Il pleut des morts comme ils pleurent les hommes.
« Cessez-le-feu » : le film se déroule en 1923, dans l’après 14-18.
Quand les cœurs sont déchiquetés, quand hommes et femmes survivent parmi les disparus, avec le regret d’être restés.
Dans la folie d’un vent amer, un vent qui glace l’âme. Ce vent, c’est le souvenir.
Doux et acide comme une mirabelle cueillie trop tôt, sa saveur tient en bouche.
Ce brave Georges tient droit quoi qu’il en coûte, la tête haute.
Il cultive le vent en le taisant. Et malgré tout, il reprend vie.
Quand la tempête ne se déporte pas sur les proches, ces derniers donnent la force de s’accrocher. La douceur nécessaire à panser les plaies.
Et je m’y reconnais dans ce personnage débordant d’amour qui étouffe dans sa carapace, qui a besoin qu’elle craque pour exposer sa peau nue au vent, le vrai, celui qui vivifie le corps et l’esprit, celui qui rappelle combien il est bon de se réchauffer contre l’autre.
Alors oui ! Ce film m’a donné envie de me libérer, de déposer mes armes et cesser la guerre contre moi-même, pour vivre.
Simplement vivre.