Avec ce cinquième tome, Black Friday, qui inaugure le second cycle de Shi, le lecteur peut à nouveau savourer un graphisme de toute beauté.
Les planches demeurent magnifiques, les personnages, en particulier leurs faciès, relatent les turpitudes qui animent ces pâles marionnettes du destin. Nos deux héroïnes, révolte et colère mêlées, entrainent dans leur sillage de plus en plus de mères, révoltées par les conditions de travail imposées aux plus jeunes dans cette Angleterre Industrielle. Les propriétaires d'usines tremblent devant cette prise de conscience des classes laborieuses qui "découvrent" l'exploitation dont elles font l'objet. Mais le pouvoir, incarné par une reine autoritaire, ne compte pas se laisser faire sans réagir.
Du côté du scénario, on oscille entre passé et présent, même si les informations distillées sur l'enquête contemporaine demeurent bien minces. L'intrigue se lit donc sans déplaisir mais reste un peu en deçà de ce qu'ont pu nous offrir les trois premiers tomes. Il n'en reste pas moins que Shi apparaît comme une série de très grande qualité qu'il est fort plaisant de lire, tant pour sa narration que pour ses planches somptueuses.