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Non-lieu commun.
Le défi qui se pose à David Mackenzie est le suivant : comment appréhender les clichés qui vont inéluctablement saturer son récit ? Road movie, braquages, traque, fuite en avant, paysages, rien ne...
le 3 déc. 2016
Le titre "Hell or High Water" peut se traduire par "contre vents et marées". Il s'agit en réalité d'une clause contractuelle signifiant que les remboursements doivent être effectués coûte que coûte, quoi qu'il advienne... Ce titre évocateur fût imposé au cinéaste David Mackenzie lors de la sortie de son film aux USA (2016) mais ce dernier préférait son titre original "Comancheria". C'est sous ce nom que le public français le découvre. Un nom correspondant au territoire américain dominé en leur temps par les Comanches, nobles indiens "seigneurs des plaines". Comanche signifierait aussi, comme nous l'apprenons pendant le film, "ennemis de tout le monde"...
De quel monde s'agit-il ?... Un Monde de plus en plus toxique principalement dirigé par des multinationales capitalistes deshumanisées. Un Monde qui n'hésite pas à laisser les individus sur le bord du chemin, les obligeant à se recroqueviller sur leur instinct de survie. David Mackenzie s'intéresse justement à ces individus installés dans le Sud des États-Unis vivant sous un soleil de plomb. Des individus disparates, aux origines superposées et affranchis du fardeau des illusions. Ils se débattent dans un désert sans mirage et tentent d'avancer coûte que coûte sur le chemin de la vie qu'on semble avoir tracé pour eux sans aucune compassion.
Les frères Howard braquent les agences d'une même compagnie bancaire. Celle-là même qu'ils doivent rembourser afin d'éviter la saisie du ranch familial... Ce ranch est situé sur d'anciennes terres comanches, du pétrole y a été découvert et les forages à venir sont synonymes d'émoluments conséquents...
Les personnalités des deux frères sont aussi opposées qu'elles sont complémentaires. Si l'un se bat contre la terre entière avec une rage qu'il ne cherche plus à contrôler, l'autre transpose son désespoir sur une cause plus noble, celle d'assurer l'avenir matériel de ses deux fils qu'il ne côtoye plus. Ils sont pris en chasse par un Texas Ranger désabusé et vieillissant accompagné de son adjoint mi-mexicain mi-indien qui lui sert le plus souvent de souffre-douleur.
Ce western moderne dresse le portrait d'une amérique sudiste livrée à elle même, obéissant aux seules visions individualistes de ses habitants. Chacun construit sa propre forteresse de certitudes, chacun trace sa route au milieu d'un environnement hostile.
David Mackenzie donne une belle épaisseur à chacun de ses quatre protagonistes principaux. Ceux-ci sont parfaitement interprétés : Jeff Bridges toujours aussi juste, Chris Pine très prometteur, Ben Foster tout en fureur, Gil Birmingham impeccable mais plus en retrait.
Le scénariste Taylor Sheridan quant à lui, est désormais connu pour sa trilogie "Nouvel Ouest" qui traite des frontières américaines. Après Sicario (2015) et avant Wind River (2017) l'analyse qu'il nous livre dans ce "Comancheria" est implacable. La mise en image qu'en a fait David Mackenzie est judicieuse et diablement efficace. Ce film est une réussite totale. Il nous permet sans doute d'entrevoir quelques unes des racines du mal qui ronge les États-Unis. Forte d'une population nombreuse, riche de sa diversité, composée d'individualités audacieuses et courageuses, la Nation ne parvient pas à intégrer et à former un collectif uni. La loi du plus fort règne en maître, la réussite individuelle prévaut, contre vents et marées... Comment espérer dans ces conditions qu'un avenir apaisé emprunt d'égalité et de justice puisse se construire ?...
Créée
le 28 déc. 2021
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