La créativité et l'innovation, moteurs de l'économie, sont toujours plus valorisés par nos cultures.
J'entendais un frappeur (french rapper MEC!) ignare non identifié vanter l'usage systématique d'autotune chez les rappers à la mode.
Quand une "nouveauté" toute relative (dont la première apparition dans le medium pop date quand même du morceau de Cher "do you believe in love", qui n'est déjà plus très neuf) devient un gimmick obligatoire, l'originalité peut consister à la fidélité à un style issu d'un passé un peu plus ancien.
Jurassic 5 fait donc du rap old school : des samples funky, un flow ondulant et des refrains chantés pour de vrai par les rappers eux-mêmes - pas étonnant qu'un morceau, "quality control", évoque une sorte de savoir-faire à l'ancienne.
Si l'on tient compte du caractère très relatif du renouvellement accéléré des produits culturels, tout en constatant une tendance chez les nouvelles générations à reproduire les styles musicaux entendus à la maison quand ils étaient gosses, tout en considérant l'impasse de la notion de "progrès" (déjà très problématique en elle-même) en art, un tel groupe reste pertinent. Et puis, ces enfoirés sont sacrément bons.
Quant à la tendance rétro, on peut aussi la comparer à la redécouverte de voies de recherche délaissées, alors qu'il restait de la piste à défricher. Ce n'est pas valable en art parce que ça l'est dans les sciences, mais on ne peut pas blâmer des individus doués de trouver leur mode d'expression idéal dans une forme qui est apparue à une époque où ils n'avaient pas la chance de pouvoir s'exprimer.