Galaxie Varda - Cinémathèque de Toulouse
15 films
créée il y a 4 jours · modifiée il y a 4 joursCléo de 5 à 7 (1962)
1 h 30 min. Sortie : 11 avril 1962. Comédie dramatique, Musique
Film de Agnès Varda
Yanis Mahé a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Galaxie Cléo de 5 à 7
Elle attend les résultats d’importants tests médicaux… La possibilité du pire et une heure trente à tuer. Alors Cléo déambule dans Paris et Agnès Varda, affranchie des contraintes du studio, la filme librement. Ce qui n’exclut pas, d’ ailleurs, une certaine rigueur puisque cet incontournable de la Nouvelle Vague se déroule en temps réel. Quatre-vingt-dix minutes et treize chapitres parfaitement minutés pour passer du rire aux larmes, de la superstition à la peur et de la coquetterie à l’angoisse. Cléo se balade, rencontre des gens et prend conscience de la mort. Cléo, c’est la sculpturale et superbe Corinne Marchand qui accédera à la célébrité du jour au lendemain en acceptant le premier rôle du film de Varda. Sans elle, Cléo ne serait pas Cléo. Une Cléo qui ne se croit vivante qu’en contemplant sa propre beauté. Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle !
Cléo de 5 à 7 ou l’histoire d’une spectaculaire métamorphose puisqu’elle se fait en temps réel. « Ne perdant pas de vue le programme économique de la production, j’ai pensé à un film minimal inscrit dans un temps continu. J’y ai ajouté un trajet réel qui peut s’inscrire dans une vraie carte du centre de Paris. » Une sorte de jeu, un pari sur Paris doublé d’une mécanique un rien ironique quand s’affichent à l’écran les chapitres numérotés avec leur minutage exact et le prénom du personnage moteur de la séquence.
Treize saynètes de la vie parisienne pour un faux suspense puisque dans Cléo de 5 à 7 horloges, pendules, montres et réveils omniprésents à l’écran sont justement là pour nous rappeler que le temps ne compte plus. Seul importe la rencontre de l’instant présent. Treize petits moments d’éternité en compagnie d’une assistante gouvernante envahissante, de musiciens, d’un riche amant, d’une amie proche, d’un projectionniste ou encore d’un jeune militaire en partance pour l’Algérie. Et si le regard de Cléo est constamment accroché par tout ce qui rappelle la maladie et la mort, ce ne sera que pour mieux s’ouvrir au monde qui l’entoure au hasard de ses déambulations. La rencontre avec le projectionniste sera l’occasion d’un bel hommage au cinéma avec un film dans le film mettant en scène Jean-Luc Godard et Anna Karina, mais c’est définitivement celle avec le jeune soldat (Antoine Bourseiller, incroyable de douceur) qui emporte le morceau. Dans le parc Montsouris, nimbé d’une irréelle lumière cotonneuse, Cléo rencontre Antoine. Elle est une femme à qui le pire peut ar
Frances Ha (2012)
1 h 26 min. Sortie : 3 juillet 2013 (France). Comédie, Drame
Film de Noah Baumbach
Yanis Mahé a mis 8/10.
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Galaxie Cléo de 5 à 7
Une chronique du temps qui passe chapitrée comme Cléo de 5 à 7. Frances, jeune New-Yorkaise, rêve de devenir chorégraphe. En attendant, elle s’amuse avec sa meilleure amie Sophie, danse un peu et s’égare beaucoup… Le portrait très Nouvelle Vague d’une rêveuse en pleine crise identitaire paumée dans un Manhattan à la Woody Allen. Devenir enfin adulte, devenir enfin « une vraie personne » ne va pas sans une part de pertes douloureuses et de blessures à vif. En quête d’elle-même, Greta Gerwig (aussi coscénariste) virevolte divinement sous la caméra de Noah Baumbach.
Les Rendez-vous d'Anna (1978)
2 h 08 min. Sortie : 8 novembre 1978. Drame
Film de Chantal Akerman
Yanis Mahé l'a mis en envie.
Annotation :
Galaxie Cléo de 5 à 7
Une jeune réalisatrice voyage de ville en ville pour présenter son dernier film. Comme un VRP ou un marin, elle collectionne les aventures sans lendemain mais croise aussi amies d’enfance et parents. Errance, encore et toujours. C’est là, de gare en gare, de Cologne à Bruxelles en passant par Paris, qu’Akerman filme l’Europe comme un désert. C’est là que vont se rencontrer des personnages sans repères démaquillés par une réalisatrice adepte de la fragmentation, et c’est peut-être là, dans ces trains de nuit peuplés de fantômes, que se mêlent l’absolu et le néant.
