C'est une pomme qui fit comprendre la vérité mathématique à Newton, c'est une pomme qui fera comprendre la vérité métaphysique à Adam et Ivan.

Je vais être franc, c'est l'unique film que j'ai vu de ce réalisateur ; je ne connais donc pas du tout le personnage, mais ce film se fait le témoin d'un bon goût de sa part qui se fait rare.

Adam's Apples prétend évidemment à un stade supérieur que simple divertissement. Mais là où le film réussit lorsque tant d'autres échouent, c'est qu'il choisit une forme tout à fait légère et aisée à comprendre pour son prochain. Ici, on n'essaie pas de prétendre à de grands raisonnements par de la contemplation fade comme s'y est essayé Van Sant. On évite autant les idées d'usages que l'anticonformisme par principe. Et surtout, Dieu merci, Adam's Apples ne se laisse pas aller à une séance de masturbation intellectuelle. Mais alors qu'est ce donc qu'Adam Apples ?

Autant vous le dire tout de suite, je n'ai vu le film qu'une fois, et c'était il y a une semaine ; je n'ai donc plus tous les détails en tête, mais pas besoin : les idées demeurent.

Pour commencer, Adam's Apple fait peur : on commence avec un néonazi type avec sa croix, son portrait d'Hitler et son rayage de bus au couteau histoire de bien nous rappeler à quel point c'est un vilain. Puis on tombe sur Ivan, religieux tout sympathique qui semble aveuglé par la bonté de son prochain, même chez Adam. On rentre clairement dans les stéréotypes idiots mais ce que l'on peut prendre pour de la maladroitesse n'est en réalité qu'un "sacrifice" offert au spectateur lambda afin de mieux le plonger dans le propos du film.

En évitant de trop nuancer les personnages dès le début, on évite au spectateur de se poser trop de questions ; ou plutôt, de laisser le spectateur face aux questions essentielles. Adam's Apples a un message, et il veut nous le faire passer.

D'ailleurs on se rend vite compte que le film ne cessera de surprendre. Ivan se révèle finalement être plus sombre que ce que l'on pouvait croire, alors qu'Adam semble camper sur ses positions.

Le film avance alors à un rythme tout a fait honorable, dynamisé par des dialogues à l'humour parfois léger, parfois noir, et par l'évolution des idées. Mais où veut-on en venir ?

Ivan martèle voir le bien en chacun. Adam voit le mal. Alors que Ivan refuse de voir la réalité, Adam refuse de voir l'abstrait. D'ailleurs, le film se divise en deux parties : une partie de destruction du bien. Nous voyons le personnage d'Ivan s'effondrer à mesure où nous le comprenons. Le spectateur comprend qu'Ivan est faible, il est aussi égoïste et impose ses idées. On comprend alors que Ivan a d'avantage besoin des autres que les autres de lui. Puis arrive la seconde partie du film, où Ivan est effondré. Les autres personnages commencent à se perdre, Adam comprend alors, comme nous spectateurs, que finalement autant Ivan a besoin d'eux que eux de Ivan. Puis c'est alors le chemin inverse. Alors que l'on voyait Ivan sombrer dans les ombres, on assiste à la montée de Adam vers la lumière. Finalement, personne n'est parfait mais chacun fait ce qu'il peut.

On peut enfin relever l'aspect religieux du film qui peut passer comme une explication des événements et des évolutions. Néanmoins, cet aspect ne passe pour LA seule explication ; le film ouvre plusieurs portes et plusieurs solutions ; et on a le choix de l'interprétation.

Adam's Apple est un message humaniste qui parvient à ne pas être mièvre. Il parvient aussi à délivrer son message de manière plus originale que ce que nous avons habitude de voir, et si, comme le film tend à le démontrer, tout n'est pas tout blanc ni tout noir, le film tend quand même à être proche de l'excellence dans sa démonstration. Et dernier point positif, le film reste à portée de tous en demeurant un simple outil de divertissement réussi. Espérons que, comme Newton, nous n'oublierons pas trop vite Adam et Ivan.

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le 12 août 2013

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LeCactus

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