Prenez un coin perdu des States peuplé de gens du cru, ajoutez-y une confédération de jusqu'au-boutistes presqu'utopistes rêveurs extrémistes, placés sous le patronage d'un gourou troublant.
Accompagnez l'ensemble d'une bande d'opportunistes, saupoudrez d'un brin de relents nationalistes et laissez macérer le tout dans un contexte national traumatisé par l'épouvantail des sectes vengeresses et surnourri d'hystérie télévisuelle.
Vous obtiendrez cette pantalonnade, presque drôle si elle avait été fictive.
Au travers du récit de ce qui n'aurait pu être qu'un insignifiant conflit de voisinage, la série documentaire des frères Way nous permet d'entendre chacune des parties prenantes de l'affaire défendre son point de vue et ses motivations, dans ce que des yeux d'aujourd'hui discernent d'une farce tragique, une pièce rebondissante, mêlant, au théâtre médiatique, fantasmes réactionnaires et manipulations politiques. Une farce dont les emballements auraient pu pourtant aboutir à des conséquences gravissimes, proportionnellement aux causes à l'origine de leurs créations, soit des rumeurs et une méfiance exacerbée. Des causes qui, avec le recul, semblent aujourd'hui presque loufoques pour ce qu'elles étaient prises totalement au sérieux alors.
Wild Wild Country conte une histoire, une de celles qui illustrent si bien ce que peut provoquer le mal courant et sournois dont le nom en dix lettres languit en chaque fin de dictionnaire, au chapitre X, avant xérès et après xénon.