Boogie Nights par Arthur Besson
C'est le premier film de Paul Thomas Anderson que j'ai vu. Ça faisait un bail qu'il était sur ma liste-de-films-à-voir et, comme souvent, je me demande pourquoi je ne l'ai pas regardé avant.
Ce qui saute aux yeux lors de la vision de ce film, c'est qu'Anderson a une vraie façon bien a lui de filmer. Posée, scrutative, interrogative parfois, mais jamais en jugeant. Des plans longs, lents aussi, calmes. Oui, voilà, c'est le mot : calme. Mais avec une très grande force, juste en sourdine, en fond sonore.
Pour l'histoire, elle est franchement passionnante à regarder. L'évolution de Dirk dans ce monde merveilleux qu'est le porno des 70s (puis des 80s) est fascinante à regarder, à la fois touchante, informative et prenante (aux tripes).
Un truc marrant aussi : à regarder ce film et son esthétique 70s puis 80s, couplé au fait que l'on parle de porno, avec une sensibilité actuelle peut facilement rendre le film hilarant. Ça peut paraître tellement kitsch, tellement gros. Mais là où le film tient encore la route, c'est que comme je l'ai mentionné, les personnages sont filmés de façon factuelle, sans jugement, avec même une certaine tendresse (faut dire qu'on parle d'un gamin un peu paumé au départ qui devient une star limite du jour au lendemain et que ses collègues ont tous leurs propres histoires très humaines) qui fait qu'il est très facile de rentrer dans le film et d'être avec les personnages.
Voilà, en fait, ce film est une très bonne expérience de cinéma, on ne voit pas le temps passer tellement on a envie de suivre la vie de Dirk. Le plan final est super bien trouvé aussi.