Avec ses 9 titres pour moins de 30 minutes, Gemini ressemble davantage à un produit formaté qu’à un véritable album habité. Mild Minds livre une deep house vocale et épurée, calibrée pour les playlists chill, fluide mais trop prévisible.
Dès « I NEED U », l’ambiance est posée : textures soignées, chant mélancolique passé au filtre vocoder, beats discrets. Le morceau-titre « Gemini » illustre bien cette approche aseptisée, qui évoque parfois un Caribou en mode économie d’énergie. Tout est techniquement impeccable, mais rien ne semble vouloir heurter ou surprendre.
Quelques moments surnagent tout de même mais ces tentatives restent timides, rapidement englouties par des structures convenues et des textures entendues mille fois.
Ce n’est pas mauvais en soi — loin de là. C’est même techniquement irréprochable. Mais cet album, malgré ses intentions contemplatives, ne raconte pas grand-chose. Il illustre plutôt une tendance : celle d’une musique électronique propre, agréable, mais qui manque cruellement d’âme et d’urgence.