Il y a toujours cet espoir, avant l'écoute du disque d'un « one-hit-wonder », que si son album n'est pas passé à postérité, c'est que le public de l'époque était passé à côté, soit en ne l'écoutant pas, soit en le survolant sans retrouver l’immédiateté du tube tentateur. J'ai été tenté moi aussi chez mon disquaire, à prendre ce LP « The Riddle », dont le titre éponyme me procure toujours un frisson suivi d'un véritable plaisir auditif. Mais aujourd’hui, nous ne sommes plus obligés de tomber dans le panneau d'une galette tiédasse qui finira tout au fond de notre collection de disques, prête à être revendue aux puces. Aujourd'hui, un petit tour sur le site de streaming musical au clic le plus proche permet de jauger de la qualité avant tout achat.
J'ai donc écouté cette édition « remastered / expanded » directement sur Youtube, sans doute dans un mp3 qui ne rend pas hommage à l’œuvre, mais les quelques fans de l'artiste, je l'espère, ne m'en voudront pas. Déjà, quelques mots sur le grand, le génial « The Riddle », où tout est mené pour rendre ce moment magique, magie liée à la mélodie (qui n'en finit pas de se rechercher et de satisfaire, du début du couplet à la fin du refrain) mêlée aux paroles énigmatiques, aux sonorités synthétiques étranges, à la production (empruntant aussi bien au Rocksteady qu'à la Synthpop ou à la marche militaire), à la composition montant subtilement d'un ton sur le pont, mais aussi à son clip, qui a la faculté de rendre encore plus entraînant sa bizarrerie.
Voilà, maintenant comparons avec « Don Quixote », autre single qui ouvre l'album. Pourquoi ce choix ? S'il a le mérite d'être tout aussi original, mélangeant également les genres, jamais il ne semble vraiment vouloir démarrer. A l'image du clip, dont cette fois-ci la bizarrerie ne nous entraîne jamais, ne nous laissant qu'une distante incompréhension. Quant à « Wide Boy », second single choisi, il œuvre dans la Pop-Rock la plus classique, aussi peu séduisante que celle d'une majorité des groupes indés de 2023.
Le reste balance dans le même moule, quelques bizarreries sympathiques (les petits – Bi-bi-bangs - en fond des refrains de « Roses » ou les riffs à la Nile Rodgers sur les couplets d' « Easy », avec sa façon "scat" de topliner les 'Hold Me Up') mais non insufflées dans l'ensemble du processus créatif, ce qui donne une Pop Rock plus convenue, dans laquelle « Know How » et la ballade « « Save the Whale » surnagent par la beauté de leur écriture mélodique.
Le disque ne finira donc pas dans ma collection, convenable mais jamais à la hauteur du désir d'écoute suscité. Par contre, mes recherches pour cette chronique m'ont au moins permis de remarquer que je m'étais trompé. « The Riddle » n'est pas son seul tube, il avait sorti juste avant «Wouldn't it Be Good », qui a connu un petit succès en France - j'ai moi-même du l'entendre une ou deux fois à la radio - sorti sur « Human Racing », son album précédent. Nik n'est pas un one-hit wonder et cela voudrait dire que « The Riddle » est l'aboutissement des succès précédents, car il ne connaîtra alors plus jamais même succès. Faut-il alors que je m'écoute aussi ce premier album ? Bon, disons... seulement si je le croise un jour, chez mon disquaire.