive et faire honneur à sa réputation d’etre meilleur groupe français des années 70 né au 21ème siècle.
Propulsé par un couple Basse/Batterie à la fois surpuissant et particulièrement jazzy auquel viennent s’agréger une guitare Funk 70’s tout droit sortie de Funkadelic et des envolées de Clavier Fender Rhodes sorties d’un film de balckspoilation ou des bons abums d’Azymuth et l’éclat d’une session cuivre à la Jb’s, Cotonete a mis tout le monde d’accord !
Le concert fut un crescendo imparable entamée par la reprise de la version d’ "also Sprach Zarathustra" de Johan Strauss revisitée par le Bresilien Deodato en 1973 sur son indispensable album « prelude ».
S’en suivit une orgie de Funk ou les morceaux de Cotenete se mariaient avec bonheur à des reprises d’Herbie Hancock en faisant danser une assistance en levitation pendant 2 sets d’une heure 15 hors du temps
La furie de la section Basse/Batterie atteint son paroxysme lors de la dernière demi-heure du concert ou le voyage musical proposé nous avait téléporté, à grand renfort de cuivres étincelants, très loin de la réalité du bitume parisien de cette rentrée 2024.
Bien sur ce type de musique ne peut donner sa pleine mesure qu'en live, et quand c'est le cas comme lors de cette soirée , on prend son pied comme rarement !
Manu Chao
Annotation :
le kilowatt 17 septembre
Fort de l’expérience de près de 45 ans de carrière et de scène dans le monde entier, Manu Chao n’a de leçon à recevoir de personne quand il s’agit de se présenter devant un public avec une guitare.
Pour ma part , cela fait 35 ans que la musique de Manu chao m’accompagne et près de 25 ans que je le suis en concert quand l’occasion se présente.
Et chaque fois le constat est le même !
Que ce soit devant une foule immense, dans un petit club , en acoustique , en solo ou accompagné de 10 autres musiciens avec des guitares vrombissantes, Manu chao met tout le monde d’accord.
Avec un sourire constant et une générosité à nulle autre pareil, il transmet une énergie et des vibrations pleines de joie et de soleil à un public qui en redemande jusqu’ à l’épuisement, et serait probablement en mesure de faire danser un alignement de dolmens bretons jusqu’au bout de la nuit
Ce nouveau concert, au Kilowatt, qui est devenu une escale régulière lors de ses visites parisienne ne dérogera pas à la règle.
En près de 2h30, il passera en revue ses plus grands titres dans des versions acoustiques revisitées et mettra encore une fois le feu à un public qu’il emportera avec lui jusqu’à ce qu’il soit exsangue.
En plus de ses 2 musiciens habituels, de nombreux amis viennent se joindre de temps en temps à lui pour lui prêter main forte. La section cuivre des « très puntos » , Oli sans Bigflo , le rastaman Lidiop ou le Rappeur de Hame rek se fondent dans l’energie de l’univers de Manu Chao pour le plus grand bonheur du public qui danse et chante de plus belle au fur et à mesure que le concert avance.
Une fois de plus, nous quitterons le concert le sourire au lèvres, rechargé en énergie positive , des étoiles plein les yeux et prêts à affronter l’automne et l’hiver qui se profilent déjà…
Alice Cooper
Annotation :
2octobre ZEnith
C’est le zénith qui accueillait la énième visite parisienne du légendaire Alice Cooper.
On a tendance à l’oublier, mais Alice Cooper fut le premier, audébut des années 70, à pondre des concept albums s’inspirant d’une imagerie horrifique et en proposant des shows grandiloquents mêlant Hard Rock, cabaret, provocations, guillotine, serpents , poupées géantes et film d’horreur . On peut aisément affirmer qu’il est l’une des inspirations majeures pour 99% des musiciens de hard rock apparus après lui. (Iron maiden, Marylin manson…)
Mais au-delà du Show, musicalement Alice Cooper c’est une avalanche de morceaux iconiques. Que ce soit dans les 70’s avec les Albums Killer, , School’sout, Billion dollars baby ou dans les années 80 90 avec des chansons comme « Poison » ou« Hey Stoopid »,», il y a de la matière pour proposer des set list ultra efficaces.
