Sur le chemin de la relecture approfondie de l'œuvre de Pierre Bottero, le virage vers l'Autre, à la suite de la Quête et des Mondes d'Ewilan, j'ai ressenti un léger dépaysement.
Exit le Dessin, la magie des terres et du bestiaire de Gwendalavir. Accueil, plutôt terre à Terre, des lieux de notre réalité sous l'expérience de Natan et Shaé, de prime abord issus de notre monde. Pourtant le dépaysement, je l'ai vécu bien dans ce sens, mes yeux de lecteur attentif à la moindre occurrence pouvant me ramener à la réalité plus prenante - encore une fois de prime abord - des toits d'Al-Jeit. La concentration va à la rencontre entre les deux jeunes âmes, tissant un lien complexe, mais certain, au sein d'un jeu de relations qui se fait déjà annonciateur de la suite du Souffle de la Hyène. L'influence lumineuse -?- de Rafi, l'introduction à l'enchevêtrement plurimillénaire des Familles, la traque des Hellbrumes sont autant bien amenés, à mon sens, que si il y avait eu, à l'instar du monde d'Ewilan, l'enjeu de lier le lecteur à une compréhension de l'imaginaire nécessitant de réécrire de nombreux codes. Là où l'Imagination, porte de véritables dimensions à l'intérieur de biomes déjà bien différents, tend à nous emporter vers un horizon sans limites, les dons propres aux Familles transcendent, re-dimensionnent plus qu'ils ne créent. Et cela fait du bien. L'auteur transporte, attise la curiosité, fait entrer en sympathie avec ses personnages.
De la Maison dans l'Ailleurs, des Familles, de la relation empreinte de justesse de Natan et Shaé, je retiens autant de possibilités de chemins, que de convergences d'histoires toutes aussi passionnantes qu'auraient sans nul doute pu nous relater, avec ce talent qui lui est si propre, Pierre Bottero, dans ce langage narratif, relationnel et dépaysant que j'apprécie tout particulièrement.