Je caractérise cette lecture comme ignorante et radicale mais je dois avouer que Nietzsche n'aide pas, le roi de l'aphorisme et du métaphorisme n'a que trop fait pour être incompris dans ses ouvrages philosophiques.
Cette critique est en réaction à celle plus haut qui est une honte de lecture et que l'on voit facilement écrite par quelqu'un qui radicalement n'aime pas l'auteur et n'est prêt à faire aucun effort pour dépasser sa pensé dogmatique concernant celui-ci et la lecture de "Nietzsche le rebelle aristocratique" me fait comprendre la haine déraisonner que mes paires portent sur un philosophe qu'il ne connaissent que trop peu (un comble pour des personnes aimant la pensé critique).
Premièrement, la critique du Christianisme et des valeurs qui lui sont contemporaines ne font en rien l'apologie de l'esclavage, toutes sortes d'eugénisme ou même de la société aristocratique (nous reviendrons sur cette notion) ; cette critique, j'espère ne pas avoir à vous l'apprendre, fait référence à la généalogie de la morale et surtout au passage d'une opposition bon/mauvais à bien /méchant, il critique donc une société où l'on salut l'acte vertueux (notamment celui chrétien) et non pas quelconque performance dans un domaine, on aime celui qui se couche et qui subit plutôt que celui qui s'oppose au mal qu'on lui fait.
C'est là que l'on retrouve cette morale d'esclave, une morale nihiliste qui rejette la vie pour un au delà et demande un asservissement de son être dans le monde pour un bien ultérieur, on renie le monde en lui même.
Il ne fait donc pas la critique de la démocratie, en quelque manière qu'elle soit, mais plutôt celle d'un auto-asservissement par le fait de renier le monde.
La deuxième critique vient du terme aristocratique, je dis bien terme car cela ne reflète en rien l'idée que l'on a de ce mot ; en effet, l'aristocrate de Nietzsche, ou le surhomme, n'est pas celui qui "commande tout les autres et ne veut pas être assimilé à la personne commune" qui "fait preuve d'un orgueil et d'une estime de soi démesuré" mais bien d'une personne créatrice de valeur, et donc se sépare des valeurs religieuse, (" l'aristocrate c'est celui qui n'exige pas de trouver les normes de sa conduite toutes faites dans les exigences d'un dieu transcendant"), l'orgueil n'est pas la suffisance mais la volonté farouche de toujours pouvoir continuer à mériter son propre respect de soi-même.
L'aristocrate n'est pas comme on l'entend habituellement (il n'est surtout pas un élitisme naturel) bien que l'utilisation de ce terme ait servi à la malhonnêteté intellectuelle (ou bêtise) de personnes tels que Domenico Losurdo.
On dit qu'il y a différentes façons d'interpréter Nietzsche mais cela ne veut pas dire qu'il n'y en a aucune de fausses, la preuve en est le livre ci-dessus. Différentes ressources (livre ou même podcast) vous apporteront un oeil nouveau et potentiellement vrai sur ce grand homme trop incompris (par sa propre faute, il l'a un peu cherché).
Je vous demande donc de ne pas faire preuve du même dogmatisme que notre cher Losurdo (qui grandira un jour ne vous inquiètez pas) et de diversifier vos observations si vous voulez ne pas tomber dans la bassesse de la haine dogmatique (que la philosophie est sensé éloigner).
Merci beaucoup, je vous fait ma révérence et à bientôt.