Qu’il est triste d’assister aux égarements d’un réalisateur français convaincu que les codes et la forme du cinéma d’action américain lui offriront inspiration et notoriété… Car il n’est pas un plan ici qui soit personnel, en ce sens où il nous semble tout avoir déjà vu, et en mieux. Cold Blood Legacy – La Mémoire du sang est la mémoire incarnée de cette tendance contemporaine à l’esthétisation vide et pourtant galopante de l’image, la somme de toutes les erreurs tant scénaristiques que relatives à la mise en scène qui n’engendrent qu’un sentiment de profonde vacuité, doublée d’un ridicule de chaque instant. Son titre, de prime abord, n'a aucun sens : trop long, il jette d'emblée un discrédit sur l'ensemble du long-métrage. Et il suffit d’entendre Jean Reno dire « J’ai eu une confrontation avec un loup tout à l’heure. J’ai senti qu’il avait goûté le sang humain. Le vôtre. » pour rire au plus haut point tout en attestant un je-ne-sais-quoi de gêné, une terrible compassion à l’égard du comédien français, réduit à rejouer son personnage chez Luc Besson. Rejouer est un grand mot… Caricaturer serait plus juste. Rien, il n’y a rien dans ce film. L’éclatement de la structure narrative, les indications toponymiques, la lente convergence des protagonistes, tout cela est d’un tarte ! Notre critique s’arrêtera ainsi, car il est facile et surtout contre-productif de tirer sur l’ambulance : au lieu de lui donner une visibilité impropre, mieux vaut n’en plus parler.