L'enfant et le Maudit est ce type de manga qui malgré une diffusion assez confidentielle et sans être dans les blockbuster a su se faire un nom via le bouche à oreille. Pourtant on est dans quelque chose de vraiment absolument pas engageant : une petite fille dans les bois qui vit avec un énorme monstre (dont le look rappelle celui du magicien d'Ancient Magnus Bride.) Situé dans un monde oscillant entre moyen age et la renaissance, il est rempli de monstre, les maudits qui ont été mis à l'écart par des vivants qu'ils pourraient contaminer. En effet, toucher un maudit c'est risquer de devenir un maudit à son tour et finalement amnésique.
Le manga porte en lui une fable sur la pureté et l'innocence... c'est celle de Sheeva qui voit dans le maudit qui l'accompagne, le professeur, aucun mal. Elle se comporte comme une petite fille face à un adulte qu'elle gronderait et avec lequel elle prendrait le thé. Pourtant en dehors, c'est la guerre, entre les humains (encore au moyen-age) qui cherchent à tuer les maudits et d'autres maudits qui sont en
Autant le dire, il faut vraiment avoir le moral pour suivre l'histoire, parce que les nombreux rebondissements, le côté noir et l'histoire de malédiction... qui n'est pas sans rappeler la transmission d'un virus... et ce, en pleine période de pandémie... et bah, ça n'aide pas à se sentir bien. Mais de l'autre, Sheeva est un personnage tellement positif au milieu de cet univers négatif que ça fonctionne.
Mais surtout ce qui tranche, c'est le graphisme. On a du mal à se croire dans un manga tant c'est un style très différent de tout ce qui se fait : si les villages alentours ressemblent à l'Europe du moyen age, le style de trait est à mi-chemin entre l'épure et la gravure à la Gustave Doré. C'est vraiment très étrange.
Le volume 9 fini aurait pu servir de fin complètement noire au manga, mais par chance il s'avère que ça ne finit heureusement pas là.
-- Addendum --
J'ai fini par lire les volumes 10 et 11 de l'Enfant et le Maudit et je dois avouer que j'ai été assez pris au dépourvu par la façon dont ça se fini. A partir du tome 10 la série prend un tour beaucoup plus métaphysique avec une réflexion sur l'âme et sur la vie et la fin m'a relativement perdu malgré un côté "touchant" qu'il essaye d'insinuer en nous remettant des flashback sur la vie de Sheena et du professeur. Et surtout ça ne résout pas certains enjeux plantés par le manga.
Bref, si j'ai adoré le manga dans son ensemble, je reste un peu dubitatif sur sa fin.