Fiche technique

Auteur :

Pierre Charras
Genre : RomanDate de publication (pays d'origine) : Langue d'origine : FrançaisParution France : août 2006

Éditeurs :

Gallimard, Mercure de France
ISBN : 9782715226364, 9782070349159, 9782715226364

Résumé : Je le voyais s'éloigner, la nuque maigre, le crâne chauve, les épaules effondrées. Je n'ai pas bougé. J'aurais dû l'appeler, le serrer dans mes bras, lui dire que j'étais heureux qu'il me fasse cadeau, pour me faciliter la vie de tous les jours, des ob­jets qui lui avaient permis d'être lui. Mais je n'ai pas bougé, je n'ai rien dit. C'est aujourd'hui, tant d'années après, que je voudrais le rattraper et le prendre contre moi. Je sais bien qu'il est trop tard, mais j'y reviens sans arrêt. Comme un cul-de-jatte qui a mal aux jambes, j'ai mal à mon père. C'est ça au fond notre histoire. Des gestes qui n'ont pas eu lieu. Des mots que j'ai négligé de dire. Des élans d'amour aujourd'hui périmés qui m'étouffent. Je n'en finis pas d'établir le catalogue des occasions manquées.Le narrateur de Pierre Charras trace le portrait de son père, né en 1911. Avec des mots justes et simples, il ressuscite les cartes postales nostalgiques d'un bonheur familial fragile. Il se lance à l'assaut de son enfance comme on gravit une montagne. Il se fait archéologue émotionnel de l'histoire paternelle, comme si les mots pouvaient pallier l'absence. Hommage d'un fils à son père disparu, d'un enfant à ses parents, le roman de Pierre Charras est bouleversant.Pierre Charras est l'auteur de nombreux romans, dont Comédien (prix Valéry Larbaud 2000) et Dix-neuf secondes (prix Fnac 2003).Extrait du livre :Un jeune homme de dix-sept ans descend du car surchauffé. J'ignore quelle allure il peut avoir, car je ne possède aucune photographie de cette époque. Mais je sais quels yeux gris il pose lentement sur ce qui l'entoure. Les cheveux clairs et fins ondulent malgré le peigne. Il frisait presque, mon père, au cours de ma préhistoire. Moi je l'ai toujours connu un peu chauve et, aussi loin que je puisse aller pêcher les souvenirs, je ne l'ai jamais vu sortir sans chapeau. Peut-être