Lovecraft, sort de ce corps !!
Le premier tome de Fatale avait été un petit coup de cœur.
A la base, je suis assez client de l'écriture de Brubaker et je trouve que son duo avec Sean Phillips est un de ceux qui fonctionnent le mieux.
Les gars se connaissent, ils bossent sur des choses qu'ils aiment et ça se sent.
Malgré tout, je dois bien avouer qu'il y a un certain systématisme dans leur travaux (Incognito m'avait beaucoup déçu par exemple) et j'étais ravi de les voir emprunter une voie un poil différente pour ce récit.
Avec ce comics, il prenait le risque de changer un peu de direction en écrivant un récit fantastico/horrifique faisant clairement référence à l'univers et aux ambiances de H.P. Lovecraft.
Le premier tome , donc, réussissait à digérer cette référence en la mélangeant à la propre écriture du scénariste plus axé polar.
Sans réinventer la poudre, il avait réussi à me passionner pour le destin de ses personnages et j'étais impatient de me jeter sur le second volume.
Hors celui-ci s’avéra beaucoup plus décevant. Brubaker retombant un peu dans son pêché mignon, je n'ai pas réussi à retrouver l'enthousiasme que j'ai eu en lisant le premier opus.
Du coup, le troisième volume est longtemps resté dans ma pile de lecture. Surtout que celui-ci est composé de 4 courts récits laissant un peu de côté la trame du second volume.
Malgré tout, ces récits composent un ensemble logique nous révélant un peu plus sur le mystère Joséphine et contrairement à ce que je craignais l'album est très plaisant.
Pour moi, c'est celui qui fait le plus écho à son influence lovecraftienne avec des récits entièrement consacrés à son ambiance fantastique et horrifique.
Si dans les premiers volumes, les créatures sont peu présentes, ici, elles deviennent plus visibles et dangereuses. On comprend de nombreuses choses sur le personnage de Joséphine et explique certaines de ses réactions et son rapport avec la gente masculine.
Certes, on n'est pas totalement rassasié mais on ferme ce volume rassuré et assez conquis d'autant plus que Sean Phillips s’éclate comme un petit fou au dessin.
Fatale est une série fantastique plutôt réussie qui digère assez bien ses influences.
On pourra toujours lui reprocher un certain classicisme sur la forme mais au final ce qui compte avant tout, c'est le plaisir qu'on peut prendre à la lecture d'une histoire.
Et à la lecture de celle-ci, j'en ai pris beaucoup.