Quand un imbécile patenté (Paul Anderson) décide de réunir les deux créatures les plus mythiques du cinéma fantastique moderne dans un seul film ça nous donne un film mou (rho le découpage nul), ne respectant pas les créatures (hop le Predator qui chasse par grand chaleur se retrouve en antarctique hop la reine Alien qui mesure désormais 15 mètres de haut hop le Predator totalement incompétent sans son laser ), qui nous prend pour des débiles mentaux (le plan de la pyramide qui nous est infligé plusieurs fois, des fois qu'on ait du mal à suivre), qui est totalement incapable de remplir son contrat de départ (attendre prêt de 30 minutes pour nous dévoiler les créatures et faire comme si c'était la première fois qu'on les voyait fallait oser... surtout si c'est pour enquiller 3 pauvres scènes d'action minable après) et surtout d'un ridicule achevé ( On se demande encore qui à pensé qu'un combat de catch était une bonne idée... ).
Mais comme une merde bien vendue marchera toujours mieux qu'un chef d'oeuvre négligé par le service marketing, le film à bien marché. Suffisamment en tout cas pour que le portefeuille des dirigeant de la fox s'ouvre à nouveau. Forcément on pose la question si le fantasme initié par la plume de Randy Stradley et surtout la vision d'un crâne d'Alien dans Predator 2 va enfin prendre vie sur pellicule après un premier essai juste pitoyable.
Pour avoir un premier élément de réponse on peut déjà se pencher sur le résumé de ce Aliens Versus Predator Requiem : Alors le Predalien (Hybride de Predator et d'Alien, au look plutôt réussi) attaque le vaisseau Predator et entraîne un crash dudit vaisseau prêt d'un bled rempli de bouseux et de bonasses (mention spéciale à la séquence de la piscine). Un Predator pas content sur sa planète lointaine part effacer les traces de cet échec.
Disons le tout de suite, ce AVPr (comme disent les jeunes) est clairement mauvais, avec ses personnages transparents et caricaturaux et son découpage complètement foireux. On nous inflige une partie slasher pendant presque 40 minutes sur un film d'1h26. Film censé raconter le clash de deux monstres sacrés du cinéma et non les déboires d'adolescents attardés. Cependant il possède deux/trois petites choses que son aîné ne possédait pas et qui ont le mérite d'être soulignées:
Bien que le scénario s'empêtre dans un développement trop long et trop inutile le film ne perd pas de vue qu'on est là pour les Aliens et les Predator et ne joue pas la carte de la "découverte surprise" comme dans le premier, petit principe de base enfin assimilé.
Ensuite le Predator possède déjà nettement plus de classe, finit la nounou mongoloïde du 1, dépassé qu'il était par un facehugger et qui offrait des bouclier en courant au ralenti. Non, le Predator de AVPr n'est pas spécialement le gentil de l'histoire, aucune alliance foireuse avec les humains, il chasse et tue aussi bien Aliens qu'humains dans la plus totale indifférence, bref on reconnaît déjà beaucoup plus la créature même si on reste plus proche de Predator 2 que du chef d'oeuvre de John Mctiernan.
Ensuite le film ne rechigne pas sur la violence et le gore qui tâche, le premier film était tout gentillet et donc en total porte à faux vis à vis de ses créatures dont la sauvagerie est l'une des caractéristique les plus remarquable. Le résultât n'est pas super fin mais au moins on a pas la sensation d'être pris pour des cons. Le fameux syndrome "on vous fait un film d'action mais pas trop quand même car grand mère doit pouvoir le regarder aussi vu qu'elle paye sa place" est évité. A ce titre le trop court duel final à le mérite d'être sympa.
On notera aussi un travail sympa sur la musique remixant les principaux thème des sagas, une idée simple et efficace mais pourtant absente du premier Alien VS Predator, une preuve de plus que Paul Anderson n'avait rien à foutre de son matériau de base.
Mais tout ceci est accompagné par un scénario inepte et une mise en scène cruellement limitée. A titre d'exemple la sensation de siège de la ville par le Aliens qu'essaye de nous faire passer le film ne prend absolument pas. L'attaque de la ville est vue uniquement à travers 2 petites scènes spécifique, aucune scène de foules, aucune scène globale: le chaos dans la ville est elliptique et lorsque les personnages se retrouvent dans des rues désertes et jalonnées de véhicule abandonnée on ne comprend absolument rien et l'ambiance voulue tombe totalement à plat.
Lorsque les réalisateurs se décident enfin à réunir leurs personnages les liens qui se tissent entre eux sont totalement artificiels parce que magique. Le temps d'un raccord et ils sont copains.
Bref on s'en branle totalement de ce qui peut leur arriver, d'autant plus que la grosse majorité du casting joue ultra mal (mention spéciale aux deux frères juste insupportables) et quand on sait que ces humains occupent les trois quarts du film ça en dit long sur le niveau général : ce AVPr lorgne violemment vers le nanar, mais cette fois, au moins, c'est parfaitement assumé.