Top Interpol
Ex-gloire des années 2000, Interpol est un groupe talentueux, qui a brillé avec ses tous premiers albums, mais qui s'est peu à peu enfermé dans une formule, n'ayant pas réussi - jusqu'à présent - à se renouveler... Hérauts du revival cold wave des années 2000, version soft et moderne de Ian Curtis, leur musique, reconnaissable immédiatement, s'avère très / trop monolithique, recyclant les mêmes gimmicks album après album, l'inspiration prolifique de leurs débuts s'amenuisant avec le temps...
Contrairement à leurs cousins britanniques d'Editors, auxquels on les a souvent comparés, qui après de brillants débuts eux aussi et une phase de passage à vide, ont réussi à sortir des albums intéressants ces dernières années.
La disgrâce d'Interpol est telle que le site américain Pitchfork, qui fait la pluie et le beau temps sur les musiques actuelles aux États-Unis, voire dans le monde, a fait mine de dégrader la note de leur premier opus - et chef-d’œuvre - Turn On The Bright Lights de 9,5 à 7/10 (source : https://pitchfork.com/features/lists-and-guides/pitchfork-reviews-rescored/). En un sens ils n'ont pas tort, Interpol n'ayant jamais eu l'influence et la postérité que laissait espérer ce premier album génial.
Toutefois il y a une forme d'hypocrisie et de lâcheté de la part de Pitchfork de brûler ce qu'ils ont adoré, d'autant que ça a été et ça restera un des tous meilleurs albums des années 2000, et que si Interpol n'a pas eu de réel héritier, le groupe a influencé d'une façon ou d'une autre la scène rock des 20 dernières années.
Si Interpol n'est plus que l'ombre de lui-même, notamment depuis la sortie d'El Pintor en 2014, le dernier de leurs bons albums, ce qui fait près de 10 ans de déclin musical (voire davantage), le groupe new-yorkais demeure un acteur important de l'histoire du rock et Turn On The Bright Lights un jalon incontournable.
7 albums
créée il y a plus de 2 ans · modifiée il y a environ 2 moisTurn On the Bright Lights (2002)
Sortie : 19 août 2002 (France). Rock, Indie Rock
Album de Interpol
Arthur Debussy a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Le sommet inégalé de la discographie d'Interpol. Un coup d'éclat à sa sortie, qui a profondément contribué au renouveau du rock dans les années 2000. Et l'écouter plus de 20 ans plus tard le confirme : c'était et c'est toujours un très grand album. Chaque chanson est réussie, et la majorité d'entre elles sont particulièrement inspirées.
Hélas, c'est cette inspiration qui fera défaut au groupe pour leurs albums suivants, ils n'ont jamais retrouvé cette intensité et cette force, leurs mélodies s'évanouissant avec le temps, ne restent que la production nébuleuse, les guitares incisives et la voie sépulcrale de Paul Banks, façon cold wave... L'apparence laisse penser que le groupe a tenu bon après les années, mais le cœur n'y est plus...
El Pintor (2014)
Sortie : 5 septembre 2014 (France). Alternative Rock, Indie Rock, Rock
Album de Interpol
Arthur Debussy a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Note actuelle : 7/10
+1 après une réécoute enthousiaste. Un album qui fluctue dans mon estime depuis un certain temps, mais qui me semble être le meilleur du groupe depuis des années... Et ce n'est pas les opus plus récents qui vont lui faire de l'ombre... El Pintor est un peu inégal, mais plaisant du début à la fin. Et surtout My Desire, OMG, quelle claque cette chanson ! Rien que pour ce titre, El Pintor vaut l'écoute.
Ancienne note : 6/10
Ça me fait un peu mal de me l'avouer, mais cet album n'est pas aussi bon que dans mes souvenirs... Après l'avoir réécouté plusieurs fois dernièrement, il y a surtout une (seule) chanson qui surnage, l'exceptionnelle My Desire, monstrueusement géniale, emportant tout sur son passage par sa puissance...
Les autres chansons sont plus en retrait et moins mémorables, même si tout de même de qualité. C'est là qu'on voit qu'Interpol galère depuis des années, courant désespérément après le coup de force de leur premier opus, Turn On The Bright Ligths, qu'ils n'ont jamais réussi à égaler...