Fidèle à sa réputation, il a offert un show extrêmement efficace, rodé et pointu. Accompagné par un groupe très solide, comptant 3 guitaristes virtuoses, dont la sémillante Nita Strauss, il nous a offert un set list « best of » plus que percutante.
Alice Cooper dirige ses troupes d’une main de maitre. Ses 55 années de carrière sont autant d’années d’expérience et de maitrise de son art. Et la très bonne nouvelle, c’est qu'à 76 ans, il est en forme olympique et rappelle à tout le monde qu’il est en pleine possession de sa voix qui reste l’une des 10 plus grandes de l’histoire du rock.
Les solos de guitares tantôt seventies, tantôt eighties se mélangent avec bonheur sur un rythme effréné et cueillent le public de la première seconde du show jusqu’à un final attendu sur un « School’s out » d'anthologie.
On en a clairement pour notre argent !
Mais le revers de la médaille de ce concert est la conséquence de ses qualités. Tout y est tellement rodé et millimétré que cela finit par manquer un peu d’âme.
On ne ressent pas la fièvre, la communion ou la part d’inconnu que l’on aime retrouver quand on écoute de la musique en live. C’est ce qui différencie un concert d’un show ou rien n’est laissé au hasard.
D’autant que le show en question est le même depuis des décennies et sa chanson la plus récente remonte au siècle dernier. L’effet de surprise est donc absent de ce spectacle qui s’adresse à un public de sexagénaires nostalgiques qui n’a plus l’enthousiasme de ses 20 ans, ni la même forme que le maitre de cérémonie et qui semble parfois un peu passif devant l'ouragan de décibels qui lui est proposé.
The House of Love
Annotation :
The House of love fait partie des groupes apparus dans la seconde moitié des 80's dans le sillage des Stone roses.
Bien que leur succès, malgré des critiques élogieuses fut assez relatif sur leur terre natale, The House of Love connut un certain écho en France. Largement mis en avant par les Inrockuptibles etde Bernard Lenoir, ils donnèrent un concert historique à l’Olympia en 1991 au moment de la parution deuxième album (L’album avec un papillon en couverture). Tout était réuni pour que the House décolle à la manière des happy mondays, de Blure , mais l’histoire tourna court puisque le groupe se sépara dès 1993 avant même d’avoir pu profiter de l’engouement naissant qu’ils suscitait.
10 ans plus tard, les sirènes de la reformation se firent entendre et The House of Love réapparut. Mais le temps ayant fait son oeuvre, les albums et les quelques tournées qui suivirent restèrent confidentielles au-delà d’un noyau de nostalgiques, pour lesquels la pop atmosphérique si bien ciselé de « l’album au papillon »n’a jamais arrêté de hanter leurs platine.
C’est donc avec joie, aussi une certaine appréhension que je rejoignais le trabendo pour découvrir the House of Love sur scène avec trente ans de retard ….
La salle était peuplée de quinquagénaires.
De la formation originale, il ne reste que Guy Chadwick, le chanteur compositeur. Il sera accompagné d’un batteur, d’un bassiste et d’un guitariste qui d’entrée de jeu se distingueront par un jeu plus b plus énergique et forcément moins atmosphérique que ce à quoi on s’attendait. La Voix de Chadwick, après avoir donné des signes de faiblesses, finit après quelques chansons à retrouver sa tonalité et son timbre particulier.
Alors que tout était réuni pour un triste revival, la qualité des compositions ressurgit et fit pencher la balance du bon côté grâce à une setlist complètement centrée sur les 2 premiers albums. Bien sur les « hits » comme « Christine » et « Shine On » firent leur effet, mais des chansons comme « Hannah », « Beatles and the stones », « se dest », « i don’t know why I love you », « in a room » se rappelèrent à notre souvenir comme de succulentes madeleines de Proust.
