Courir avec des ciseaux n’est pas vraiment un roman. Il s’agit plutôt une autobiographie, et c’est loin d’être anodin compte tenu de ce qu’on y trouve. En effet, Augusten Burroughs y raconte avec un détachement presque surhumain le chaos de son enfance et de son adolescence. Loin de se plaindre, il se contente de narrer tout ça sur le ton étonné de celui qui n’en revient toujours pas mais est quand même content de s’en être sorti. Comme si ces épisodes de sa vie, pour certains hautement traumatisants, n’étaient jamais qu’un camp scout un peu mouvementé.

Résumons. Après le divorce (nécessaire) de ses parents, Augusten emménage dans une nouvelle famille : celle précisément du psychologue de sa mère, le docteur Finch. Dans ce nouveau foyer, qui a au moins le mérite d’exister, il expérimente un nouveau type de vie essentiellement caractérisée par l’absence de règle d’aucune sorte, avec toutes les bizarreries qu’on imagine lorsque cela implique des patients nécessitant des soins psychiatriques et des enfants. Notons que les principaux « personnages » du livre, grosso modo les membres de la famille qui a inspiré les Finch, n’ont pas apprécié ce qu’ils y ont trouvé. Cela dit, Augusten Burroughs, lui, s’en tient toujours à sa version.

L’étonnement est à chaque coin de page, généralement accompagné de son pote le malaise. Ce dernier est souvent atténué par le ton du récit mais ne peut se cacher lorsque la situation est telle que rien ne pourrait y parvenir. Le reste serait plutôt du domaine de l’absurde… sauf que cette fois c’est pour de vrai, semble-t-il. Le résultat n’est pas forcément un chef d’œuvre mais est suffisamment spécial pour susciter l’intérêt d’un lecteur curieux. Je crois. En fait, je ne suis pas sûr. En tout cas, si tout est vrai, le simple fait que ce livre existe et que son auteur ait pu le mener à son terme est déjà un petit miracle.
Nonivuniconnu
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le 28 janv. 2014

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