7500 a plus à voir avec le thriller danois The Guilty (sorti en 2018) que Vol 93 auquel il renvoie immanquablement. Au premier abord, il se place pourtant dans les traces de ce dernier : contextualisation post-11/09, mise en scène frontale, en temps réel et sans musique...Mais intégralement vu du cockpit.
Ce qui passerait presque pour une simulation avancée est un vrai parti pris destiné à faire grimper la tension, coupant son malheureux héros du reste de l'avion à mesure que la situation dégénère. Nous voyons ce que voit Tobias, mais ce qu'on entend sans distinguer est encore plus terrifiant. La qualité du film se niche là, dans une identification immédiate au regard d'un évènement imprévisible dont les tournants sont aussi incertains que le terminus. À plusieurs reprises, le réalisateur Patrick Vollrath parvient à créer ce sentiment de chaos émotionnel et de danger immédiat. Puis renverse légèrement le procédé "panique en solo" en ouvrant 7500 à un registre plus intimiste, jusqu'à déplacer un peu d'empathie sur le personnage de Vedat.
Pour autant, le script ne se montre pas à la hauteur de ces bonnes idées, l'écriture ne réservant que peu d'aspérités aux personnages (le risque de ce type de huis-clos) et peu de surprises quant au déroulement de son intrigue (parfois clichée) ou sa finalité. Mais Joseph Gordon-Levitt (parfait, comme d'habitude) a les épaules suffisamment solides pour tenir la barre et il est bien secondé par Omid Memar dans un rôle aussi intense qu'émouvant.Même si le sujet est vu et revu il est ici, filmé de façon original.