Les bonnes chansons restant toujours des bonnes chansons, le concert prit une tournure plus qu’agréable et fit office d’une belle bulle de pop artisanale avec des mélodies, des guitares, une belle ligne de basse et une certaine subtilité à mille lieux des vocoder et de Pro Tools qui nous sont infligés dans les années 2000
FFF
Annotation :
Cigale 23 octobre 2024
C'est à domicile, puisque c'est au cœur du 18eme arrondissement, à quelques encablures de Barbès que la fédération Française de FoncK (FFF)avait rassemblé ses fidèles pour une grand messe pleine de décibels, de rock , de funk et de groove célébrants leur retour aux affaires, avec l'album "I scream" après 6 ans de pause.
Fidèle à sa réputation, FFF a enflammé la cigale en emportant le public dans une capsule spatiotemporelle vers le milieux des nineties.
La fusion du rock du Funk du grunge giclait de toute part des cordes des guitares de Yarol Poupaud. Le Bassiste et le batteur , torse nus comme des red Hot envoyaient du lourd , alors que Marco Prince retrouvait l'énergie de ses trente ans comme s'il n'avait pas pris une ride .
Le public de jeunes quinquas sautait, slammait et pogotait comme en 1996.
Que ce soit "le pire et le meilleur", "barbes", "Niggalyze it"," Morphée"ou la dizaine de titres du nouvel album, FFF nous offre une musique festive, généreuse, joyeuse qui symbolise bien l'esprit des nineties d'avant internet , ou l'on partageait une certaine communion naïve et spontanée à mille lieux du communautarisme pessimiste et froid qui pèse sur les années 2020.
Que c'est bon de retrouver cette légèreté pour 2 heures d'un show généreux et bienveillant avec du gros son, de la sueur ,du soleil et la fièvre qui n'est jamais retombé de la musique de ce qui reste l'un des grand groupe Français de son époque .
On quitte la salle en se dirigeant vers Barbes qui ,pendant les minutes suspendues de l'après concert, nous semble encore être celui chanté par Marco prince .
On attend donc la suite puisque Marco Prince a annoncé la sortie d'un nouvel album au printemps prochain : You Scream !
Alain Delon
Acteur
Annotation :
En ce Vendredi 8 novembre2024, Alain Delon aurait fêté ses 89 ans s’il ne s’était pas éteint au cœur de l’été dans sa propriété de Douchy.
Ce qui devait un être ciné-concert prestigieux s’est donc transformé, de fait, en un hommage solennel à la carrière de cette icone absolue du cinéma.
Dans un palais des congrès comble et peuplé d’amateurs de cinéma du siècle dernier, la nostalgie et l’émotion étaient donc de mises.
20 films de l’homme à la beauté du diable allaient être mis à l’honneur par l’interprétation de leurs musiques par un orchestre philarmonique surplombé d’un écran géant diffusant des extraits des grands moments des films en question.
Il ressort de cet exercice qu’Alain Delon était beau et même très beau …. Mais au-delà de ce scoop, ce qui frappe c’est que l’âge d’or de la carrière de Delon n’a duré qu’une quinzaine d’années de 1959 à 1976.
Dans ce lapse de temps Delon tourna avec et pour les plus grands (Gabin, Verneuil, Belmondo, Visconti, Ventura, Melville, Lancaster…) . Il tenait dans ses bras les plus belles femmes de son temps (Claudia cardinale, Romy Schneider, Ornella Mutti, Mireille Darc, Catherine Deneuve …).
Les images de cette carrière fulgurante sont désormais empruntes de l’éclat et de la nostalgie d’une époque, d’un esthétisme et d’un monde qui n’existent plus.
Cette nostalgie sera magnifiée par les musiques interprétées lors de cette soirée car elles sont composées par les grands maitres de cet âge d’or :
Morricone avec « le clan des siciliens », Nino Rotta avec » le Guepard », Claude Bolling avec « Borsalino », Michel magne sur « Melodie en sous-sol », Francois de Roubaix avec « le samouraï », Michel Legrand avec « la Piscine », Michel colombier avec « un flic » , Eric Demarsan avec le Cercle rouge, Philippe Sarde et Stan Getz sur « Mort d’un pourri » …
On ne cachera pas que l’on redoutait que cette litanie puisse être abimée avec une potentielle présence de Francis Lalanne interprétant son tube « on se retrouvera » issu de la bande originale du passage, le plus mauvais film de la carrière de Delon.
