Film porté par l'actrice qui donne vie au rôle titre, Antigone est une revisite québecoise du classique de Sophocle et de toutes ses variations et adaptations jusqu'à nos jours.
Le film n'est pas exempt de défauts, notamment une utilisation plus ou moins pertinente, à mes yeux et à mon cerveau, de l'intransigeante Antigone, ici ramenée au simple vaisseau des émotions humaines, oubliant au passage toute la portée symbolique et surtout philosophique de l’œuvre originale (en même temps bon courage pour transposer le refus d'enterrer un guerrier en terre consacrée dans le Québec moderne de façon réaliste).
Même si je ne suis pas un partisan acharné de l'adaptation pure et dure et que je prône aussi la divergence quant au matériau de base, force est de constater qu'on y perd quand même pas mal en profondeur, ne laissant que le témoignage clinique de l'amour fraternel.
Bref, ce n'est pas ce film qui va vous réveiller en pleine nuit en induisant une réflexion irrépressible qui vous fera vous questionner sur votre perception de la réalité ou votre place dans l'univers.
Certes, mais ce que tente ce métrage, au final, il le fait de façon correcte, même si très pragmatique.
J'ai mis 7 surtout pour la performance de l'actrice principale, majestueuse, dont c'est le premier rôle principal (peut être même premier rôle tout court) et qui, sauf accident, devrait connaître une carrière importante, au regard de sa prestation et du potentiel qu'on devine.
Son jeu m'a presque tiré des larmes.
Souvenez vous d'Antigone !