Astérix et Obélix sont conviés à venir en Lusitanie à la demande de Boulquiès, le lusitanien qui était esclave dans Le Domaine Des Dieux, et avec l'accord immédiat d'Abraracourcix. Pif paf, en deux pages, le voyage commence sans attente à bord du bâteau phénicien d'Épidemaïs.
Des cases joliment colorées, des clichés d'un pays accueillant dont la destination était inédite jusque-là, et une aventure qui m'a paru peu dynamique. Quelques gags et calembours fonctionnent, même celui intelligemment (et obligatoirement par précaution politique ?) amené sur la disparition (qui a fait grimacer quand même) de l'accent d'un personnage bien connu de la BD. Quant à Idéfix, qui était à l'honneur dans Astérix Et Le Griffon, il est mis plus qu'en discrétion dans ce 41ème album.
Tout comme la potion magique pour nos irréductibles Gaulois, le chant mélancolique traditionnel des Lusitaniens éternellement en deuil de Viriate, un grand chef qui jadis avait mené son peuple à lutter contre les Romains avant d'être trahi et vaincu, est comme une arme, plongeant l'ennemi dans une forte neurasthénie passagère, ce qui est amusant en soi que de voir des légionnaires se démotiver sous l'effet ; Obélix, qui a de beaux reste en danse ibère peut aussi vous en parler en page 13.
L'histoire, celle d'innocenter un personnage enfermé dans les géôles d'Olisipo (le nom antique de Lisbonne) victime d'une magouille politico-commerciale car Mavubès, de son nom, est accusé d'avoir voulu empoisonner Jules César, semble assez classique, le bénéfice de découvrir seulement les paysages, la culture et les spécialités culinaires d'un pays jamais visité prenant l'avantage. Chemin faisant, Astérix et Obélix (ce dernier trouvé plus bavard que d'habitude) font des rencontres avec quelques dialogues anachroniques, se font déguiser en lusitaniens pour pouvoir s'infiltrer dans les murs de l'ennemi, puis de démasquer les vrais coupables par la ruse d'Astérix avant de terminer le séjour dans une bagarre finale manquant de punch dans quelques vignettes (ce dont je me sens moins sûr après relecture).
Un album certes plaisant à lire, avec de belles colorations à des moments donnés (comme la page 10 et sa vignette du bas panoramique), mais pas aussi poilant que le précédent, L'Iris Blanc.