Nous fumes heureusement épargnés de Lalanne, mais pas de Daniel Guichard qui fut invité à chanter « mon vieux » , qui était la chanson préférée du Samourai ….
Mais, de cette soirée, nous retiendrons surtout l’osmose incroyable entre la beauté des thèmes souvent légendaires qui y furent interprétés et le magnétisme fou des images de Delon au sommet de son art qui y furent projetées .
Fontaines D.C.
Annotation :
13 novembre 2024, 9eme triste anniversaire du massacre du bataclan.
On se réjouit de voir un Zenith plein à craquer pour accueillir la grosse sensation Rock du Moment, les Fontaines DC
Originaires d’Irlande, Ils viennent soutenir leur quatrième album studio en 5 ans après avoir trusté les premières places des « charts » en Angleterre et en Amérique avec les 2 précédents
Ce concert était donc la promesse de voir un groupe en pleine puissance créatrice, au moment où son statut est en train d’exploser et qu’il en passe de devenir l’une des grandes têtes d’affiches Rock de son époque.
C’est un formidable concert encré dans le présent et son époque, que nous ont offert les « pas encore trentenaires » qui composent le groupe.
Dénué de toute nostalgie, de dépendance à une gloire passée ou de tubes obligatoires, les fontaines DC sont à un moment de leur carrière ou ils écrivent leur histoire et leur légende, comme pouvait l’être les Guns and roses au moment de « Use your illusion » ou Oasis à l’époque de « Morning Glory ».
C’était donc le meilleur moment, et le meilleur endroit pour les voir sur scène avant qu’ils prennent un abonnement définitif dans les grandes aréna.
Si la musique du groupe peut s’assimiler au rock des années 2020 de Iddles ou Shame, les Fontaines Dc s’en démarquent totalement grâce à la singularité de la voix et du flow de leur chanteur Grian Chatten. Il apporte une vraie personnalité et emporte dans une autre dimension bien supérieure les compositions d’un groupe influencé autant par les Pixies que par My bloody valentine et Eminem .
Ce concert a donc été une vraie démonstration de puissance et de maturité grâce à un répertoire sans failles.
Si le groupe avait déjà des standards comme « Boys in the better land » , « Nabokov » ou « Roman Holliday », tous les autres titres joués étaient du même acabit et ne laissait pas une seconde au public pour souffler. Leur nouvel album recèle des classiques en puissance comme « Starbuster » et « in a modern world » ,qui furent salué comme tels par un public plus que conquis.
Les seuls bémols de cette très bonne soirée réside par le coté clinique mais pourtant consubstantiel de leur prestation et par le fait qu’on quitte la salle en sachant d’ores et déjà qu’il sera difficile de les revoir dans une salle à « taille humaine ».
Alain Souchon
Annotation :
Les rêveurs ne vieillissent jamais !
Cette affirmation illustre à merveille le concert donné par Alain souchon et ses deux fils au Casino de Paris.
Malgré un statut de neo-octogénaire et une tête de vieille gargouille qu’il traine depuis longtemps, Souchon est toujours sur scène un adolescent dégingandé qui égrène des chansons poétiques souvent naïves et touchantes avec une joie et un dynamisme non dissimulé.
En plus de 50 ans de carrière, il s’est forgé un répertoire pléthorique, imparable et intergénérationnel pour peu que l’on soit né avant le début de ce siècle.
Il le revisitera pendant deux heures dans des versions dépouillées, acoustiques accompagné par ses deux fils qui passeront de la guitare au piano ou à l’orgue tout en unissant leurs voix avec leur père dans très belles harmonies vocales.
A mes yeux les plus beaux moments de ce tour de chant furent les chansons réellement interprétées vocalement à 3.
Le canon sur « rame », la très belle interprétation du « marin » ou de « l’amour à la machine » furent des moments suspendus.
La grâce était aussi présente dans une version solennelle et belle de « et si en plus il n’y a personne » et sur « âme fifties » ou la voix de Souchon est emprunte d’une douceur expressive assez unique.
