Une série centrée sur la possibilité des voyages temporels, et qui parvient à ne pas faire preuve des incohérences ou des scénarios alambiqués que l’on voit parfois dans ce type d’œuvres. Bien que l’intrigue manipule une pluralité de lignes temporelles, elle n’est pas difficile à suivre si l’on est attentif. Rien d’abracadabrantesque ou d’incompréhensible. Certains éléments peuvent parfois sembler un peu prévisibles toutefois. Le dénouement, très satisfaisant à regarder, n’est pas non plus d’une extrême originalité, et fait usage d’un léger deus ex machina
en permettant tout d’un coup au protagoniste de bénéficier du salutaire conseil de son moi futur.
Les 12 premiers épisodes peuvent sembler un peu lents, et sont en grande partie consacrés à des scènes de la vie quotidienne du laboratoires, agrémentés de blagues pas toujours drôles et parfois répétitives. Mais derrière ces banalités, il est manifeste que sont petit à petit distillés des éléments permettant de comprendre le fonctionnement des remontées dans le temps telles que les conçoit la série. Le caractère sérieux de l’intrigue n’est jamais complètement délaissé.
A partir de l’épisode 12, le rythme s’accélère brusquement, et les épisodes qui suivent finissent toujours par un très haut niveau de suspens. Malheureusement, le rythme redevient assez lent des épisodes 16 à 20, chaque épisode défaisant méthodiquement les ajustements temporels progressivement mis en place dans la première moitié de la série. Ces épisodes permettent d’en apprendre plus sur certains personnages secondaires, mais l’intrigue n’y avance plus que lentement.
En fait, malgré son nombre restreint de personnages, Steins ;Gate contient toujours trop de personnages secondaires. Ruka et Faris, s’ils ont des personnalités sans doute intéressantes ou touchantes, n’apportent en réalité rien à l’intrigue ; ou du moins n’y apportent rien de différent l’un de l’autre. Cela ne nuit ni à la qualité générale de l’intrigue, ni à l’excellente caractérisation des protagonistes, mais cela se fait peut-être au détriment d’autres personnages secondaires au sujet desquels on aimerait connaître davantage, comme Moeka (ou aussi comme Mr Braun, d’ailleurs).
Soulignons enfin à nouveau qu’indépendamment de la pertinence scientifique des théories proposées sur le temps dans la série, elle a le mérite de toujours se tenir à ce qu’elle a dit, et de ne jamais introduire tout d’un coup de nouvelles théories pour justifier tel ou tel point de l’intrigue. Tout est minutieusement préparé, et développé de manière cohérente.