J'ai écris le titre pendant le film... Désolée.
Oui, au bout de 15 minutes, j'en ai déjà marre de Quennard, marre de son sur-charisme, marre de ce personnage improbable, moitié beauf moitié érudit. Et surtout odieux avec son huitre de meilleur ami.
Je commence à me demander si on lui proposera un jour d'autres rôles.
Et je culpabilise presque vu que tout le monde le trouve incroyable !!!
Alors...je vais nuancer un peu. J'aime cette nervosité et cette extrême fragilité. J'aime par-dessus tout les scènes où il ne parle pas, et je ne dis pas ça à cause de son accent ne faites pas de moi une horrible mégère.
Puisque je ne suis pas qualifiée pour parler technique, je dirais simplement que j'ai beaucoup aimé la façon dont le film est tourné, ce petit village où tout le monde s'emmerde mais où la vie est simple, où les jeunes essaie de développer des affaires pour dynamiser, où ils côtoient les vieux avec tendresse et où certains préjugés n'existent pas.
Dommage qu'il m'ait fallu plus de 3/4 d'heure pour enfin ressentir quelque chose d'autre que de l'incrédulité face au personnage de Miralès et de la vacuité face au reste de la bande...
Mention spéciale à tous ces personnages qui assistent en silence à la quantité de propos humiliant que ce pauvre Dog encaisse en silence. L'amitié n'excuse pas tout enfin !!!!
Il est pourtant clair qu'en ne faisant pas intervenir les autres personnages (hormis Elsa, dont le peu d'interventions en ce sens sont pour moi un véritable soulagement, cf la scène du restaurant) le réal entérine la relation exclusive qu'entretient les deux compères... Qui ne serait évidemment pas si intéressante si miralès se faisait rembarrer à chaque fois. Il est plutôt celui qu'on laisse dire ...
Dans le même temps, est-ce un hasard si le personnage d'Elsa, véritable bouffée d'air pour Dog, présentée comme celle qui rompt la relation amicale, forte et tout de même toxique entre nos deux amis est si cultivée ?
C'est sans jugement aucun qu'elle aborde Dog, plutôt charmée par sa douceur et son mutisme. Mieux vaut un con qui ne dit rien qu'un con qui ramène sa science dirait ma mère... Et voilà, Miralès démasqué : sans Dog, il n'est presque rien et il a tout a gagner à s'extraire un peu de cette fusion qui les empêche tous les deux d'avancer.
Il est d'ailleurs très intéressant de garder le fait qu'elle soit étudiante pour ce moment clé, du restaurant. Jetant au visage de Miralès sa vérité. (Car oui, il sait des choses -on comprend que de part sa peintre de mère, il entretien un intérêt pour l'art et la littérature- mais finalement si peu..)
Et voilà qu'au bout du compte, après une heure et quelque de film, l'histoire me touche enfin.
Elsa part comme elle est arrivée, et ne reste que les liens d'amitié de ces deux là.
Le pote de toujours, celui qu'on appelle quand on est dans la merde et qui perd ce qu'il a de plus cher pour nous sauver la mise.
Et cette phrase qui restera pour moi l'essence du film, dans un paysage enfin dégagé qui m'a fait prendre la mesure de l'enfermement ressenti précédemment :
"Jsuis pas ton pote moi, jsuis ton frère"