A l’âge ou de grands chanteurs (Sardou, Dylan…) ont la voix qui flanche, celle de Souchon ne bouge pas et sonne comme elle a toujours sonnée.
Cela lui permet d’enchainer les tubes comme « foule sentimentale », « la ballade de jim », « j’ai 10 ans », « c’est déjà ça, « la vie ne vaut rien », « quand je serai KO » avec ferveur pour un public conquis mais qui se laisse reconquérir avec plaisir.
L’émotion de ce spectacle passe aussi par la connivence et la complicité évidente que le père et ses deux fils entretiennent et la joie palpable qu’ils ont de partager la scène en famille.
Entre les chansons les sourires et les regards se mélangent avec de gentilles anecdotes familiales qu’ils semblent partager comme si le public était avec eux dans leur salon au coin du feu.
A l’heure ou le spectacle se terminera sous une salve d’applaudissements bien légitimes, Souchon semblait particulièrement ému, comme on peut l’être pour un adieu difficile.
A l’âge ou ses semblables fréquentent les ephad, Souchon n’aura peut-être plus à l’avenir la formule magique de la jeunesse éternelle pour s’embarquer dans une nouvelle tournée…. Il le sait et nous le savons et cela renforce l’émotion de cette belle soirée.
Nick Cave & the Bad Seeds
Annotation :
Une fois n’est pas coutume, le bilan de ce concert parisien de Nick cave et ses Bad Seeds est malheureusement un peu contrasté.
Bien sur le charisme, le magnétisme, la voix et l’aura légendaire du sombre Monsieur Cave ne souffrent d’aucune comparaison dans le paysage musical de ses 20 dernières années.
Les Bad Seeds jouent toujours de manière millimétrée en créant des climats qui oscillent entre tempête, chaos, climats mélancoliques et ballades romantique magnifiant les élans tourmentés de leur leader. La qualité du son de ce concert était elle aussi hors normes (Surtout pour l’Accor Arena qui nous a si souvent abonné à des bouillies sonores infectes).
La première explication réside dans l’ambiance glaciale de l’Accor Arena et d’une scène trop basse pour permettre à la fosse de profiter pleinement du jeu de scène et de l’impact du maitre de cérémonie.
La seconde explication est plus subjective et réside dans la composition de la set list de cette tournée.
Cave tenait visiblement à soutenir son dernier album (Wild God) puisqu’il sera joué dans sa quasi-intégralité
Le problème c’est que Wild God n’est pas le meilleur album de sa discographie et que les climats introspectifs et plus apaisés qu’il recèle se prêtent moins aux démonstrations scéniques dantesques des morceaux historiques de son répertoire, dont certains seront laissés de côté pour faire place à ces nouveaux titres.
Bien sur 10 morceaux iconiques (Mercy seat, Tupelo, red right han, jubille street…) seront offerts au public mais dans des versions moins spectaculaires ou moins poussées que par le passé.
Le contraste entre les climats « apaisés », , qui s’intercalent avec les envolées des chansons plus sauvages empêchent parfois le concert de vraiment décoller et d’emporter le public dans une ambiance d’un infernal crescendo . Lors des concerts des tournées précédentes, le spectateur était pris à la gorge de bout en bout dans un show plus cohérant qui ne redescendait vraiment que lors d’un atterrissage hypnotique et onirique sur « push the sky away ».
On ne retrouvera donc pas cette ambiance de communion et ce niveau d’intensité hypnotique dans cette tournée et dans cette trop grande salle …
Il n’en reste pas moins que le show donné en ce 17 novembre 2024 par Cave reste malgré tout bien au-dessus de 99% de tout ce que l’on peut voir en concert.
Et si mon avis contrasté peut me faire passer pour un « pisse -froid », je serai bien ur présent lors de ses prochains concerts
Gong
Annotation :
Gong en concert en décembre 2024 à Paris !
Cette accroche peut sembler anachronique puisque les principaux leaders du Gong historiques ne sont plus de ce monde et qu’aucun musicien emblématique de ses diverses émanations ne fait partie du line up qui se présentait face au public du Café de la danse.
