Un album pas facile d'approche (comme ce que fait cet artiste en général)... à la fois musicalement, et aussi parce que Saul Williams venant du slam, ses paroles, son phrasé (son flow) sont une des grandes forces de ses morceaux. Et des gens n'étant pas un minimum à l'aise avec l'anglais risquent d'être rebuté par ses albums.
C'est un "hip-hop" qui ne rentre pas dans les cases (donc pas vraiment du "hip-hop" non plus)... et qui a justement pour moi la grande qualité d'ouvrir les horizons d'un style souvent trop fermé, voir caricatural... qui tourne sur lui-même. Plein d'autres influences viennent enrichir tout ça, suivant les morceaux.
Une autre qualité très forte de cet artiste et de cet album... est l'énergie qui s'en dégage.
Pour moi, Saul Williams est vraiment LE chanteur/compositeur/slameur de l'énergie.
Il y a une sorte de pèche monumentale qui ressort de certains morceaux ("Grippo", "Surrender", "List of Demands",...etc... ou encore "Volcanic Sunlight" sur l'album du même nom)... C'est vraiment le genre de morceaux que j'ai du mal à écouter sans sentir une rage (dans le bon sens du terme), une pèche, une énergie qui monte en moi. Le genre de morceau difficile à écouter dans la rue sans avoir envie de courir, de sauter, de crier ! De bouger quoi.
Une mise en garde par contre... Je n'ai pas aimé directement cet album (et ça me l'a fait pour tous les Saul Williams). Je l'ai trouvé "pas mal"... j'ai insisté un peu... puis petit à petit, je me suis mis à découvrir et à apprécier de plus en plus ces morceaux.
Après quelque temps, j'en étais vraiment totalement fan et je l'ai écouté en boucle pendant un bon moment.
Cette façon de ne pas apprécier directement un album, mais de se mettre à l'aimer petit à petit de plus en plus, au fur et à mesure des écoutes, est très souvent pour moi le signe des meilleurs albums.
Dans un style très différent, ça m'a fait par exemple pareil avec "Let england shake" de PJ Harvey, qui est le premier de mon Top 10.