Tangerine (2015)
1 h 28 min. Sortie : 30 décembre 2015 (France). Drame, Comédie
Film de Sean Baker
Yanis Mahé a mis 7/10.
Annotation :
Galaxie Cléo de 5 à 7
Produit pour à peine cent mille dollars et tourné sur iPhone en un temps record. L’histoire de deux amies, Sin-Dee et Alexandra, deux prostituées afro-américaines transgenres. L’une vient à peine de sortir de prison et veut se venger de la fille qui a couché avec son petit ami. Un sujet potentiellement dramatique qui appelle la distribution de bons points. Mais ce serait mal connaître Sean Baker. Téléphone au point, acteurs non professionnels, répliques vachardes et liberté totale. Tout comme Cléo dans Paris, Sin-Dee erre dans la Cité des Anges… Du cinéma guérilla, du vrai, en forme de comédie ultra énergique.
Lola (1961)
1 h 30 min. Sortie : 3 mars 1961. Drame, Romance
Film de Jacques Demy
Annotation :
Galaxie Cléo de 5 à 7
Trois jours dans la vie de Lola, une chanteuse de cabaret qui élève seule son enfant en attendant le retour de son amour ; car l’on n’aime qu’une fois. Trois jours dans la ville de Nantes chère à Jacques Demy, qui y déroule une ronde toujours aussi envoûtante dans laquelle on reconnaîtra Corinne Marchand, la future Cléo d’Agnès Varda. Un écrin en noir et blanc pour la ville aimée, par celui qui a donné au cinéma français ses plus éclatantes couleurs, dans lequel brille une Anouk Aimée étincelante. L’aimée Anouk. Lola, c’est elle. Et c’est un des plus beaux films de la Nouvelle Vague.
Lions Love (1969)
Lions Love (…and lies)
1 h 50 min. Sortie : 9 décembre 1970 (France). Comédie dramatique
Film de Agnès Varda
Annotation :
Galaxie Lions Love
En mai 1968, Agnès Varda est à Los Angeles avec Jacques Demy, venu tourner Model Shop. Elle filme en Californie la naissance de la contre-culture : le rejet de la guerre du Vietnam et la culture flower power. Hollywood à la sauce hippie donc, et Agnès Varda qui saisit l’air du temps via trois crinières de lion. Il y a là Viva, superstar d’Andy Warhol, et Jerry Ragni et James Rado, connus pour être les auteurs de la fameuse comédie musicale Hair.
Matures, ils ne le sont pas vraiment, mais tous trois comptent bien s’engager sur le dur chemin de la « staricité » car après tout nous sommes dans la ville du cinéma. Crinières au vent et fesses à l’air, bien vite rejoints par Shirley Clarke, authentique cinéaste new-yorkaise, ils déambulent dans les vapeurs de marijuana dans une maison louée sur une colline de Hollywood. À leurs côtés, un autre personnage majeur : une télévision qui diffuse en permanence des informations, parmi lesquelles l’assassinat de Robert Kennedy. Au détour d’une séquence, on reconnaîtra Jim Morrison, Peter Bogdanovich et Eddie Constantine.
En attendant, les trois compères discutent et se disputent, regardent Horizons perdus de Frank Capra, craignent la dégradation de la planète et finissent par dîner nus devant une fenêtre avant de rejouer une version aquatique de la pièce qui ouvrait le film ! « Avec Viva, ils fumaient de l’herbe et aussitôt après se déshabillaient complètement, circulant à poil et sans raison parmi les fils électriques. L’équipe aussi fumait pas mal. Tous travaillaient à côté de leurs pompes, dans les vapes », se souviendra la réalisatrice.
Une œuvre née du refus de Columbia Pictures de laisser à Agnès Varda le final cut sur le projet Peace and Love qui ne sera finalement jamais tourné. En conséquence, la cinéaste jette toute son énergie (et peut-être sa colère) sur Lions Love (… and Lies). Un film tout en grands écarts tourné sans scénario ou presque et situé quelque part entre la fiction et le documentaire, la comédie et la tragédie, la narration et l’abstraction. Qualifié de collage par la cinéaste elle-même, Lions Love (… and Lies) baigne dans le soleil et explore les joies et les limites de la « vie libre ». Mais là où ce film décidément pas comme les autres fait mouche, c’est lorsqu’il remet en question sa propre réalité. Si la réalisatrice Shirley Clarke sort du cadre prétextant qu’elle n’est pas une actrice, qu’importe Agnès Varda la remplacera.