Bien sûr, plus qu’un groupe, Gong a toujours été un collectif mouvant pouvant même proposer jusqu’à 3 franchises distinctes dans une même période.
Mais depuis la mort de DAevid Allen, il y a bientôt 10 ans, la dernière franchise de gong en activité est composée des musiciens qui l’accompagnaient lors des derniers concerts.
C’est leur troisième album studio qu’il venait défendre devant un public parisien composé de fans historiques et nécrophiles du groupe , ou de curieux arrivés là par je ne sais quel méandre de la planète Gong
Ce concert nous montrera qu’ il ne reste plus grand-chose du Gong historique.
Seuls 2 titres de l’age d’or ( You Can’t kill me et Masterbuilder) feront partie d’une set lis centrée sur les derniers albums studios.
L’incarnation du groupe sur scène , avec un leader dont le look rappelle d’avantage de Patt metheni que Daevid Allen,est à des années-lumière des farfadets illuminés et des théières volantes d’antan.
Musicalement, s’il subsiste toutefois un cousinage lointain, la tonalité du groupe est plus rock, plus vocale et plus abrupte et comporte moins d’éléments Jazz et moins de légèreté et de naïveté que par le passé.
Et si certains fans historiques semblaient désarçonnés par tant de bouleversements, force est de constater que le groupe qui se produit sur scène sous le nom de Gong propose un rock psychédélique de très haut niveau et nous a offert un voyage musical qui nous a emporté bien au-delà de l’atmosphère terrestre.
S’il ne nous pas emmené jusqu’ à la planète Gong, les galaxies explorées valaient toutefois clairement le détour .
Cerrone
Annotation :
Je me réjouissais de la perspective de voir Cerrone sur scène.
S’il a fait beaucoup parler de lui avec l’utilisation de son tube historique « Supernature » lors des cérémonies d’ouverture et de clôture des JO de paris, on ne peut pas occulter que son âge d’or rime d’avantage avec l’année 1977, le Studio 54, le Palace et l’âge d’or du disco Funk.
Sans Cerrone la disco, l’électro, la french touch et la musique de club ne serait pas ce qu’elle n’est, puisqu’il en est l’un des pères fondateurs incontestables et incontestés.
Ce show programmé à Versailles m’apparaissait comme un clin d’œil à la french Touch, dont bon nombres de groupes sont originaires ( AIR, Etienne de crecy …).
C’était aussi retour sur les terres qui avaient vues, en 2005, la place d’armes du château de Versailles se transformer en un immense Dance floor à ciel ouvert dans un concert historique ou Cerrone rassembla près de 100 000 personnes
C’est dire si ma déception fut énorme au regard du triste spectacle, en mode relevé des compteurs indigne, qui nous fut proposé.
Là ou j’espérais un vrai concert, j’ai dû me contenter d’un DJ set …
Le problème c’est que ce DJ set avait lieu dans un théâtre avec 100% de places assises.
Cerrone , dont le charisme et l’apparence physique évoquent plus un patron de salon de coiffure jean louis David croisé avec Almodovar, que ceux d’une star planétaire du disco Funk semblait tout petit derrière une grande table avec une nappe noire sur laquelle était posée un Lap top et une petite table de mixage .
Accompagné par un bassiste et un assistant, lui aussi derrière un Lap top, il appuya sur le bouton « on » et défila un set centré sur ses plus grands morceaux.
Derrière lui, un écran géant diffusait des images sorties d’un écran de veille microsoft des années 90 censées apporter une dimension immersive et un supplément d’âme à la bande enregistrée qui défilait.
L’escroquerie d’un live Dj Set de petite facture battait donc son plein, quand Cerrone délaissa sa table pour se placer derrière les futs d’une batterie, son instrument de prédilection, pour attaquer Supernature , et donner un petit coup de fouet à un public qui avait du mal à quitter son siège.
Après ce « climax » poussif, le dj set se poursuivit en oscillant d’avantage du côté de l’euro dance de David Guetta que des grands titres discos de Céronne.
Au bout de 90 minutes et zero secondes , la bande son arriva à son terme et le temps était venu pour cerrone d’appuyer sur le bouton « off » et au public