Les mecs beaux, c’est bien ! Mais les mecs bien, c’est beau !
Ben on ne peut pas dire que ce soit l'affiche du film et encore moins son titre qui aient beaucoup attiré le public vers les salles de cinéma de l'époque ! D'ailleurs, cette oeuvre moyenne de Jacques Deray (1929-2003) n'avait enregistré à l'époque de sa sortie que 952 420 spectateurs, ce qui, de l'avis de la profession, était notoirement insuffisant pour un film mettant en vedette un Lino Ventura... Déception, donc.
Manque d'expérience du réalisateur ? C'est le cinquième de ses vingt-six films, un peu mou malgré les innombrables morts (une bonne partie du casting) : deux macchabées déjà dans les dix premières minutes où Bouise arrive a atteindre mortellement un espion d'un seul coup de couteau ! Malgré un handicap moteur ! Ancien apprenti boucher ?
Heureusement pour lui, Deray devait faire beaucoup mieux par la suite, son principal triomphe ayant été "le Marginal" en 1983...
Les causes de ce relatif insuccès ? En ces années-là, si le western sauce américaine se redonnait des couleurs en Italie, Bond lui commençait à tailler de sérieuses croupières au polar français de grand-papa... Pour 007 les belles bagnoles et les belles nanas , à Ventura la coccinelle VW de l'espion au budget ringard, et la distance qu'il mettait avec les femmes. Il y avait aussi la concurrence de la télé...
Cette année-là, c'est "la Grande Vadrouille" qui telle un rouleau compresseur, écrasait de son score tous les autres films du Box-Office... S'il avait dépassé le million "Avec la peau des autres" se serait situé à la quarantième place environ... 8/20 pour les abonnés de mon FAI...
Le principal reproche qu'on pourrait faire à ce scénario de José Giovanni est d'avoir fait très compliqué et voulu en faire de trop ! On finit par se perdre dans ce labirynthe dont on ne sait plus trop qui trahit qui et dans lequel on tourne en rond... Tant d'action pour si peu de choses...
Il est vrai que Giovanni, scénariste de ce puzzle, écrivait en même temps pour Melville, et se préparait peut-être à son nouveau métier de réalisateur ? Travail à la chaîne ?
Si la musique de Michel Magne devrait servir de modèle aux défonceurs de tympans qui sévissent de nos jours au cinéma, le casting lui est un exemple de pas cher/ vite bouclé : que des seconds rôles comme Jean Servais qui n'était plus au faîte de sa gloire, mais aussi quantité d'inconnus.
Une originalité : cette espèce de pétanque qui au-lieu de se jouer avec des boules était se déroulait sur la glace d'une patinoire avec des palets, assez bruyants...
La cerise sur le gâteau dans ce film de brutes masculines vient avec Marilù Tolo, divinement belle (comme la femme d'un autre), énigmatique, sensuelle, et malheureusement sous utilisée.
Elle semble la seule survivante de ce tournage et a 79 ans en 2023 : l'italienne de naissance partagerait sa vie entre Los Angeles et le Mexique...
Elle sera apparue dans 64 films entre 1960 et 1984 et en 1966, le magazine "Life" la sacralisait huitième des premières beautés du monde. Difficile d'avoir une vie sentimentale de tout repos dans cette situation où les prétendant ne devaient pas lui manquer : sa vie amoureuse fut agitée, notamment sa relation tumultueuse avec le prince Alphonse de Bourbon Dampierre, achevée en 1984 quand elle épousa un entrepreneur mexicain et mit un terme à sa carrière...
Bien lire le tuto avant de visionner cette bien énigmatique affaire mais qu se laisse voir sans lassitude, qu'on se rassure !
TV5 Monde le 11.12.2023- 25.12.2023-