Jamais vu en entier, Case départ est de passage sur Netflix, l’occasion pensais-je de passer 1h30 devant une comédie bébête et de rigoler un peu. 12 ans après sa sortie, le film a vieilli, son humour et ses blagues homophobes aussi.
En 2020, dans Tout simplement noir de Jean-Pascal Zadi, Fabrice Eboué produisait à raison un léger retour critique sur son Case départ. Oui, ce que l’on en retient, au bout du compte, c’est « Liberté, Égalité, Nique ta mère », et quelques blagues attendues et graveleuses.
Certes, le film réussit sa représentation historique de l’esclavage aux Antilles, et porte un regard un peu plus fin qu’il n’y parait sur l’histoire du racisme. Steketee, Eboué et N'Gijol dénoncent le ridicule de la noblesse et son antisémitisme, éclairent le double rejet du métissage, et tressent un lien entre le comportement répugnant des propriétaires terriens du XVIIIe et le racisme "color-blind" du maire moderne.
Mais en dehors de quelques fulgurances de réalisation et d’un jeu d’acteur plutôt bien dirigé (Eboué, Étienne Chicot et David Salles notamment), l’humour du métrage s’avère surtout gras, lourd et long. Le film s’étire (la dernière partie est inutile au possible) jusqu’à une conclusion incohérente et inintéressante.
Quant à la morale, on a du mal à la cerner. La famille et son héritage, c’est important, faut pas l’oublier, d’accord. Mais le racisme anti-asiatique, c’est ok ? Pour combattre le racisme, il faut montrer son cul ? On comprend que le message c’est "il reste du chemin à accomplir", et "pour s’imposer en tant que noir, il faut partir de sa propre histoire". Ca aurait pu être plus clair et moins gras.
À noter cependant la présence au casting de l’oubliable Franck de la Personne, médiocre en prélat raciste et ridicule. Ici, le rôle de l’acteur est surtout à mettre en perspective avec la suite de sa carrière. Trois ans avant son rôle de néo-colonisateur stupide dans Le Crocodile du Botswanga, toujours avec Thomas N'Gijol et Fabrice Eboué, et six ans avant son "coming-out" d’extrême-droite (soutien à Marine le Pen puis à Florian Philippot après son viandage aux législatives 2017), voir Franck de la Personne "jouer" (mal) le raciste ne peut que faire lever un sourcil : était-il vraiment en désaccord avec son texte ?