À un autre moment, dans un bureau exigu, des
Les Doors (1991)
The Doors
2 h 20 min. Sortie : 30 avril 1991 (France). Biopic, Drame, Musique
Film de Oliver Stone
Annotation :
Galaxie Lions Love
Jim Morrison, leader charismatique des Doors apparaîtra dans son propre rôle dans Lions Love (… and Lies) d’Agnès Varda. En attendant, c’est le turbulent Oliver Stone qui signe au début des années 1990 ce biopic incendiaire d’un groupe mythique emmené par son chanteur enfiévré. Dans la peau du Roi Lézard, Val Kilmer est juste incroyable alors que le cinéaste Stone brosse le portrait d’une époque où tout aurait pu basculer. Au son des tambours chamaniques, une œuvre aussi hallucinée qu’hallucinante, aussi sexy que provocatrice, aussi sauvage qu’insaisissable… donc indispensable !
Hair (1979)
2 h 01 min. Sortie : 9 mai 1979 (France). Comédie musicale, Drame
Film de Miloš Forman
Yanis Mahé a mis 7/10.
Annotation :
Galaxie Lions Love
En 1967, quelque chose dans l’air… Une comédie musicale made in Broadway créée par James Rado et Gerome Ragni, qui devint en l’espace de peu de temps un monument de la culture hippie avec plus de mille sept cent cinquante représentations ! Une décennie plus tard, Milos Forman adapte pour le grand écran ce symbole d’un rêve commun à toute une génération. Que reste-il de nos amours ? Une formidable comédie musicale qui souligne intelligemment la fin des illusions tout en étant l’un des pamphlets libertaires les plus toniques jamais produits. Let the Sunshine In…
Once Upon a Time... in Hollywood (2019)
2 h 41 min. Sortie : 14 août 2019 (France). Drame, Comédie
Film de Quentin Tarantino
Yanis Mahé a mis 8/10.
Annotation :
Galaxie Lions Love
Une uchronie façon Tarantino, qui agite réel et illusion, nostalgie et ironie. Un sacré cocktail tournant autour de la carrière déclinante de Rick Dalton (Leonardo DiCaprio), flanqué de son ami cascadeur Cliff Booth (Brad Pitt), et du meurtre bien réel de Sharon Tate (Margot Robbie). Cette année-là, en 1969, l’usine à rêves broie du noir, et Tarantino, tour à tour moqueur et admiratif, en saisit les profonds changements. Western, espionnage, guerre, épouvante, kung-fu et même giallo, Tarantino brasse large et l’hommage au dieu Cinéma est aussi sincère que touchant… Comme une lettre d’amour à une époque fantasmée.
Easy Rider (1969)
1 h 35 min. Sortie : 27 juin 1969 (France). Road movie
Film de Dennis Hopper
Yanis Mahé l'a mis en envie.
Annotation :
Galaxie Lions Love
Le film culte de ceux qui veulent le paradis à un train d’enfer. Carburant au cinéma-vérité hérité de la Nouvelle Vague et couplé à la culture hippie, Easy Rider allait devenir l’étendard de la contre-culture des 70’s et l’emblème du Nouvel Hollywood. Un road movie assoiffé de grands espaces, généreusement arrosé de musique pop. Quitter les studios pour prendre le large. Et renaître sauvage dans le sillage de Peter Fonda et Dennis Hopper pour un trip à moto à la rencontre des fantômes de la liberté. On n’en revient toujours pas. Le rêve était trop beau. Mais on veut toujours y croire. Lâchez les gaz.
Sans toit ni loi (1985)
1 h 45 min. Sortie : 4 décembre 1985. Drame
Film de Agnès Varda
Annotation :
Galaxie Sans toit ni loi
Elle survit avec énergie malgré la faim, la soif et le froid. Elle vagabonde et installe sa tente où elle le peut, près d’un garage ou d’un cimetière. Elle erre, marche et marche encore jusqu’au bout de ses forces. Mona sera retrouvée morte de froid dans un fossé. Un simple fait divers comme tant d’autres rapidement classé par les gendarmes. Mais que peut-on savoir d’elle ? Comment ont réagi ceux qu’elle a croisés ?
Tout en flash-back, Sans toit ni loi retrace les deux derniers mois de la vie de Mona. Un portrait en creux par ceux qui l’ont côtoyée, qu’ils soient tailleur de vignes, garagiste, chercheuse spécialiste des platanes, berger ou domestique. Un périple au bout de l’indépendance. Un film rude et sans concession avec une Sandrine Bonnaire à fleur de peau, qui trouve là un de ses meilleurs rôles.
