Cet album je l'ai attendu un peu comme j'attends un nouveau film de Tarantino, comme un bon grec après une journée éreintante, et à la première écoute j'ai été un peu déçu... Trop d'attentes peut être, trop le souvenir d'un Chant des sirènes que j'adore et que je trouve quasi parfait...
Mais bon, je me dis je me suis déjà fait avoir par le passé, il faut pas se fier à la première écoute bougre de con !
Dès le lendemain matin je l'écoute au calme dans la voiture et là !
Je me dis que je l'avais écouté avec le cul la première fois que j'étais complètement passé à côté...
En fait, cet album est celui de la maturité pour Aurélien, mais il n'oublie tout de même pas ses vieux démons... Il continue de nous raconter sa vie, ses tracas, comme dans les deux albums précédents, mais il le fait avec un regard différent, un regard plus adulte même s'il n'est pas complètement mature, il est toujours un peu perdu dans sa tête et dans le monde.
Ainsi, il nous parle de ses vieux démons dans Bonne meuf, Quand est-ce que ça s'arrête ? et La fête est finie, il est nostalgique dans les très touchantes Dans ma ville on traîne, San et Notes pour trop tard.
Il règle ses comptes avec sa famille dans Défaite de famille, cette chanson reflète aussi un rejet de la société actuelle et de certaines personnes qui la compose. Chose incroyable pour Orselane, il émeut avec Paradis où il parle d'amour sans retenue et sans second degré.
Plus j'écoute cet album plus je l'apprécie, plus je découvre des morceaux mis de côté au début, comme Tout va bien que je trouve incroyable... Il parle avec tellement de simplicité de situations horribles qui sont malheureusement quotidiennes et fait un peu l'écho dans nos têtes, ces choses ne nous arrivent pas donc tout va bien, continuons de nous bercer d'illusions face à l'atrocité du monde... On peut prendre ça comme moralisateur mais il a tourné ça de toute autre façon et c'est ce qui fait la force du morceau.
Tout comme pour Notes pour trop tard, l'ayant mal comprise au début je me suis dit qu'il se la jouait un peu trop moralisateur et ça m'a saoulé, en fait il se parle à lui-même (enfin son lui du passé) et ça rend les choses différentes.
Sinon pour les feats, je ne les trouve pas mauvais mais je trouve qu'il n'apporte pas grand chose en fin de compte, le feat avec Nekfeu si attendu est sympa sans plus, tout comme celui avec Stromaé, je préfère même celui avec Maître Gims qui offre un morceau léger à l'album et en même temps métaphorique de leur succès en France.
J'suis qu'un sale gosse sur un château d'sable
L'album est très bon (je me répète) et Raelsan montre qu'il a su évoluer dans ses musiques et mûrir dans sa vie, il est en Super Saïyen ou plutôt il était en Salamèche et au fil des albums a évolué en Dracaufeu pour planer au dessus du rap game...
Je pars trop loin dans mes comparaisons je sais !
Cet album deviendra un classique un jour au même titre que Le Chant des sirènes et Perdu d'avance, du moins je l'espère, je le trouve différent des autres mais en aucun cas moins bien. Orel donne une réflexion sur sa vie et se remet en question, je m'identifie dans beaucoup de morceaux du coup je trouve ça encore plus intéressant et touchant.
Les prods de l'album sont toutes géniales, je n'ai rien à redire là dessus il n'y a aucune instru qui m'a déplu.
Après une minute de morceau Orelsan case une référence aux Simpson, il m'a pris par les sentiments...
J'ai fait des mariages, des enterrements
Dans les mosquées, les églises et les temples
Sous un crachin normand
Elle est même pas foutue d'pleuvoir correctement
Ma ville aux cent clochers
À chaque fois qu'ils détruisent un bâtiment
Ils effacent une partie d'mon passé...