Trois épisodes de The Beauty, et déjà cette impression étrange. Ryan Murphy, maître du mélange horreur-glamour, nous plonge dans un univers où la beauté se transforme en cauchemar, où les mannequins deviennent des proies, et où une conspiration sanitaire menace l’humanité. Le décor est planté avec soin, l’ambiance est là, dense, presque étouffante. Pourtant, quelque chose cloche.
Ce qui déçoit, c’est cette sensation de déjà-vu en moins percutant. Les ingrédients sont ceux qu’on connaît : une esthétique léchée, des scènes d’horreur viscérale, des dialogues qui claquent. Mais l’ensemble manque de mordant, comme si la recette avait été suivie à la lettre, sans cette étincelle qui fait la différence. Même Evan Peters, d’habitude si convaincant, peine à transcender un rôle encore trop flou, trop peu défini. Il est là, présent, mais sans vraiment exister.
Le pire ? L’histoire se dévoile trop vite. En trois épisodes, on a déjà l’impression d’avoir saisi l’essentiel : le virus, la Firme, l’Assassin, les enjeux. Où est la surprise ? Où est la tension qui devrait nous tenir en haleine ? À la fin du troisième épisode, si je n’avais pas déjà souscrit à Disney+ pour cette série, je pense que j’aurais arrêté là. Pas par ennui, mais par manque de conviction. Il reste peut-être une lueur d’espoir – après tout, Murphy a déjà sauvé des séries en cours de route – mais pour l’instant, les dés semblent jetés.
Verdict provisoire : The Beauty n’est pas un désastre, mais elle n’est pas non plus à la hauteur de ce qu’elle promet. À suivre par curiosité, ou par fidélité au créateur, mais certainement pas à recommander les yeux fermés. Si cette série devait être un pari, je miserais une pièce… sur l’échec. Mais attendons la suite avant de sceller son sort.
PS rectifier
PS (après l’épisode 4) :
L’épisode 4 de The Beauty marque un léger sursaut. Certes, il reste largement du remplissage, mais il se regarde avec moins de déplaisir — voire un certain soulagement. Le côté « cheap » des précédents épisodes s’estompe un peu, et surtout, on y trouve enfin cinq minutes de scènes qui apportent des informations tangibles. Rien de révolutionnaire, mais assez pour relancer l’intérêt. La fin, elle, est bien ficelée : un cliffhanger qui donne envie de voir l’épisode 5, ce qui n’était pas gagné après les trois premiers.
Résultat ? C’est de loin le moins raté des quatre, peut-être même le plus réussi. Est-ce suffisant pour sauver la série ? Non. Mais c’est assez pour que je continue à regarder — par curiosité, et parce que l’abonnement est déjà payé. À suivre avec prudence.
PS (ajouté le 12 février 2026) :
Après avoir vu les épisodes 5 et 6, force est de constater que la série gagne légèrement en cohérence, notamment grâce à un flashback qui, sans être révolutionnaire, apporte une couche narrative moins pénible que les trois premiers épisodes. Cela dit, les défauts structurels et scénaristiques restent bien présents — typiques de l’ADN Murphy. Je réserve mon avis définitif pour la fin de saison, car il est difficile de juger une œuvre en cours de construction, surtout quand elle oscille entre l’irritant et le simplement médiocre.
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