Le huitième long métrage d’Agnès Varda, et si le sujet appelle forcément le documentaire, la cinéaste, pourtant rôdée à l’exercice, le refuse, trop attendu, trop voyeuriste, trop sensationnaliste. Sans toit ni loi sera donc un film de fiction à tout petit budget, régi par le système D. À Agnès la débrouille, rien d’impossible. L’équipe technique est réduite au minimum, la garde-robe de Mona se complète dans un magasin Tati, le maire de Nîmes active ses réseaux pour faciliter le tournage, et un magasin de papier peint de la ville prête sa camionnette pour transporter du matériel. Mais derrière Agnès la débrouille se dissimule Agnès l’esthète. À propos de Cléo de 5 à 7 (1962), Agnès Varda déclarait : « Ma différence avec les cinéastes de la Nouvelle Vague, c’est que j’ai toujours été plus intéressée par la structure d’un film que par son histoire. » Vingt-trois ans plus tard, Sans toit ni loi ne déroge pas à la règle. Si Cléo de 5 à 7 se déroule dans un temps réel segmenté en treize chapitres, Sans toit ni loi, lui, s’articule en douze travellings à contresens (de la droite vers la gauche), savamment pensés. Chacun se terminant sur un élément (une grille, un pneu, une cabine téléphonique…) qui débutera le travelling suivant, situé quelque fois bien en amont dans le film.
En résumé, comme si Mona marchait de manière ininterrompue. Une mécanique de précision au service du portrait d’une rebelle qui ne va nulle part. Sans toit ni loi mais aussi sans foi ni loi. Mona n’est décidément pas un personnage sympathique, mais le rôle de Varda n’est pas de juger et encore moins de comprendre. Sans toit ni loi n’est rien d’autre que le quotidi
Wendy et Lucy (2008)
Wendy and Lucy
1 h 20 min. Sortie : 8 avril 2009 (France). Drame
Film de Kelly Reichardt
Annotation :
Galaxie Sans toit ni loi
La précarité vue par Kelly Reichardt, fer de lance du cinéma indépendant américain. Wendy, accompagnée de son chien Lucy, a pris la route de l’Alaska dans l’espoir de trouver un petit boulot et commencer une nouvelle vie. Lorsque sa voiture tombe en panne dans une petite ville de l’Oregon, les ennuis commencent. La précision documentaire au service d’un suspense minimaliste. Quelque chose du Sans toit ni loi d’Agnès Varda et un zeste de Gerry de Gus Van Sant ; et bien sûr la sincérité à fleur de peau de l’actrice Michelle Williams, captée par la mise en scène économe de Reichardt.
Peaux de vaches (1989)
1 h 25 min. Sortie : 31 mai 1989 (France). Drame
Film de Patricia Mazuy
Annotation :
Galaxie Sans toit ni loi
Patricia Mazuy, une cinéaste rare qui réalisera ses premiers courts métrages sous l’égide d’Agnès Varda avant de devenir la monteuse de Sans toit ni loi. Et c’est d’ailleurs Sandrine Bonnaire présente dans ce dernier film qui tient le haut de l’affiche de Peaux de vaches, premier film de la cinéaste Mazuy. L’histoire d’un conflit de famille situé dans une France rurale contemporaine. Un western campagnard doublé d’un thriller paysan sombre et épais, d’une rare intensité naturaliste, dans lequel des dossiers de famille non soldés ravivent querelles et désirs de vengeance.
L'Épouvantail (1973)
Scarecrow
1 h 52 min. Sortie : 26 mai 1973 (France). Drame, Road movie
Film de Jerry Schatzberg
Annotation :
Galaxie Sans toit ni loi
Un road-movie désenchanté par Jerry Schatzberg, un film d’errance « à la Varda ». L’histoire d’une amitié qui naît sur la route. L’Amérique des grands espaces chère à Kerouac et deux clochards célestes, Max et Lion. Le premier, grand et bagarreur, tout juste sorti de prison, rêve de monter une entreprise de lavage de voitures. Le second, un ancien marin à l’esprit enfantin, regagne son foyer abandonné depuis plusieurs années. Comment rentrer dans le rêve américain quand on en est exclu ? Entre désillusions et espoirs, Gene Hackman et Al Pacino absolument parfaits.
My Own Private Idaho (1991)
1 h 44 min. Sortie : 15 janvier 1992 (France). Drame, Road movie
Film de Gus Van Sant
Yanis Mahé l'a mis en envie.
Annotation :
Galaxie Sans toit ni loi
Scott (Keanu Reeves), futur riche héritier en rupture avec son père. Mike (River Phoenix), atteint de narcolepsie, obnubilé par l’idée de retrouver sa mère. Scott et Mike sont gays. Ils errent de squats en hôtels de passe. Ils font le tapin pour survivre. Scott et Mike appartiennent à une bande de marginaux liés par l’excès, l’errance, la came, guidés par un clochard céleste. Scott et Mike partent à la recherche de la mère de Mike… Entre réalisme cru et onirisme poétique façon Cléo de 5 à 7, une plongée dans les bas-fonds urbains de la prostitution homosexuelle.