Avec Ave, César !, les frères Coen nous offrent en ce mois de février 2016 une comédie prenant place dans le Hollywood des années 1950. Le film parvient à traiter de plusieurs sujets plus ou moins différents comme le cinéma hollywoodien de l’époque (qui est, rappelons-le, dominé par le western et le music-hall) et le fait qu’il soit dénigré par d’autres industries comme celle de l’aviation. Il développe aussi le communisme chez certains américains dans un contexte de guerre froide en le critiquant par le comique, ainsi que la place de la religion dans le cinéma.
Le montage et la mise en scène sont alternés entre l’histoire réelle et les tournages de divers films, ce qui rend le film très dynamique dans son ensemble. Les frères Coen parviennent également à nous faire douter quant au degré de réalité de telle ou telle scène du fait qu’une voix off soit présente à la fois dans des scènes où l’on suit de vrais personnages comme Eddie Mannix ou Baird Whitlock mais également dans certaines scènes de tournage comme dans l’introduction du film dans le film Ave, César !. Qu’est-ce qui correspond à un tournage dans le film et qu’est-ce qui est propre à l’intrigue du film en lui-même ?
Les réalisateurs font en sorte que le film qui nous est projeté raconte une partie du tournage du film fictif Ave, Cesar ! Son titre, titre identique au film, n’est dans celui-ci que le but à atteindre pour Eddie Mannix, voulant simplement retrouvé l’acteur principal kidnappé pour pouvoir finir le tournage. Ils nous montrent également la difficulté de certains acteurs a changé de rôle : ici, Hobie Doyle est une vedette de western qui est converti (sous la demande d’Eddie Mannix) en acteur de studio.
Nous suivons donc principalement Eddie Mannix, cet homme qui a pour tâche de régler les problèmes des stars : future mère célibataire, acteur principal kidnappé, menaces de journalistes, … Cependant, et par une habile mise en scène qui nous fait entrer dans l’intimité du personnage, nous indique également qu’il a ses propres problèmes comme des difficultés à arrêter de fumer ou une indécision quant à un changement de carrière qui lui est proposé. Il est également montré dans un confessionnal dans deux scènes (dont la première du film), ce qui montre l’importance de la religion dans l’œuvre. La religion chez le personnage se lie évidemment avec celle qui est nécessairement évoquée dans le film Ave, César ! à tourner, puisqu’il s’agit d’une histoire du Christ.
Ave, César ! est donc un film nous parlant du cinéma des années 1950, ou disons-le, un film montrant plusieurs films des deux côtés de la caméra, comme un documentaire camouflé très efficacement dans une pure fiction. Ce film est une comédie qui arrive à être amusante en restant subtile et en ne tombant pas dans l’excès d’humour rendant le film lourd et sans saveur, comme on peut le trouver dans la plupart des comédies françaises actuelles. C’est donc un film à la fois comique, fictionnel et historique à voir et à revoir.