Nobuta wo Produce par Ameli
Kiritani Shuuji est un jeune lycéen très préoccupé par les apparences, c'est pourquoi chaque jour, il joue un rôle et fait semblant d'être le plus parfait possible auprès de chacun. En ce sens, il accepte toujours les sorties avec ses camarades de classe même s'il n'en a pas du tout envie, il fait croire à tout le monde que sa petite amie est Uehara Mariko, la fille la plus populaire du lycée, en étant conscient qu'il n'est pas amoureux d'elle... Bref, il fait tout ce qui peut le rendre cool. Il croit ainsi mener sa vie bien tranquillement et sa seule ombre au tableau est Kusano Akira, élève au comportement plutôt bizarre. Celui-ci considère Shuuji comme son meilleur ami, au plus grand désespoir de ce dernier. Dans ce monde de faux-semblants, le vrai bonheur de Shuuji est de se rendre chaque matin au bord de l'eau pour toucher son saule pleureur car il a pour superstition qu'il réussira de cette façon sa journée. Un matin, le saule a été déraciné, mais il trouve au même endroit une fille à l'allure effrayante et ayant des envies suicidaires, qui éprouve la même sensation que lui pour cet arbre. À l'école, on lui fait part de l'arrivée d'une nouvelle élève, celle-ci s'avère être celle qu'il a rencontrée quelques heures plus tôt, elle s'appelle Kotani Nobuko et elle va très vite se faire harceler par un groupe de filles de la classe à cause de son allure peu soignée et de son manque d'assurance. C'est ainsi que secrètement Shuuji, avec l'aide d'Akira, va décider de produire celle qui deviendra Nobuta, afin de la rendre populaire et intégrée dans sa classe.
À première vue, Nobuta wo produce ressemble à une banale histoire d'adolescents dont le thème mille fois rabâché est celui du vilain petit canard se transformant en un joli cygne. Pourtant par des petites choses quasi indéfinissables, ce drama nous emmène beaucoup plus loin et nous laisse percevoir une très grande sensibilité. Effectivement, ce drama sait toucher grâce à un scénario très bien écrit qui évoque des problèmes graves tels que l'ijime, les familles recomposées ou encore le suicide et ceux-ci sont traités avec finesse et sans pathos, plutôt avec espoir. Ce qui ressort et qui procure beaucoup de tendresse, c'est la grande solidarité entre des personnes qui à priori n'étaient pas faites pour devenir amies, la sensation d'être soutenu dans les moments difficiles et à l'inverse le sentiment de se sentir utile pour protéger ou consoler ceux qu'on aime et arriver à transmettre la force du courage.
De plus, une ambiance douce-amère se fait ressentir par le choix d'une musique triste lors de scènes de souffrrance, entrecoupé de réels moments d'humour. Cette atmosphère particulière donne vraiment le ton du drama et crée sa signature car on ne peut le comparer à aucun autre et suivant cette même idée, il est immédiatement reconnaissable. Il faut aussi rendre compte de la qualité de la réalisation : les plans sur des coins de la ville comme les petites rues désertes, d'autres animées, les lignes électriques, les ponts, les toits d'immeubles ou du lycée servant de terrasse, tous ces lieux intimistes sont typiquement japonais et apportent beaucoup de charme à l'histoire, et ces paysages sont embellis par la lumière du ciel, qu'il soit bleu ou gris, mais représentatif de la luminosité asiatique. Nobuta wo Produce comporte aussi quelques moments surnaturels qui rendent inquiétants les abords du lycée, créent un certain suspense et agissent presque comme fil conducteur du drama, c'est ce qui va susciter l'envie de connaître la suite des aventures de nos trois compères. Les séquences plus drôles sont très bien servies par l'acteur Yamashita Tomohisa, surrnommé Yamapi pour les intimes, membre du groupe de J-pop NEWS, très bon dans le rôle d'un mec complètement déphasé avec le monde qui l'entoure mais malgré tout très attachant par son humanité et sa faculté à dédramatiser une situation. Les autres acteurs ne sont pas en reste, tel Kamenashi Kazuya, membre des KAT-TUN, qui malgré son côté androgyne (sourcils épilés et j'en passe), arrive très vite à conquérir le spectateur et il émane même de lui un certain charisme. Horrikita Maki, quant à elle, joue ici dans le drama qui l'a fait connaître au grand public, elle interprète une Nobuta très particulière, sombre, aux cheveux pendants et à la tête toujours baissée, qui pourrait faire penser au fantôme mythique et effrayant du Japon dont on peut avoir la représentation dans la trilogie Ring.
Nobuta wo Produce ne laisse pas indifférent, une fois que le visionnage des 10 épisodes est terminé, on repense beaucoup à ce drama, on se rappelle le « Kon, kon » d'Akira-kun et on se répète comme pour se donner du courage, avec les gestes spécifiques associés : « Nobuta Powa Chuu nyuu !»