A une époque hélas lointaine, les disquaires de la FNAC avaient sans doute beaucoup plus de moyens et de latitude pour faire leur travail, et contribuer à mettre en lumière nombre de talents inattendus.
Je dois à l'un de ces disquaires (du défunt magasin des Grands Boulevards à Paris) la découverte stupéfiante du compositeur écossais Craig Armstrong, grâce à ce disque, mélange de musique électronique, de trip-hop mêlé à des chœurs spectaculaires et des orchestrations graves et profondes.
Le tout crée une ambiance unique, qui va devenir l'une des marques de fabrique du musicien durant un moment, avant qu'il se réoriente vers davantage de romantisme et de classicisme (toutes proportions gardées néanmoins).
Ce jour-là, je traînais dans le magasin à la recherche d'une inspiration, et cette partition improbable était diffusée dans les haut-parleurs du rayon musique de film. Sidéré, j'ai retrouvé la chose dans une borne d'écoute, ai pris le temps de l'écouter au casque. Avant d'acheter sans plus hésiter.
Coup de cœur, direct.
Je n'ai pas vu le film qui a hérité de cette musique de dingue (ça n'a pas été un grand succès, autant que je me rappelle), mais cela n'a aucune importance.
En revanche, merci, disquaire de la FNAC des temps anciens. Merci d'avoir pris le risque de mettre en avant celui qui, à l'époque, jouissait d'un début de renommée ciblée parce qu'il avait bossé avec Massive Attack. C'était tout sauf une évidence de balancer ça dans les enceintes de ton magasin.
Oui, merci beaucoup. Sans toi, j'aurais sûrement manqué un truc.