Musée, Chabouté, Vents d’Ouest
Chabouté a planté ses crayons au Musée d’Orsay. Dans cet album, en noir et blanc, presque muet, il dessine les visiteurs, dans leurs approches différentes des œuvres, étonnées, scrutatrices, savantes voire pédantes, curieuses, survolées voire juste aperçues à travers un écran de portable, interrogatives, enjouées. De loin, de près, presque à les toucher sous l’œil des gardiens. Chabouté dessine des tronches, des attitudes, des manières de se tenir en regardant une œuvre, parfois en en mimétisme, et d’autres en opposition. Dans ses courts textes, il a su repérer ce qui se dit dans un musée, ce que l’on peut y entendre lorsque l’on s’y promène notamment accompagné d’enfants ou de jeunes qui n’ont pas forcément l’habitude d’y aller.
Et puis, il dessine les œuvres qui prennent vie dès les portes fermées, qui se haïssent ou s’aiment, qui colportent les cancans des visiteurs mais aussi des gardiens ou des autres œuvres. Un chien court toutes les nuits, l’ours blanc de Pompon se couche, fatigué, Les Raboteurs de parquet se font la malle, comme d’autres, mais celui-ci est l’un de mes tableaux préférés.
Bref, comme tout Chabouté, cet album, se lit, se relit et se re-relit, parce qu’il y a un détail qui a échappé, parce que le plaisir est toujours là même a près de multiples lectures et parce que c’est beau
En prime, il donne envie de retourner au Musée d’Orsay. Allez, prochaine montée à la Capitale, j’y vais...