Antics (2004)
Sortie : 24 septembre 2004 (France). Rock, Indie Rock, Post-Punk
Album de Interpol
Arthur Debussy a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Un deuxième excellent album pour Interpol, confirmant leur percée sur la scène rock new-yorkaise et mondiale. Néanmoins, dès ce deuxième opus, des doutes apparaissent. Les chansons sont moins percutantes et moins inspirées que pour leur premier album, le tout est moins surprenant, le groupe commençant déjà à ronronner quelque peu...
Au total, c'est un opus solide, mais on sent déjà que le principal enjeu et la principale difficulté du groupe sera de se renouveler... Ce qu'ils n'arriveront pas à faire, hélas, leur signature musicale inimitable étant à la fois leur plus grand atout et leur plus grand défaut...
Our Love to Admire (2007)
Sortie : 9 juillet 2007 (France). Alternative Rock, Indie Rock, Rock
Album de Interpol
Arthur Debussy a mis 6/10.
Annotation :
Un troisième opus qui cherche à explorer de nouveaux territoires musicaux. Interpol cherche et trouve (du moins un peu), il parvient à signer des chansons et une ambiance différentes de leurs premiers albums, faisant un salutaire pas de côté.
Mais cet album conserve une certaine inertie, un son toujours aussi monolithique pas loin d'être assommant. Par conséquent, c'est une semi-réussite, on sent que les new-yorkais ont le plus grand mal à trouver l'inspiration et à proposer quelque chose de neuf et de rafraichissant...
Cet album est un peu trop laborieux pour convaincre, et s'avère encore un cran en dessous de ses deux prédécesseurs... Et cela n'ira qu'en s'empirant : les deux albums qui suivent, l'éponyme Interpol et The Pintor (notamment ce dernier) étant plutôt pas mal, mais les deux albums suivants signant la fin de la créativité pour le groupe...
Interpol (2010)
Sortie : 7 septembre 2010 (France). Indie Rock, Rock
Album de Interpol
Arthur Debussy a mis 6/10.
Annotation :
L'album de la rupture... A sa sortie, cet opus a clairement divisé les fans, un certain nombre d'entre eux (dont je faisais partie) ayant été profondément déçus par sa piètre qualité, n'augurant rien de bon pour l'avenir du groupe...
Avec le temps et diverses réécoutes, j'ai fini par le réévaluer positivement (mais de peu)... Toutefois, c'est indéniablement le premier album du groupe a être vraiment faible, signe qu'Interpol n'est désormais plus que l'ombre de lui-même, engagé dans une descente aux enfers qui semble sans retour possible...
Seul le sursaut créatif d'El Pintor (mais qui reste modeste) viendra contrebalancer quelque peu cette tendance... Qui reprendra avec les deux derniers albums du groupe, peu inspirés et faisant pale figure par rapports à leurs premiers disques...
The Other Side of Make‐Believe (2022)
Sortie : 15 juillet 2022 (France). Rock, Alternative Rock, Indie Rock
Album de Interpol
Arthur Debussy a mis 5/10.
Annotation :
Album très décevant... Mais ça n'est pas une surprise : leurs derniers singles et leur récent concert à Paris le laissaient présager. Interpol n'est plus que l'ombre de lui-même... Mais ça n'est pas nouveau, dès leur troisième album les doutes se sont fait plus présents...
Le sursaut créatif d'El Pintor a fait long feu, on retrouve ici les New-yorkais en pilotage automatique... Seul Gran Hotel sort positivement du lot. Pour le reste, le manque d'inspiration se fait sentir et l'album fait réchauffé...
Même Pitchfork a retourné sa veste : le web-magazine américain a significativement dégradé la note de leur premier album phare, Turn On The Bright Lights, dans un article sur les albums qu'ils auraient noté différemment aujourd'hui.
L'état de grâce a bel et bien pris fin pour l'ex-porte étendard du renouveau du rock des années 2000...
Marauder (2018)
Sortie : 24 août 2018 (France). Rock, Alternative Rock, Indie Rock
Album de Interpol
Arthur Debussy a mis 5/10.
Annotation :
Un album très moyen et même complètement dispensable. Il a très peu fait parler de lui à sa sortie, signe que tout le monde est passé à autre chose, Interpol étant un groupe moribond dont on n'attend plus grand chose, voire plus rien...








