"C'est BIEN PLUS qu'une série télévisée"
Ma mère a commencé à regarder quelques épisodes de Mad Men en 2007, mais a finalement arrêté car elle estimait que ça tournait beaucoup trop autour d'histoires de cul (du moins dans la première saison, elle n'a pas été au-delà). Rendue curieuse par les nombreux échos que j'avais glanés çà et là, je me suis finalement décidée (ouais, pas à la bourre la nana) à mettre un bout d'orteil dans l'univers sixties de Mad Men. Puis un pied. Puis les deux jambes. Puis le corps (et la tête, alouette), jusqu'aux derniers épis de mon chignon brouillon. Bref, j'ai « plongé » dans cette série, et à raison de cinq à six épisodes par jour, c'est dur de « décrocher ».
Je sors d'ailleurs tout juste la tête hors de l'eau, mais je sens déjà mes petites veines palpiter en attente de la cinquième saison. Car s'il est effectivement fatiguant de réaliser que dès que ce fichu (mais adoré) Don Draper pose les yeux un peu trop longtemps sur une femme, il va forcément se la taper (et ça, c'est un grand invariant des quatre saisons), Mad Men est cependant bien plus qu'un enfilement de scènes érotiques inutiles et exagérées pour appâter le public pré-pubère. A la fin de la saison 4, je suis ravie, et ce pour une principale raison : j'ai le sentiment d'avoir regardé un bon film, mais en 13x4 épisodes. Bien sûr, certains épisodes m'ont plus ennuyés que d'autres, mais qu'on se rassure : chaque élément sert à bâtir la suite de la trame, il n'y a pas (ou peu) de laissés-pour-compte, aucune incohérence, aucun gaspillage. Le gros retournement de situation dans la saison 3 surprend, tout en évitant de prendre des allures de dernier recours pour maintenir la série en vie, et ça, c'est beau. La fin de la saison 4 est selon moi une fausse happy end. Bref, il y a un scénario, un vrai. Si en plus vous êtes fan des années 60, courez jeter vos petits yeux sur cette série, qui vaut la peine d'être regardée rien que pour le personnage de Joan Holloway (je suis amoureuse d'elle, mais c'est un secret). Concernant les autres, j'aimerais faire trois remarques :
1) Don Draper, je t'en veux pour avoir réveillé en moi le syndrome « Kyo » : je te hais de tout mon corps, mais je t'a-dore.
2) Betty Francis (ex-Draper), tu n'es qu'une petite peste pourrie gâtée. Arrête de jouer les fausses torturées-compliquées, dans deux ans à peine tu auras un vrai souci à régler (tes rides).
3) La troisième est pour Joan (j'ai menti) : Joan Holloway, quitte ton plouc de médecin (qui ne t'aime que pour tes gros seins), et épouse-moi.
Les niaiseries précédentes sont le signe que les acteurs sont plus que crédibles, ils sont bons. Ce qui fait qu'on s'attache à leurs personnages. Personnages qui sont humains, eux : ils n'ont pas les dents si blanches qu'on dirait un dentier (« salut j'ai avalé une bouteille entière de white spirit »), ils râlent, pètent les plombs, font des (grosses) conneries, des caprices, s'excusent (sincèrement ou non), bref, ils sont chiants parfois. Au fond, ils font comme tout le monde : ils cherchent à ne pas trop se perdre.